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ALERTELe Centre d’entraînement de chevaux de Pau fragilisé

Le domaine de Sers va continuer à perdre de très nombreux pensionnaires en raison des difficultés de l’écurie du mythique Jean-Claude Rouget. La fermeture totale est redoutée.
ALERTE - Le Centre d’entraînement de chevaux de Pau fragilisé
Depuis 2 ans, l’entraîneur de tous les records a été obligé de se mettre en retrait, provoquant rapidement le départ de chevaux, notamment ceux de l’Aga Khan.

Coup de massue, le 13 août 2024, les Aga Khan Studs ont alors annoncé le départ des chevaux entraînés par Jean-Claude Rouget vers le centre d’Aiglemont à Gouvieux sous l’entrainement de Francis-Henri Graffard. C’était la fin d’une collaboration de près de 20 ans durant lesquelles l’entraîneur béarnais a remporté sept Groupes 1 pour la casaque de S.A. l’Aga Khan avec notamment Valyra (Prix de Diane), Ervedya (Poule d’Essai des Pouliches, Coronation Stakes et Prix du Moulin de Longchamp) et Vadeni (Prix du Jockey Club et Eclipse Stakes).
 
Depuis, le mouvement s’est accéléré plongeant l’entreprise dans le rouge, malgré la mobilisation de Jean-René Dubosc et toute son équipe. Au point qu’aujourd’hui, l’écurie est menacée d’une liquidation judiciaire si aucun repreneur ne se manifeste.
 
En mai 2024, Jean-Claude Rouget a passé des examens médicaux qui ont permis de diagnostiquer un lymphome. Malgré une prise en charge rapide, il n’a pu reprendre son activité depuis. L’absence du réputé septuagénaire a pesé très lourd. Le retrait de plusieurs écuries a déclenché un cercle vicieux : moins de chevaux à l’entraînement, moins de ressources ; moins de partants dans les courses, moins de gains…
 
Celui que l’on surnomme « le sorcier », installé à Pau (1978) puis à Deauville, a occupé la première place du classement sur le plat, pendant plus de 30 ans, enchaînant les titres de meilleur entraîneur de courses de plat.
 
Jean-Claude Rouget a passé une barre hautement symbolique, celle des 7.500 victoires. Il s’est imposé comme le maître incontestable avec ce nombre vertigineux de succès et de trophées prestigieux : Ascot, prix de Diane et du Jockey Club, Arc de Triomphe…
 
La fermeture potentielle de cette écurie inquiète fortement les responsables du Centre d’entraînement de Sers, voisin de l’hippodrome de Pau, qui s’était installé comme N°2 en France, derrière Chantilly, avec plus de 600 chevaux et une vingtaine des meilleures écuries. Il faut savoir que celle de Jean-Claude Rouget a compté jusqu’à 250 chevaux au total, entre ses deux sites.

La saga du sorcier…

Originaire de Normandie, Jean-Claude Rouget est né en 1953 non loin du Haras de Saint-Pair du Mont, dirigé alors par son père Claude pour le compte des époux Stern. En 1967, il quitte le haras et s’installe en tant qu’entraîneur sur le tout nouveau centre de Senonnes, où son fils effectue ses premiers canters.
 
Adolescent, Jean-Claude Rouget brille davantage sur les pistes d’athlétisme (il est sacré champion de Bretagne du 1500 mètres à 19 ans) que sur les hippodromes (sa carrière de gentleman-rider sera très brève). Pourtant, c’est tout naturellement qu’il s’oriente vers le métier de son père, après avoir effectué plusieurs stages à Chantilly, chez Jean-Michel de Choubersky et Freddy Palmer, ainsi qu’en Grande-Bretagne, chez Paul Cole et Ian Balding.
 
Jean-Claude s’installe à son compte en 1978, à l’âge de 25 ans, et choisit le centre d’entraînement de Pau, qu’il a découvert en accompagnant les effectifs de son père pour le meeting d’hiver. Exerçant initialement dans les deux disciplines du plat et de l’obstacle, le jeune homme enregistre sa première victoire dès son premier partant et assoit progressivement sa domination sur tout le Sud-Ouest.

La petite entreprise de trois salariés, s’occupant de quinze chevaux, a atteint rapidement les sommets, forte de soixante collaborateurs, s’occupant du sort de 250 chevaux, de deux à trois ans d’âge, et battant record sur record. Tel celui de 7.500 courses remportées, du jamais vu dans notre pays, et seulement égalé par cinq autres entraîneurs dans le monde entier. Soit une moyenne de plus de 200 victoires annuelles pour l’écurie.
 
Gérard Mestrallet, Noël Forgeard, Michel Sardou, l’Aga Khan, François Bayrou, et une soixantaine d’autres propriétaires moins connus n’hésitaient pas à dépenser 2.300 euros par mois pour voir leurs chevaux bichonnés, entraînés et pourquoi pas gagnants. Tel Hervé Morin, l’ancien ministre de la Défense, qui louait sa vista : incité par Rouget, il avait acheté pour 40.000 euros « Literato » dans une vente de yearlings, des poulains de un an, au « papier » (pedigree) guère impressionnant, et il l’a vu remporter les Champion Stakes, à Newmarket, en Angleterre. Naturellement, il a continué à suivre les conseils de Rouget, en le vendant dans la foulée, contre un chèque de 5 millions d’euros. L’affaire de sa vie.
 
Tous nos vœux de rétablissement au « sorcier » !

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