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Teréga s’affirme en pivot de la souveraineté et de la décarbonation

Avec un résultat net de 108 millions d’euros en 2025 et l’accélération industrielle de sa feuille de route « GAÏA 2035 », le logisticien gazier palois transforme ses infrastructures pour accueillir l’hydrogène, le biométhane et le CO₂ au cœur des territoires.
HYDROGENE – Teréga candidat pour le 1er corridor d’hydrogène vert en EuropeTeréga
Face au déclin programmé des énergies fossiles et à l'impératif de souveraineté européenne, Teréga ne subit pas la transition énergétique : il l'orchestre.

Dans un contexte mouvant, son plan d'entreprise se veut résilient. Pour Carolle Foissaud, Présidente et Directrice Générale de Teréga : « 2025 marque un tournant dans notre plan d’action Gaïa 2035, celui du passage à l’échelle industrielle et de la concrétisation de notre feuille de route ».

Dans le paysage énergétique français, Teréga occupe une place à part. Avec ses 5 000 kilomètres de canalisations et ses deux gigantesques sites de stockage souterrain, représentant respectivement près de 16 % du réseau de transport national et 27 % des capacités de stockage stratégiques du pays, l'entreprise paloise est l'un des poumons de notre sécurité d'approvisionnement.

Malgré une baisse tendancielle de la consommation de gaz naturel en France, l'opérateur affiche une santé financière insolente, un taux de remplissage de ses capacités au sommet et, surtout, une accélération sans précédent de ses grands chantiers d'avenir.

L'exercice 2025 s'est achevé sur une note de grande stabilité économique avec un chiffre d'affaires solide de 480 millions d'euros et un bénéfice net qui s'établit à 108 millions d'euros. Ces indicateurs au vert permettent à l'énergéticien de financer, sur ses fonds propres et ses capacités d'emprunt, la mutation profonde de ses outils industriels.

Porté par la dorsale hydrogène HySoW et le mégaprojet méditerranéen H2med, le groupe palois ambitionne de devenir un hub d’énergies 100 % renouvelables et bas carbone à l’horizon 2050, grâce à la transformation de ses réseaux.

« Les résultats de l'année 2025 démontrent la solidité de notre modèle et la pertinence de notre stratégie dans un contexte qui en confirme chaque jour la nécessité. La transition énergétique repose sur un mix énergétique diversifié : les gaz renouvelables et bas carbone y ont toute leur place et sont indispensables à l'indépendance énergétique de la France. C'est cette conviction qui guide aujourd'hui Teréga et qui oriente nos investissements au service d'un avenir énergétique décarboné, souverain et ancré dans nos territoires », contextualise la PDG de Teréga.

L'excellence financière au service du grand saut vers le vert

Ce qui frappe à la lecture des comptes 2025, ce n'est pas tant la récurrence des profits que l'orientation nouvelle des capitaux. Teréga a opéré un arbitrage décisif puisque la part des investissements exclusivement dédiée à la décarbonation de ses propres installations a bondi en un ans, passant de 9 % à 15 %.

Il s'agit d'une démarche pragmatique de cohérence industrielle, validée de l'extérieur par l'agence de notation extra-financière Moody’s. Cette dernière a maintenu la note environnementale de Teréga à un excellent niveau, soit la notation NZ-3 pour Net Zero Assessment, saluant une trajectoire commerciale et opérationnelle alignée sur les ambitions climatiques de l'Accord de Paris.

Pour autant, la transition ne se fait pas au détriment des missions fondamentales du groupe. Au 1er novembre 2025, à l'aube d'un hiver particulièrement scruté sur le plan géopolitique, les réservoirs souterrains de l'énergéticien affichaient complet.

Preuve de la confiance du marché, l’intégralité des capacités de transport et de stockage pour la période 2026-2027 a trouvé preneur, tandis que près de la moitié des réservations pour l’échéance 2027-2028 est déjà bouclée.

Cet ancrage commercial sécurise l'avenir à court terme, pendant que les équipes techniques préparent activement le terrain pour les molécules de demain.

Le biométhane passe à la vitesse supérieure 

La transition énergétique chez Teréga n'est plus une simple promesse sur une plaquette institutionnelle, elle s'observe désormais au bout des champs et à la périphérie des agglomérations du Sud-Ouest. L'intégration du biométhane, ce gaz vert issu de la valorisation des déchets agricoles locaux, a franchi un cap symbolique fort en 2025.

