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Entreprise d’ici – Alain Brumont vers les grands vins du futur

Le 02 Oct. 2018

A Bouscassé et Montus, retour aux fondamentaux avec l’arrivée de grands foudres dans les deux châteaux pilotés depuis Maumusson Laguian…

En 1948, il y a soixante-dix ans cette année, était créée l’appellation d’origine contrôlée Madiran, dont Alain Brumont est l’une des têtes de pont.


Les élevages d’alors traditionnellement longs, de l’ordre de cinq ans, dans ce que l’on nommait « la futaille » étaient ramenés à 36 mois, puis au fil des ans, de l’évolution technologique avec les possibilités qu’offraient les cuves inox, à 12 mois de barriques avant d’être commercialisés.

Certains terroirs d’exception sur lesquels le tannat, cépage emblématique du territoire, livre le meilleur de lui même méritaient mieux, et c’est Alain Brumont, celui qui a fait le mieux connaître l’appellation depuis trois décennies qui s’est lancé dans une expérience novatrice, en revenant aux fondamentaux pour mieux encore valoriser le vin.


Fondamentaux qui consistent à doter les caves de ses deux châteaux, Bouscassé et Montus, de quatre foudres de 8000 et 6000 litres dans un premier temps,  le vieillissement y sera finalisé dans l’optique de bonifier, d’apporter une structure aux grands vins avant la mise en bouteille.

Mais pour créer les foudres de cette dimension, ovoïdes de surcroît, il faut réunir plusieurs éléments indispensables, en premier lieu des merrains de 10 centimètres d’épaisseur issus du chêne sessile, séchés longuement à l’air libre, et le façonnier à même de fabriquer ces foudres


Le merrandier Jacques Canadell, de Trie sur Baïse, a géré la partie bois. Pour la mise en œuvre, il a fait appel à deux fabriques italiennes, Gamba et Garbolleto, qui font partie des rares à posséder un savoir faire à un tel niveau.

La semaine dernière, deux grands semi remorques ont apporté la première livraison. Moment d’émotion, de tension aussi pour toute l’équipe de réception quand on sait qu’un foudre de cette taille coûte 35.000 euros.

La manœuvre délicate a été couronnée de succès, elle précède pour les dix ans à venir, la livraison de soixante seize autres foudres destinés à durer un siècle, quarante pour chaque château, projet d’envergure qui deviendra le premier chai de foudres du Sud Ouest au service des grands vins.


Un parcours exceptionnel…

Parti de rien, Alain Brumont est aujourd’hui à la tête d’une entreprise florissante, tête de pont du vin de Madiran, à qui il a donné ses titres de noblesse.

Tout a commencé il y a plus de trente ans, lorsque le jeune Alain, éduqué au vin par son vigneron de père, achète un domaine en mauvais état : le château Montus, en revendant un moulin qu’il avait retapé.


Des journées de 17 heures, pas de salaire, mais une volonté sans relâche, voilà son ordinaire, avant de reprendre le château familial, le Bouscassé, en 1980.

Deux ans plus tard, il obtient pour son vin une médaille d’or et, en 1985, son millésime devance l’ensemble des crus classés de Bordeaux, lors d’une dégustation à l’aveugle. Mieux encore, en 1991, son vin rouge est classé au concours de Montréal Meilleur vin au monde. Pas moins…


Son succès, il le doit à sa force de travail, bien sûr, et surtout à son œil, qui lui a fait repérer (et acheter) les meilleurs terroirs de l’appellation. Et en sa croyance dans le tannat, ce cépage rouge venu du Béarn, qui apprécie des sols sableux et graveleux, donnant des vins acides, mais aussi fruités et charpentés.

Depuis Alain Brumont, épaulé par son épouse Laurence, n’a cessé d’innover contribuant à la réputation de l’AOC Madiran.

Informations sur le site des vignobles Brumont – cliquez ici


Article réalisé avec le Journal du Gers et Marcel Lavedan

Photos ; Brumont et Marcel Lavedan

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