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Je dis ça, je dis rien…

Le 12 Nov. 2017

Pourquoi faut-il dire oui à la césarienne ?

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Douillette ? Alors là, pas le genre de la maison. C’est juste, juste, que l’accouchement par voie basse, c’est super ringard, faut être honnête. Et que, de nos jours, quand on est une working girl, super efficace, super au top de tout, ben un accouchement, ça se programme, et toc.


Bon évidemment, y a tout plein d’autres raisons qui président à votre décision. On vous aide à argumenter auprès de : a) belle-maman, b) votre doudou d’amour, c) le monde entier.

Il va s’appeler César. Alors symboliquement, césarienne, ça va bien avec l’idée. Si c’est une fille ? Euh, ben vous l’appellerez Iène, et puis voilà (faut pas l’aimer trop, cette enfant, mais bon, si on commence à s’arrêter à ce genre de considération, adieu les Hennessy, Merci, Dior, Zeppelin, Tempest, Yolo, Haley-Honore et consorts…) Par voie basse, ça vous obligeait à l’appeler Vagin ce qui est quand même hachement plus difficile à porter que Yolo, non ? Quoique…

Vous n’êtes pas épilée. Et vu le gros bide du moment, vous ne risquez pas de pouvoir le faire jusqu’à la date fatidique des premières contractions. Or, vous avez remarqué que votre système pileux était en berne côté ventrou, malgré votre dose maximale d’hormones débridées, alors zou, c’est décidé, vu avec l’esthéticienne, ce sera césarienne, et point. Sans compter que les étriers, c’est pas votre truc depuis que vous êtes tombée de cheval, il y a dix ans. Comprenez doc’, la phobie, tout ça…

Bébé doit naître un jour pair. Le gourou l’a dit. Les jours impairs, c’est pas bon pour son développement spirituel. Et puis ça va bien avec vos tocs de vous laver les mains 18 fois par heure, ou de vérifier 25 fois que la porte est bien fermée quand vous sortez de chez vous. Faut être cohérent.

Education, exemplarité, tout ça. Comment tu veux expliquer au gniard, ensuite, que c’est pas lui qui commande, si dès le départ, tu l’as laissé décider de sa date de naissance, hein ? Ah ah, vous n’y aviez pas pensé hein… Ben voilà, et après on se demande pourquoi tout fout le camp… Le laxisme éducationnel a ses limites. Perso, vous avez dit « stop ».
Vérifié, testé, pas approuvé.

Quand le doc’ vous a annoncé que le périmètre crânien à la naissance serait de 35 centimètres, vous avez vite compris que ça ne passerait pas ! Et vous êtes philosophiquement contre l’épisiotomie. Désolée, hein. Sans compter que vous en êtes à la troisième tentative d’assassinat sur mémé qui jure que « il est bien rentré, il faudra bien qu’il sorte ! »

Z’êtes pas du matin. Déjà qu’avant votre troisième café et 10 heures, z’êtes pas capable d’articuler deux mots cohérents, comment voulez-vous crier « aïe, aïe, aïe » décemment aux aurores pour sortir un être humain de votre moi très profond et intérieur ? Impossible.

Traumatisme de visualisation. Vous revient en mémoire de cette histoire drôle-pas drôle du tout du petit garçon qui demande à son papa : « C’est quoi une césarienne, papa ? » et l’immonde père de répondre : « Tu vois quand tu n’arrives pas à ouvrir un sachet de gruyère à ouverture facile et que tu finis au couteau ? »

Quand le doc vous a expliqué qu’il y avait plusieurs façons d’accoucher, par voie basse ou déclenché, vous avez immédiatement demandé si « par livraison », ça existait aussi, et devant la réponse négative, vous vous êtes rabattue sur la césarienne.

Enfin bon, moi je dis ça, je dis rien…

 

Gracianne Hastoy

3 commentaires au sujet de cet article

  1. Vous semblez mal informée sur les réalités de la césarienne. Souvent la césarienne sur demande maternelle est liée à une véritable peur de l’accouchement qu’on appelle tokophobie ou à un traumatisme antérieur. Pour la plupart des femmes qui ont une césarienne ce n’est pas par choix et c’est souvent traumatisant. La récupération post-césarienne peut être difficile malgré les protocoles de réhabilitation précoces qui sont de plus en plus nombreux et comme pour toute intervention chirurgicale importante, il peut y avoir des séquelles à vie, sans parler des séquelles psychologiques quand cela n’a pas été un choix. Des études ont même montré que les femmes ayant eu une césarienne avaient d’ailleurs plus de problèmes dans leur vie sexuelle que celles qui avaient eu une voie basse. L’augmentation du nombre de césarienne pose d’ailleurs de véritables questions philosophiques et féministes.

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