Treize sites de production industrielle de biométhane sont désormais raccordés directement aux artères de transport de Teréga, développant une capacité installée globale de 690 GWh/an.

L'Indice de Gaz Renouvelables dans la zone Teréga culmine ainsi à une moyenne de 5,2 % sur l'année, un score bien supérieur à la moyenne nationale qui démontre le dynamisme de la filière en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.

Cependant, injecter du gaz vert pose un défi technique structurel lorsque la production locale dépasse la consommation des communes environnantes, notamment en période estivale. La réponse industrielle tient en un mot : le rebours.

En 2025, Teréga a mis en service ses trois premières installations de ce type sur les nœuds stratégiques d'Auch dans le Gers, de Nérac-Moncrabeau en Lot-et-Garonne et de Boussens en Haute-Garonne.

Ces compresseurs d’un genre nouveau permettent de récupérer le gaz renouvelable excédentaire afin de le faire remonter vers le réseau de grand transport pour l'aiguiller vers d'autres bassins industriels ou le stocker à grande échelle. L'ambition est claire : déployer 11 infrastructures de rebours d'ici 2028-2030 pour faire sauter définitivement les verrous logistiques du gaz vert. 

GAÏA 2035 : l'ère de l'hydrogène et du CO₂ industriel 

L'autre grand motif de satisfaction pour la direction de Teréga réside dans la validation macroéconomique de sa vision.

La publication récente des décrets de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie est venue confirmer le parfait alignement entre les choix stratégiques du plan d'entreprise GAÏA 2035 et la feuille de route énergétique de l’État français.

Porté par ce signal réglementaire fort, le groupe bascule désormais dans l'échelle industrielle sur les dossiers hautement technologiques de l’hydrogène vert et de la capture du dioxyde de carbone.

Côté hydrogène, le réseau européen se dessine à grands traits. Le projet BarMar / H2med, cette future canalisation sous-marine XXL devant relier Barcelone à Marseille, avance à pas de géant, avec une livraison prévue en 2032.

Actionnaire à hauteur de 16,7 % aux côtés des géants espagnols et français, Teréga voit ce projet conforté par l’Union européenne, qui a reconduit son label de Projet d’Intérêt Commun (PIC).

La structure juridique dédiée BarMar est désormais sur pied, les campagnes d’études géophysiques marines sont terminées et le tracé de la route côtière est validé. L'été 2026 marquera le lancement de la phase cruciale d’ingénierie détaillée couplée à une vaste concertation publique, pour une mise en service opérationnelle programmée en 2032.

Au niveau régional, le projet HySoW fait figure de pièce maîtresse.

Ce réseau de canalisations de 650 kilomètres est conçu pour connecter les grands pôles industriels et les ports du Sud-Ouest au grand corridor européen H2med.

En avril 2026, HySoW a décroché pour la première fois son label officiel de Projet d'Intérêt Commun européen.

Les études de faisabilité technique étant finalisées, Teréga a officiellement déposé une demande de Permis Exclusif de Recherche pour adapter ses cavités géologiques et y stocker massivement l'hydrogène de demain.

Parallèlement, la décarbonation de l'industrie lourde locale passe par la création d'une filière intégrée de capture, de transport et de stockage géologique de carbone. Là encore, Teréga tisse sa toile territoriale. En Occitanie, un projet majeur est sur les rails autour de la cimenterie de Martres-Tolosane, tandis qu'en Nouvelle-Aquitaine, un accord-cadre stratégique vient d’être paraphé avec le Grand Port Maritime de Bordeaux.

Au total, ce sont déjà 2,5 millions de tonnes de CO₂ par an qui sont contractuellement sécurisées à travers ces partenariats, positionnant le groupe béarnais comme le logisticien incontournable de la transition industrielle régionale. 

En réussissant à concilier une rentabilité financière éprouvée et une mutation technologique aussi profonde, Teréga apporte la preuve que les infrastructures historiques du gaz ne sont pas vouées à devenir des actifs obsolètes, mais constituent les fondations indispensables de notre future souveraineté énergétique.

Pour le Grand Sud-Ouest, le défi n'est plus seulement de voir passer l'énergie, mais de devenir le véritable laboratoire à ciel ouvert de la transition industrielle européenne. Reste désormais aux régulateurs à donner la visibilité nécessaire pour transformer définitivement l'essai.

Noémie Besnard

DR- Teréga

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