À Mimizan, les naufrages ont longtemps fait partie de l’histoire du littoral. La forêt a été exploitée, la dune façonnée, la résine récoltée, l’océan observé et même transformé par l’installation d’un récif sous-marin. Tous ces épisodes racontent une même histoire, à savoir celle d’un territoire qui n’a jamais cessé d’évoluer sous l’effet conjugué de la nature et des activités humaines.
Et c'est cette histoire qu’Automne en Scène propose de raconter du 17 au 29 octobre, à travers Mimizan mais aussi Aureilhan, Bias, Mézos, Saint-Paul-en-Born et Pontenx-les-Forges. Organisé par l’Office intercommunal de tourisme de Mimizan, le rendez-vous place cette année au premier plan les « Femmes et Hommes qui ont marqué notre histoire locale et landaise, la formation de nos paysages, notre identité… ». Une porte d’entrée pour comprendre comment le territoire s’est construit et, surtout, comment il pourrait évoluer.
Cinq siècles de naufrages au bord de l’océan
Parmi les rendez-vous les plus emblématiques, l’exposition « Naufrages à Mimizan », présentée du 22 au 26 octobre à la Chapelle à la Mer, reviendra sur les drames maritimes survenus au large de la commune depuis le XVIe siècle. Elle marquera également le 50e anniversaire du naufrage du Virgo, échoué le 2 décembre 1976.
Cinquante ans après, l’épave appartient à l’histoire locale. Et cette mémoire maritime rappelle combien le rapport au littoral s’est construit dans le temps, entre activités humaines, dangers de la mer et évolution des paysages.
Le 28 octobre, cette réflexion prendra une dimension plus contemporaine avec une conférence-projection consacrée au littoral de Mimizan, animée par Claire Steimer, conservatrice du patrimoine, et le photographe Sébastien Sindeu. De l’époque médiévale à aujourd’hui, il s’agira de regarder les traces laissées par les occupations humaines, mais aussi les transformations du territoire à l’heure du changement climatique.
Une dune, une forêt, un territoire façonné par l’homme
Le 21 octobre, une sortie proposée par l’Office national des forêts autour de la forêt et du littoral landais donnera l’occasion de comprendre comment l’homme utilise la forêt depuis des siècles et comment cette influence doit aujourd’hui être maîtrisée pour préserver les équilibres naturels.
Même la dune, que l’on pourrait croire entièrement façonnée par les éléments, porte la marque de l’intervention humaine. Quant au gemmage, dont des démonstrations sont proposées les 22 et 29 octobre, il raconte une autre époque de l’économie forestière landaise, lorsque la récolte de la résine constituait un véritable métier. En faisant revivre ces pratiques, Automne en Scène interroge ce que ces savoir-faire disent du rapport entretenu avec les ressources naturelles.
Le 27 octobre, changement de décor avec l’histoire du récif sous-marin installé au large de Mimizan en 1978. L’ADREMCA, qui réunit plongeurs, scientifiques et autres passionnés du milieu marin, racontera près d’un demi-siècle d’observation de cet espace, avant une projection sous-marine.
Là encore, le récif raconte une intervention humaine devenue, au fil des décennies, un objet d’observation du milieu marin. Il permet de mesurer le temps long et les transformations d’un environnement que l’on regarde souvent uniquement depuis la plage.
L’objectif de cette manifestation est de faire dialoguer des histoires qui pourraient sembler éloignées. Ainsi , un naufrage, une épave, une pinède, une dune, un récif ou une ancienne récolte de résine deviennent autant de pièces d’un même puzzle territorial.
Transmettre le patrimoine
Automne en Scène montre également que la transmission occupe une place importante dans la programmation, notamment avec plusieurs ateliers destinés aux enfants. Vitrail autour de Saint Galactoire, jardinage, fabrication de nichoirs ou encore création d’un mouton et d’un berger landais en laine cardée auxquels les plus jeunes sont invités à manipuler, fabriquer et comprendre.
Cette volonté de transmettre dépasse le seul patrimoine bâti. Elle concerne aussi les pratiques, les paysages et les savoir-faire. Elle rejoint l’histoire de figures locales comme Fernand Mauvoisin, instituteur, peintre et observateur attentif de Mimizan, dont les œuvres ont fixé sur la toile le courant, le lac ou encore le clocher.
Même la musique participe à cette mémoire collective. Fondée en 1881, La Sirène de l’Océan, présentée comme la plus ancienne société de Mimizan et l’une des plus anciennes harmonies des Landes, témoigne à sa manière de cette capacité d’un territoire à faire vivre ses traditions.
De la forêt à l’océan, du gemmage aux naufrages, du patrimoine religieux au récif sous-marin, de la photographie à la gastronomie, les rendez-vous racontent un territoire façonné par des générations d’habitants. Alors que le changement climatique questionne l’avenir du littoral, savoir comment les paysages se sont construits, comment les hommes les ont transformés et comment ils ont appris à composer avec leur environnement peut aussi aider à comprendre ce qui est en train de changer.
Sébastien Soumagnas



ASEM DR

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