Abonnez-vous
Publié le

1500 COUPS DE POUCELa tradition gasconne veut conquérir de nouveaux palais

Les 24 et 25 octobre, Labastide-d’Armagnac célébrera la 26e édition d’Armagnac en fête, son histoire, son terroir et ses savoir-faire.
Armagnac en Fête DR
Entre distillation, dégustations et gastronomie, l'évènement raconte aussi les défis d’une filière qui doit conjuguer héritage, renouvellement des usages et avenir économique.

Le dernier week-end d’octobre, la Gascogne entre en distillation. À Labastide-d’Armagnac, la place Royale devient le théâtre d’un rendez-vous qui célèbre à la fois la fin des vendanges et le début de la distillation. « Chaque année depuis 26 ans, la Gascogne est en ébullition le dernier week-end d’octobre », rappelle Frédéric Blondeau, président de l’association Armagnac en fête.

Les 24 et 25 octobre, plus d’une vingtaine de producteurs d’Armagnac sont attendus aux côtés d’artisans du goût et de producteurs régionaux. Le marché gourmand élargira la dégustation aux spécialités locales et à des produits venus d’autres territoires, notamment d’Italie. Repas conviviaux, animations musicales et découverte du patrimoine viendront agréablement compléter les rencontres.

Mais attention, l’événement ne se cantonne pas à une simple fête de village. L’association porte le Site remarquable du goût Armagnac, qui entend valoriser les liens entre le produit, le terroir, le patrimoine et le tourisme. Labastide-d’Armagnac, membre du réseau international Cittaslow depuis 2011, cultive ainsi une certaine idée du bien-vivre, où la découverte des saveurs se conjugue avec celle d’un territoire.

L’alambic, entre spectacle et transmission

Armagnac en Fête DR

Au cœur de la manifestation, un alambic ambulant en fonctionnement donnera une idée aux visiteurs d'une étape essentielle de la fabrication. En effet, le vin blanc issu des vendanges y devient une eau-de-vie qui sera ensuite généralement élevée en fûts de chêne, où le temps fera son œuvre en façonnant sa couleur et ses arômes.

Un savoir-faire que les producteurs doivent aussi faire connaître au-delà du cercle des aficionados. L’atelier de cocktails à l’Armagnac, prévu le samedi matin sur réservation, illustre cette volonté d’ouvrir d’autres portes d’entrée. La dégustation ne se limite plus nécessairement au digestif traditionnel : la Blanche Armagnac, les assemblages plus jeunes ou les usages en cuisine peuvent aussi contribuer à ouvrir de nouveaux horizons.

« On vous attend pour vous transmettre notre passion et notre amour de l’Armagnac », souligne Frédéric Blondeau. Car l’enjeu est bien là : raconter le produit, expliquer sa fabrication et donner envie de le découvrir autrement, sans effacer ce qui fait sa singularité.

Trouver de nouveaux palais

Armagnac en Fête DR

Cette démarche prend un relief particulier dans un contexte commercial moins favorable. Dans un entretien publié le 9 octobre par Les Annonces Landaises, Carole Garreau, présidente du Bureau national interprofessionnel de l’Armagnac (BNIA), évoquait le recul de marchés historiques et la baisse des ventes. Selon les chiffres qu’elle y communique, la filière compte environ 450 producteurs et 180 maisons de négoce, pour quelque trois millions de bouteilles commercialisées par an.

La comparaison qu’elle établit avec les volumes de whisky consommés en France souligne, à ses yeux, la marge de progression possible. Mais conquérir de nouveaux consommateurs suppose de mieux faire connaître cette eau-de-vie, ses différents profils et les façons de la déguster. Il s’agit également de valoriser son caractère artisanal et son ancrage territorial, face à des boissons plus familières pour une partie du public.

Les Automnales du foie gras et de l’Armagnac, organisées tout au long du mois d’octobre, prolongent cette logique avec des portes ouvertes, des visites de domaines et des rencontres avec les producteurs. Autant d’occasions de transformer la curiosité en découverte, voire en fidélité.

Le goût du terroir face aux aléas du climat

Reste que la reconquête commerciale ne dépend pas seulement de la communication. Dans le même entretien, Carole Garreau mentionnait les effets du gel, de la grêle, de la sécheresse et des fortes chaleurs sur les vignes en 2026. Les conséquences varient selon les exploitations : les producteurs présents à Labastide pourront en préciser la portée concrète pour leurs vendanges et leurs coûts.

« Tout un village, un territoire, la région de l’Armagnac se prépare à fêter la fin des vendanges et le début de la campagne de distillation », résume Frédéric Blondeau. Derrière cette célébration, c’est toute une économie agricole, artisanale et touristique qui cherche à tenir la barre et garder le cap.

Les grandes tablées, les producteurs réunis autour de l’alambic et les dégustations auront donc une portée qui dépasse le week-end. Pour l’Armagnac, il ne s’agit pas de tourner le dos à son histoire, mais de lui offrir de nouveaux débouchés. Une eau-de-vie qui a traversé les siècles doit désormais trouver comment continuer à faire tourner les têtes... et surtout, à séduire les générations qui viennent.

COUP DE POUCE

Au-delà des dégustations et des animations, Armagnac en fête est l’occasion de soutenir les producteurs, de découvrir un savoir-faire séculaire et de faire rayonner tout un territoire.

L'événement mérite vraiment un coup de pouce de notre part. Comment ? N'hésitez pas à partager cet article sur les réseaux sociaux, à en parler autour de vous afin d'encourager à pousser la porte de la fête, à y entraîner ses proches et à faire circuler l’invitation autour de soi.

Ce genre de rendz-vous gagne aussi en force grâce au bouche-à-oreille : parlez-en, partagez l’information afin d'aider cette célébration gasconne à faire tourner les têtes bien au-delà de la place Royale !


Sébastien Soumagnas

Commentaires


Réagissez à cet article

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire

À lire aussi