Le numérique a beau tout enregistrer, tout calculer et probablement très bientôt presque tout prédire, il lui reste encore une donnée particulièrement difficile à quantifier : la confiance. C’est justement celle-ci que LaNum Pays Basque veut mettre sur la table, le 19 novembre à l'ESTIA Berri, à Bidart, pour la 17e édition des Rencontres Numériques Pays Basque.
De 9 heures à 14 heures, entreprises, collectivités, associations, étudiants et citoyens sont invités à venir décrypter un sujet qui prend chaque jour un peu plus d'ampleur, notamment suite aux dernières innovations et tendances digitales : « L’IA et les données au service de la transparence ». Derrière cette formule se cachent des questions très concrètes. Comment prouver qu’un produit correspond réellement à ce qu’il annonce ? Comment tracer les données ? Comment utiliser l’intelligence artificielle sans perdre de vue la sécurité, la confidentialité ou la souveraineté ?
Bref, comment faire confiance au numérique sans lui signer un chèque en blanc ?
Le numérique sort de son écran
Pour LaNum, l’enjeu est justement de ne pas laisser ces questions seulement aux spécialistes. Les Rencontres Numériques ont pour vocation de mettre autour de la même table les acteurs du territoire et transformer les grands concepts numériques en solutions compréhensibles et applicables.
La matinée donnera ainsi la parole à plusieurs acteurs publics locaux. Le Syndicat Mixte La Fibre64, le Centre Hospitalier Côte Basque, la Communauté d’Agglomération Pays Basque et la Ville de Biarritz partageront leurs expériences lors d’une table ronde consacrée à la traçabilité des services publics, avec ou sans IA.
Car dans la santé ou l’administration locale, les données ne sont pas de simples lignes de code. Elles concernent directement la vie quotidienne. La question devient donc celle de leur traçabilité et de leur utilisation : que sait-on, d’où vient l’information, comment est-elle exploitée et avec quelles garanties ?
À 10h30, les Rencontres changeront de focale pour s’intéresser au monde des entreprises et notamment à la transparence dans les modes de production au Passeport Numérique de Produits.
Le passeport européen prend forme
C’est sans conteste l’un des temps forts de cette édition, puisqu’il permettra également de tirer le rideau sur trois années de travail du projet EDIT, pour « EcoDigital Industrial Transformation ». Mené de 2024 à 2026 dans le cadre de l’Interreg POCTEFA, le projet accompagne des entreprises du Pays basque Nord, du Pays basque Sud et de Navarre dans leur préparation à cette future réglementation européenne.
Agroalimentaire, textile, ameublement... trois secteurs ont été particulièrement observés afin de mieux comprendre les enjeux de ce Passeport Numérique de Produits, d’évaluer la maturité des entreprises, de construire des outils et parcours adaptés pour que ces acteurs locaux soient prêts lors de l’adoption définitive de cette réglementation européenne.
Cofinancé à 65 % par le Fonds européen de développement régional, EDIT arrive donc à son terme avec une expérimentation transfrontalière à partager. Bidasoa Activa, chef de file, l'ESTIA, MIK, SAKANA, la Camara de Navarra, LaNum Pays Basque, ALGON et HARIVENASA ont participé au projet. Le 19 novembre, les résultats, les outils développés et les témoignages seront présentés en avant-première à Bidart.
Des données, mais aussi des preuves
La suite de la matinée fera également un détour par la Suisse avec InfoManiak. L’entreprise technologique indépendante viendra parler de « La traçabilité, la transparence et la souveraineté ». Un sujet qui résonne particulièrement à l’heure où la question de la localisation et de la maîtrise des données devient un enjeu économique autant que technologique.
Puis prendront place les travaux pratiques. Trois ateliers consacrés à l’intelligence artificielle permettront aux participants de passer de la théorie à l’expérimentation.
Cette volonté de mettre les mains dans le numérique correspond à l’identité de ces Rencontres. Depuis plusieurs années, le rendez-vous accompagne les transformations du territoire : tourisme responsable, éducation et formation, IA utiles et responsables ou encore maîtrise des usages numériques.
Un territoire qui veut garder la main
Ainsi, en 2026, la portée de l’événement ne s’arrêtera pas aux portes de l’ESTIA Berri. En effet, les contenus doivent continuer à être diffusés sur le territoire jusqu’à la fin de l’année.
Cette 17e édition porte ainsi une ambition assez simple : faire du numérique un outil que l’on comprend, que l’on questionne. Une ambition qui rejoint la démarche de LaNum, première structure labellisée Numérique Responsable au Pays basque.
Son président, Anthony Bleuze, résume cette responsabilité en quelques mots : « Le sujet sur lequel l’association doit se positionner c’est celui des IA responsables, dans le respect des droits humains et des valeurs de la société » Et la transparence pourrait bien devenir la technologie la plus utile au monde numérique de demain. Ajoutons-y la confiance, le mot de passe qu’il faudra surtout éviter de perdre.



LaNum DR

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