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Quand le semencier Syngenta s’épanouit dans le Gers

Le 07 Oct. 2019

Le nouveau centre d’excellence en pollinisation de Lombez – 400 m2 inaugurés il y a un an – se veut un moyen de « participer au développement de la biodiversité »…

Connecté avec une quinzaine d’autres centres de recherche du groupe suisse dans le monde, ce « laboratoire d’innovation » étudie et teste les différents biais de pollinisation, ce qui en fait un outil complémentaire du processus de création de semences hybrides.


Spécialiste des semences et des produits phytosanitaires destinés à la protection des cultures, le groupe suisse Syngenta, né en 2000 du rapprochement des divisions agrochimiques de Novartis et d’AstraZeneca, fait partie de la trentaine de grands semenciers installés dans le Sud-Ouest de la France, terrain de jeu on ne peut plus propice à leurs activités, grâce à son climat, à la diversité de ses cultures et à la compétence de ses agriculteurs.

Aujourd’hui, Occitanie et Nouvelle Aquitaine fourniraient plus du tiers des semences françaises, avec autour de 8.500 agriculteurs exploitant plus de 110.000 hectares.


Le siège de Syngenta dans l’Hexagone est d’ailleurs situé à Saint-Sauveur (31), où œuvrent plus de 300 salariés, dont près d’un tiers au laboratoire de marquage génétique : là sont réalisés des essais de variétés de blé, d’orge, de tournesol, de maïs et de colza sur une soixantaine d’hectares. Pour donner un ordre d’idée, rien que cette année, le semencier a communiqué sur le lancement de 3 nouvelles variétés de tournesol, 3 autres d’orge, 11 de maïs grain, deux de maïs fourrage et deux autres de blé, généralement conçues pour s’adapter à certains climats et régions en particulier.


Mieux comprendre la pollinisation…

Outre ce siège, Syngenta compte deux de ses 11 sites français à Nérac (47) et à Lombez (32). Sur cette dernière implantation gersoise, lancée en 1977 et héritée de Novartis, travaillent une cinquantaine des 1.368 salariés permanents du semencier en France.

Celui-ci investit environ 2 millions d’euros par an à Lombez, pour une production de 800 tonnes de semences de maïs. Et puis sur place, il y a eu du nouveau à la rentrée 2018, avec l’inauguration en grande pompe d’un « centre d’excellence en pollinisation » dernier cri, hébergé dans un bâtiment d’une superficie de 407 m2.


On savait depuis quelques années que Syngenta visait « la synergie entre production de semences hybrides d’oléagineux et pollinisation » à travers une opération « Bee Partner ». L’entreprise, qui recourt à l’hybridation du colza et du tournesol, avait déployé 12.000 ruches destinées à multiplier les semences hybrides, mettant l’accent sur l’efficacité conjointe des abeilles domestiques et sauvages : « leur efficacité peut être jusqu’à cinq fois plus importante quand leur action est commune, comparée à l’activité des abeilles domestiques seules », expliquait Syngenta en 2016.

Sur le site de Lombez, qui reçoit et multiplie ces nouvelles variétés de semences hybrides avec l’appui de 120 agriculteurs, est donc désormais adossé aux ruches ce nouveau laboratoire d’innovation, outil idéal de recherche pour compléter le dispositif et mieux comprendre le phénomène de pollinisation et ses biais, à savoir les abeilles, le vent, l’eau, etc.


Les semenciers veulent reverdir leur blason…

Ce projet de centre s’inscrivait dans la stratégie de l’entreprise, qui espère devenir sous 4 ans le leader mondial sur ce sujet de la pollinisation. À l’échelle mondiale, Syngenta consacre 10% de ses 13 milliards de dollars de revenus à la recherche et au développement. Le groupe suisse emploie 28.000 personnes, dont 5.000 chercheurs, et opère dans 90 pays. Depuis 2013, il est engagé dans un « Good Growth Plan » (plan de croissance responsable). Du côté de Lombez, celui-ci se traduirait notamment par des économies sur les consommations énergétiques, un travail sur les nuisances sonores, des ateliers environnementaux et/ou de sensibilisation à la gestion des déchets, etc.


On le sait, les semenciers n’ont pas toujours très bonne presse et font l’objet d’un fort sentiment de défiance, devant régulièrement se défendre contre des attaques qu’ils vivent parfois (à tort ou à raison) comme des injustices. L’affaire Monsanto est passée par là… Mais les entreprises les plus habiles comprennent bien qu’elles devront sans cesse rendre des comptes (et ce autrement que par une communication tape-à-l’œil), que défiance doit être mère de sûreté plus que de rancœur, et que tout ce qu’elles feront de concret et d’intéressant pour verdir leur blason pourra être porté plus tard à leur crédit… Et dès aujourd’hui leur donner un avantage par rapport à la concurrence.

À tout malheur quelque chose est bon, dit l’adage…

D’autres informations sur syngenta.fr

 

Un commentaire au sujet de cet article

  1. C’est un peu gonflé de parler de biodiversité au sujet de la production de semences hybrides. Par définition, les plantes issues de semences hybrides sont pratiquement toutes identiques et peuvent être considérées comme des clones.
    Dans le cas de la production d’une semence normale, non hybride, les plantes se reproduisent facilement et naturellement entre elles. Dans le cas de production d’hybrides, la fécondation est beaucoup plus dure à réaliser et c’est pour cela qu’il faut avoir recours à tout un tas d’artifices. En bref, une sorte de PMA dans le monde végétal.

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