Avec 82 représentations sur 14 lieux différents, le festival va encore nous surprendre entre prestations intimistes ou audacieuses, mono ou pluridisciplinaires. Le festival est un véritable laboratoire vivant, un espace de rencontres où les artistes, les pédagogues, les professionnels et les publics se rassemblent et vivent ce que le cirque a de plus exceptionnel.
Le Centre d’innovation et de recherche circassien (CIRC) d’Auch est devenu, au fil des ans, une référence mondiale. Ce qui lui permet de propose chaque année une remarquable palette de spectacles, concerts, ateliers et rencontres au coeur la capitale gasconne.
On pourra suivre 18 spectacles professionnels et 13 d’écoles de cirque, triés sur le volet. Tout en profitant de cet événement qui propose un lieu de vie exceptionnel.
Les organisateurs donnent le ton avant l’ouverture de ce festival. « Il en va des vertiges comme de beaucoup de choses : il y en a des bons, que l’on a envie de tutoyer, et il y en a des désagréables, que l’on préférerait ne pas côtoyer. Les artistes de cirque sont un peu les spécialistes de la première catégorie. Entrer en scène, c’est souvent un petit vertige, le cœur battant, la paume des mains un peu moite, dans la clarté aveuglante des projecteurs.
« Il paraît que le propre d’un spectacle de cirque, c’est le risque de la chute, car c’est dans cette chute que se rejoue la lutte éternelle entre le corps et la gravité. Et c’est parce que les circassiens se font une spécialité de tutoyer le risque avec insolence et panache que nous vibrons si fort, depuis nos places dans les gradins.
« On a parfois l’impression de se tenir au bord d’une falaise avec la sensation d’un grand vide devant soi, et ça fait peur. Et c’est là, aussi, que le cirque a quelque chose de miraculeux, car il nous met en présence d’artistes qui dansent au bord de l’abîme. Nous éprouvons ensemble que le vertige peut s’apprivoiser. Que l’on peut vivre sans peur, malgré le danger. Que l’on peut risquer la chute… et être d’autant plus libre ! »
Le cri du cirque
Ce 19 octobre, de 13h30 à 16h30, au Théâtre municipal d’Auch, le réseau national Territoires de Cirque lancera une mobilisation face au risque de disparition du secteur.
Face au désengagement financier cumulé de l’État et des collectivités territoriales, une partie du secteur du cirque contemporain – lieux, compagnies, écoles – risque une disparition pure et simple.
« Le cirque contemporain est l’un des arts les plus populaires, au sens le plus fort du terme et historiquement, l’un de moins soutenus financièrement par les pouvoirs publics. Cette conjonction le place aujourd’hui en première ligne : là où certains devront peut-être réduire leur activité, une part importante des acteurs du cirque devra purement et simplement cesser la sienne. Leur survie repose sur un financement croisé entre l’État et les collectivités territoriales, construit dans la durée – un équilibre où le retrait de l’un fragilise l’autre, avec des effets très inégaux selon les territoires : certains tiennent, d’autres perdent tout. Cette fragilité touche toute la filière, dont le rayonnement dépasse pourtant nos frontières : les écoles de cirque peinent à sécuriser l’avenir de leurs salariés et de leurs diplômés ; les compagnies créent dans des conditions chaque jour plus précaires ».
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