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Les Éditions Passiflore fleurissent en terre dacquoise

Le 11 Avr. 2019

Alors que se profilent les Rencontres à Lire de Dax, les Éditions Passiflore ont de très beaux projets dans les cartons. On en parle avec leur dirigeante Patricia Martinez…

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Entre littérature contemporaine et ouvrages dédiés à la culture locale, la petite maison d’édition de l’avenue Saint-Vincent-de-Paul poursuit son bonhomme de chemin avec conviction. Elle fête cette année ses 10 ans d’existence.


Les Rencontres à Lire, salon du livre de Dax, se tiendront du 12 au 14 avril au Splendid. C’est une excellente occasion d’aller faire la connaissance des Éditions Passiflore, établies à Dax depuis 2009 et fondées par Patricia Martinez, Sylvie Cazaban et Florence Defos du Rau. Dix ans d’existence, donc : ce n’est pas encore une éternité, mais dans le secteur tourmenté du livre, c’est une belle performance, qui plus est avec un catalogue déjà riche d’environ 80 références, dont une moitié de romans et une moitié d’ouvrages consacrés à l’art, au sport et à la culture régionales.

Mais le secret de la réussite des éditions Passiflore ne tiendrait pas qu’à cette double casquette : « Nous avons fait tout ce que les professionnels nous conseillaient de ne pas faire, à savoir publier nos coups de cœur », résume avec malice Patricia Martinez, qui pilote désormais seule le navire dacquois, avec l’aide d’une salariée.


L’activité permet aujourd’hui à la maison d’édition de générer leurs deux smics : autant dire qu’on parle d’une passion plus que d’une manne financière. Cette passion a pris corps à son rythme, dans le cadre d’une entreprise qui s’est d’abord créée « sur des bases saines, sans emprunt bancaire et avec pour seule grande dépense la création d’un site internet », site web que les cofondatrices de la maison ont « souhaité le plus clair et lisible possible ». Pour le reste, les trois amies ont d’abord œuvré pendant 5 ans à domicile, puis les Éditions Passiflore ont pu s’installer dans leurs propres locaux en 2014. Petit à petit, l’oiseau fait son nid…


Derrière les jolis coups, la stratégie éditoriale…

Côté littérature, les Éditions Passiflore publient « des auteurs contemporains qui abordent des thèmes de société actuels, des relations familiales à la quête d’identité en passant par l’écologie ». Elles se sont largement distinguées dans ce domaine, avec déjà trois titres (en 2016, 2017 et 2018) dont les droits ont été rachetés par Gallimard, qui les a publiés en Folio. On peut notamment citer la Carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser, dont Passiflore avait d’abord vendu 2.000 exemplaires par ses propres moyens, avant que Gallimard n’en écoule… 18.000 unités en poche. Un joli score pour ce roman, le best-seller de la maison, qui est aussi disponible en audiolivre et a été traduit en arabe.


Mais ce succès ne doit visiblement rien au hasard : il est le fruit d’un soigneux travail de sélection. Passiflore reçoit deux manuscrits par semaine et en édite un sur 50. En dépit de ses moyens limités, la petite entreprise a façonné un comité de lecture composé d’experts de son entourage, lequel a apparemment brillé à plusieurs reprises par sa clairvoyance. Entre autres récompenses, trois auteurs de la maison (Pascale Dewambrechies, Fabrice Sluys et Patrick Azzurra) se sont déjà distingués au festival du premier roman de Chambéry, par lequel sont passés quelques habitués des têtes de gondole et des prix littéraires, tels Amélie Nothomb, Mathias Enard (Goncourt 2015) ou Delphine de Vigan.

La dirigeante précise : « C’est aussi le fruit d’une exigence dans la rédaction et le travail des manuscrits. On pourrait passer pour des casse-pieds mais les auteurs apprécient ce soin apporté aux détails, à la recherche méticuleuse des répétitions dans le texte, etc. »


Le salon du livre de Dax est toujours un bon moyen pour les Éditions Passiflore d’obtenir un retour de leurs lecteurs : « l’un de nos grands plaisirs est d’y rencontrer des lecteurs qui ont aimé lire un de nos livres et viennent nous demander de leur en conseiller un autre », explique Patricia Martinez.

Quant aux prochaines publications, cela devrait commencer en librairie dès mi-avril avec un facétieux « guide farfelu des équipes du Mondial 2019 » : on parle bien sûr des Gueules d’ovalie, Nations de rugby de Jean-Michel Cormary (auteur) et Jean-Michel Lafon (illustrateur), qui pourraient bien faire un tabac, et pas seulement dans la région.


Sont également annoncés une biographie romancée du photographe, artiste et poète landais Félix Arnaudin (1844-1921), écrite par Marc Large (qu’on ne présente plus), ainsi que le prochain roman de Jean-Marc Benedetti, qu’on avait laissé avec des Équilibristes « sans concession », et qui revient avec une Fuite en Italie en forme de voyage dans le temps… ou de retour au pays.

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 

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