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À Chantons sous les P’tits Pins, la culture se cultive dès le berceau

Du 20 au 29 octobre, Chantons sous les P’tits Pins sillonne les Landes avec des spectacles pensés pour les enfants
Le festival "Chantons sous les P'tis Pins" déploie 13 représentations dans plusieurs communes landaises
Chantons sous les pins DR
Avec ses P’tits Pins, l’association Chantons sous les Pins veut rapprocher les artistes des familles et donner très tôt le goût du spectacle vivant

À trois mois, c'est pas encore gagné pour choisir seul son abonnement au théâtre. Et pourtant, c’est précisément à cet âge là que les P’tits Pins proposent de commencer l’aventure. Pour sa 9e édition, organisée du 20 au 29 octobre pendant les vacances de la Toussaint, le festival déploie 13 représentations dans plusieurs communes landaises, avec des spectacles destinés aux enfants à partir de 3 ans, mais aussi aux tout-petits, dès 3 mois.

Ce choix n’a rien d’anecdotique, vous allez le comprendre. Pour Chantons sous les Pins, l’accès à la culture doit commencer tôt. L’association revendique même une ambition qui dépasse largement le cadre d’un festival de vacances : « l’accès à la culture, sous toutes ses formes et ce, dès le plus jeune âge, est une façon de préparer le spectateur averti de demain ».

Autrement dit, le public ne naît pas tout fait. Il se construit, représentation après représentation, découverte après découverte.

Faire venir le spectacle là où vivent les familles

Pour Chantons sous les Pins, l’accès à la culture doit commencer tôt
Chantons sous les pins DR

Cette fabrication du futur spectateur passe d’abord par la proximité. Depuis sa création en 1998, Chantons sous les Pins défend une culture itinérante, en lien étroit avec les communes rurales, les associations et les structures culturelles locales. Les P’tits Pins en sont une déclinaison particulièrement révélatrice.

Cette année encore, les spectacles vont changer de décor : salles polyvalentes, cinéma, écolieu et surtout médiathèques. Pour les Tout P’tits Pins, huit rendez-vous sont ainsi proposés dans des équipements de proximité. La médiathèque cesse alors d’être seulement un endroit où l’on emprunte des livres puisqu'elle devient, le temps d’une représentation, un lieu d’éveil, de rencontre et de spectacle vivant.

Le choix est aussi financier. Les spectacles des Tout P’tits Pins sont gratuits, tandis que les autres rendez-vous sont proposés à 5 euros et que les moins de 3 ans bénéficient de la gratuité. Une manière de lever, autant que possible, l'obstacle du prix.

Des artistes qui savent changer de partition

Chantons sous les pins DR

Cette proximité ne signifie pas pour autant que l’exigence artistique soit revue à la baisse. C’est d'ailleurs même tout le contraire. L’association explique que cela fait neuf ans qu’elle prospecte pour trouver des artistes capables de s’adapter à son itinérance, à des salles allant de 30 à 500 spectateurs et à des publics âgés de 6 mois à 14 ans.

« Nous sélectionnons des chanteurs et des groupes qui sont passionnés par leur métier et ont de l’estime pour les enfants », explique Isabelle Ipoutcha, Membre de la commission programmation de Chantons sous les Pins . Le résultat recherché est à l’opposé d’une simple animation destinée à occuper les plus jeunes : des textes « souvent drôles, parfois poétiques mais aussi exigeants », loin « des reprises ou des facilités de la chanson commerciale ».

Cette année, les propositions passent ainsi de la poésie de Robert Desnos aux musiques actuelles, de l’écologie aux questions de confiance en soi, en faisant aussi une incursion dans le théâtre musical. Une manière de considérer l’enfant comme un spectateur à part entière, et non comme un public auquel il faudrait nécessairement simplifier la culture.

La scène ne s’arrête pas quand le rideau tombe

CHantons sous les pins DR

C’est sans doute là que se joue la véritable ambition du projet. Car les P’tits Pins ne constituent qu’une partie d’un travail mené toute l’année par Chantons sous les Pins. L’association développe en effet des actions de médiation culturelle auprès des enfants et des jeunes, avec notamment des projets d’écriture et de mise en musique de chansons, la découverte des métiers du spectacle vivant ou encore des actions inscrites dans le Parcours d’éducation artistique et culturelle.

Le spectacle devient alors le point de départ plutôt que le point final. On vient écouter, puis on peut chanter, écrire, comprendre comment une chanson se construit, découvrir ceux qui la font vivre. Le jeune spectateur n’est plus seulement assis dans la salle : il entre progressivement dans les coulisses de la création.

Cette démarche rejoint la philosophie plus générale de l’association, qui entend faire circuler la chanson et renforcer les liens entre artistes et habitants. Dans les Landes, elle tente ainsi de transformer la proximité en véritable politique culturelle.

Semer aujourd’hui pour récolter demain

Les P’tits Pins posent finalement une question simple : comment donnera-t-on envie à un enfant de retourner au spectacle lorsqu’il aura grandi ? Peut-être en lui offrant, dès les premiers mois, une première expérience positive. En lui permettant d’écouter une voix dans sa médiathèque, de faire connaissance avec des instruments, de rencontrer des artistes, puis de devenir lui-même acteur d’un projet.

La recette n’a rien d’une formule magique cependant. Elle repose sur l’itinérance, l’accessibilité, la qualité artistique, les médiathèques et un patient travail de transmission. Une partition qui se joue sur plusieurs années.

Sébastien Soumagnas

Cie Mini Pas - Extraits du Spectacle LOéLA - Jeune public / Laura Caronni & Ceïba

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