Abonnez-vous
Publié le

Où vivre en bonne santé en France ? Pays Basque et Béarn font la différence…

1.000 cités ont été passées au crible. Bayonne est N°1 pour les grandes villes, tandis que Pau arrive en 3e position.  Saint-Jean-de-Luz, Oloron et Orthez sont en tête pour les villes moyennes.
Où vivre en bonne santé en France ? Pays Basque et Béarn font la différence…
Qualité de l’air ou de l’eau, présence d’espaces verts, niveau de bruit, risque de canicule, prévalence de certaines maladies chroniques, espérance de vie ou encore accès aux soins... Le Figaro a comparé les données d’environ 1000 communes françaises, sur la base de 43 indicateurs.
Pau

Bayonne est classé en première position pour les villes de plus de 50.000 habitants. Elle devance Vannes en Bretagne et Pau. Toulouse est à la 41e place et Bordeaux à la 52e.
 
« Notre palmarès fait la part belle aux communes de l’ouest et du sud du pays, et tend à valoriser les villes situées en périphérie des grandes métropoles, qui combinent un accès aux soins favorable, une densité du bâti et un trafic routier plus modérés et une exposition réduite aux nuisances environnementales  souligne Le Figaro.
 
Les indicateurs mesurés reflètent donc en partie l’attractivité globale des villes. Rien d’étonnant, selon Basile Chaix, directeur de recherche à l’Inserm et à l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique. Le niveau socio-économique d’un territoire et son degré d’urbanité sont deux dimensions majeures dans les travaux qui étudient les relations entre environnement résidentiel et santé des populations. Elles « influencent de nombreux aspects comme l’accès aux soins, la pollution ou le bruit », précise le chercheur.
 
On peut illustrer cette logique par un mécanisme que les chercheurs appellent la « mobilité sélective ». Par exemple, des populations aisées, dont l’état de santé est statistiquement plus favorable, s’installent dans des villes à la recherche d’une pollution moindre, d’espaces verts, de professionnels de santé, mais aussi d’opportunités économiques ou de loisirs. Une offre (médicale, commerçante, politique) se développe à son tour pour répondre à cette demande, créant un cercle vertueux.

Bayonne

Bayonne : une accumulation de facteurs favorables

La ville basque obtient de bons résultats dans les cinq catégories. S’agissant de la thématique « Exposition aux sources de pollution », elle bénéficie d’un climat favorable propre aux zones littorales : les vents fréquents favorisent la dispersion des polluants, tandis que les pluies peuvent contribuer à réduire la concentration des particules les plus grossières ou les poussières.
 
Comme d’autres grandes villes, Bayonne n’est pas exempte d’épisodes de pollution, en particulier liés au trafic routier, aux activités industrialo-portuaires autour de l’estuaire de l’Adour et à l’ozone en période estivale. Mais les niveaux de pollution restent inférieurs à la moyenne des grandes villes du classement. Elle n’est pas non plus confrontée au même niveau d’émissions industrielles que certains grands ports de régions fortement industrialisées au Nord (Calais, Dunkerque), comme au Sud (Marseille, Fos-sur-Mer).
 
Réputée pour sa qualité de vie, Bayonne fait partie de ces villes qui attirent naturellement les professionnels de santé. C’est d’ailleurs dans le volet « Accès aux soins » que la commune fait vraiment la différence, étant très peu concernée par les déserts médicaux qui affectent d’autres territoires.

Cela ressort dans les indicateurs de densité de spécialistes étudiés : Bayonne compte environ 14 dermatologues pour 100.000 habitants dans son bassin de vie, soit plus de deux fois plus que la moyenne des grandes villes, plus de trois fois plus d’ophtalmologues, 1,7 fois plus de gynécologues, cinq fois plus de pneumologues…

Saint-Jean-de-Luz,

17 villes de l'Adour dans le palmarès des communes de 10.000 à 50.000 habitants

Saint-Jean-de-Luz, Oloron et Orthez raflent les 3 premières places de ce classement. Suivent : Biarritz (12e), Anglet (14e), Auch (15e), Urrugne (16e), Lourdes (38e), Saint-Paul-lès-Dax (60e), Billère (68e), Dax (95e), Tarnos (98e), Biscarrosse (128e), Saint-Pierre-du-Mont (240e), Lons (273e), Mont-de-Marsan (341e), et Tarbes (397e).
 
Cinq communes du 64 se hissent dans le top 20, sur les neuf classées dans le département. Elles combinent souvent un environnement relativement préservé et une offre de soins structurante. Sur le littoral, des communes comme Saint-Jean-de-Luz, Biarritz ou Anglet bénéficient, comme Bayonne, d’un climat venteux et d’une densité d’équipements de santé et de services parmi les plus élevées pour des villes de cette taille.
 
Plus à l’intérieur, des villes centres comme Oloron-Sainte-Marie ou Orthez jouent un rôle de pivot pour l’accès aux soins et aux services pour tout un arrière-pays rural : les temps d’accès à l’hôpital ou aux urgences y restent inférieurs à cinq minutes, tout en étant moins exposées aux niveaux de pollution observés dans les grandes métropoles.

Oloron

Pour l’Observatoire régional de santé de la Nouvelle-Aquitaine, ces bons résultats soulignent avant tout l’attractivité naturelle du territoire et son profil socio-économique favorable. « Il s’agit en effet du déterminant principal s’agissant de l’état de santé ou de l’accès aux soins », souligne Julien Giraud, son directeur, peu surpris que le 64 ressorte positivement. « Le département présente une situation favorable sur bien des critères : niveau de vie, scolarité, taux de pauvreté, insertion professionnelle… qui attire des populations plutôt favorisées. »
 
Sur la question de l’accès aux soins primaires, le département a lancé en 2019 le dispositif « Présence Médicale 64 », qui propose un accompagnement sur mesure (logement, intégration familiale, insertion dans une maison de santé ou un réseau de soins) des nouveaux médecins généralistes, pour rendre le territoire attractif et fidéliser les praticiens. En sept ans, il a ainsi accompagné l’installation de plus de 70 médecins dans le département, dont environ 63% en zones rurales ou de montagne. Régulièrement cité en exemple, il a d’ailleurs inspiré une mission ministérielle sur la généralisation des guichets uniques de ce type.

Commentaires


Réagissez à cet article

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire

À lire aussi