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Créateurs et passionnés – Claude Retegui, l’as du marbre

Le 14 Juin. 2019

En 8 décennies, l’entreprise luzienne s’est constamment réinventée et diversifiée. Et elle a su innover dans l’exploitation de son matériau de prédilection…

D’abord spécialisée dans le marbre funéraire, elle a progressivement étendu son champ d’activité à la décoration, à l’agencement et au mobilier design. L’ingénieur Claude Retegui, petit-fils du fondateur Laurent Bergez, la dirige depuis déjà 20 ans.


Le 31 mai dernier, La maison France 5 était à Ciboure. Après une escale à Bidart la semaine précédente, la sympathique émission animée par Stéphane Thébaut a profité de cette seconde étape en Pays basque pour aller visiter l’atelier Retegui de Saint-Jean-de-Luz. Un joli coup de projecteur sur une entreprise qui le méritait bien, et qui fête par ailleurs cette année ses 80 années d’existence.

Lancée en 1939 par Laurent Bergez, repreneur d’un fonds des Pompes funèbres générales, l’activité est passée à sa fille Francette et à son gendre Étienne Retegui en 1973, puis au fils de ce dernier, ingénieur en génie civil, en 1999. Cette marbrerie, aujourd’hui installée sur la zone de Jalday, opère donc depuis 3 générations.


Elle emploie 12 ingénieurs et compagnons marbriers. Elle aurait réalisé un chiffre d’affaires de 1,4 millions d’euros l’an dernier. C’était encore autour d’un million il y a 5 ans. Retegui ne réaliserait plus qu’un petit quart de ses recettes dans le funéraire, et le reste dans l’aménagement, la décoration et le mobilier.

 


Une gamme de mobilier design…

Jean-Louis Iratzoki

Ces bons résultats sont, en particulier, liés à l’arrivée du marbrier sur le segment d’un mobilier design accessible aux entreprises aussi bien qu’aux particuliers. L’entreprise, qui s’est adjoint les services de Jean-Louis Iratzoki en 2014, a ainsi développé une gamme comprenant tables, tables basses (dont le fameux modèle Bigun), tables de bistro, étagères, plats, patères, miroirs, horloges et objets divers en marbre.

Pour cela, elle s’est appuyée sur son département « 3D Technology », sur l’industrialisation et mécanisation de sa production ainsi que sur sa solide expérience du B2B.


Car avant cela, l’atelier luzien a notamment œuvré pour le compte d’Airbus et des Yachts Couach, leur fournissant respectivement vasques et revêtements haute qualité en respectant d’exigeants cahiers des charges.

Il y a deux ans, elle a participé au projet Symbioz de Renault en fournissant des éléments de mobilier. Elle aide des marques comme Mugler ou Dior à aménager leurs points de vente et travaille des pièces sur mesure pour des designers réputés comme Martin Szekely.


Dernièrement, elle a fourni le comptoir et les tables du restaurant parisien d’Hélène Darroze. Bref, on n’arrête plus Retegui. Dès les années 80, l’atelier s’était positionné sur les marchés de la déco, des plans de travail et des salles de bains. Plus récemment, Retegui s’est même mis aux lames de parquet. Elle utilise des marbres venus du Brésil, d’Inde, d’Afrique du Sud ou tout simplement de France et d’Italie.


L’innovation gravée dans le marbre…

Ce succès de Retegui ne doit rien au hasard, car pour toutes ces entreprises clientes et aujourd’hui pour les particuliers, l’atelier est en mesure de contourner les 3 grands inconvénients du marbre que sont le poids, le prix et la fragilité : « Retegui a développé des techniques permettant d’alléger considérablement la pierre, tout en lui garantissant une grande solidité. Ces techniques, alliant le marbre à des matériaux composites, sont diverses : collages complexes, usinages avec commande numérique, assemblages avec nids d’abeilles en aluminium et combinaisons avec fibre de verre ou de carbone », explique l’entreprise.


Dans l’émission de France 5, on voit Claude Retegui montrer une lame de terrasse clipsable, composée d’une couche de granit du Tarn collée sous vide à une autre mêlant mousse polyuréthane et fibre de verre. Et l’on voit la lame se courber sans rompre sous le poids du dirigeant. Étonnant…

Plus généralement, là où l’exigence de solidité imposait des couches de marbre d’une largeur d’au moins 20 mm, les solutions développées par Retegui permettent d’en réduire l’épaisseur de plus de 50%. Les problèmes de poids et de fragilité inhérents au matériau sont donc résolus.


Prochaine innovation : une table en béton fibré haute performance, autre matériau en cours de développement avec le concours de l’INSA Toulouse et du spécialiste des travaux de maçonnerie BAM, également installé zone de Jalday. On attend le résultat avec impatience.

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 


 

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