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Le Foirail déroule une saison culturelle aux mille éclats

De septembre à janvier, la scène paloise déploie une programmation hybride de 23 rendez-vous où virtuoses internationaux et création contemporaine célèbrent le vivant.
N.B
Alors que les lampions de l’été s'éteignent doucement, le Foirail s'apprête à rallumer ses projecteurs pour une rentrée culturelle particulièrement palpitante.

Dès la semaine prochaine, la grande scène paloise affirme plus que jamais son identité pluridisciplinaire en égrenant 23 rendez-vous majeurs.

Cinéma, jazz, musique classique, théâtre et arts du cirque s'y croisent dans un dialogue permanent, transformant cet équipement phare en un véritable épicentre d'émotions partagées et de découvertes artistiques.

Pour amorcer cette nouvelle dynamique, le passage de relais entre la douceur estivale et la ferveur de la rentrée s'effectuera à ciel ouvert. Le 4 septembre à 21h30, le parvis du Foirail accueillera ainsi la projection gratuite de la comédie dramatique En Fanfare d'Emmanuel Courcol, venant clore en beauté le festival « Un été au ciné ».

Dans la foulée de cet élan populaire, Le Méliès prendra le relais à l'intérieur des salles obscures en déclinant une succession de temps forts exigeants. La programmation mettra d'abord le cap sur la Croisette à travers deux week-ends dédiés au « Retour de Cannes » (du 18 au 20 puis du 25 au 27 septembre), avant d'opérer un glissement vers la photographie du 4 au 8 novembre avec le cycle « Du clic au clap », conçu pour célébrer le bicentenaire du huitième art.

Enfin, l'épicurisme local s'invitera naturellement au menu le 20 novembre lors d'une soirée mêlant cinéma et terroir autour du documentaire Les Chaillées de l'Enfer, agrémentée d'une dégustation.

DR/ Marco Borggreve

Des envolées symphoniques au jazz

Parallèlement à ces toiles projetées, la musique s'imposera comme le cœur battant de ce premier volet de saison. Sous la baguette passionnée de Fayçal Karoui, l'Orchestre de Pau Pays de Béarn (OPPB) dessinera une trajectoire symphonique guidée par l'exploration de l'intime : le voyage s’ouvrira avec le pianiste virtuose Jonathan Fournel du 24 au 26 septembre dans « Voyage intérieur ».

Elle se poursuivra du 12 au 14 novembre avec un éclairage saisissant sur Mozart, pour s'achever du 21 au 23 janvier 2027 autour des « Échos de la nature », une rencontre au sommet entre Beethoven et la compositrice paloise Nathalie Biarnés.

Pendant que l'orchestre fera résonner ses violons, la 5e saison de Jazz à Pau répondra à cette rigueur classique par un vent de liberté et de métissage. La trompettiste Airelle Besson et le Andréa Motis Guitar Trio ouvriront les festivités les 18 et 19 septembre, cédant ensuite le témoin les 6 et 7 novembre à la chaleur afro-cubaine de Roberto Fonseca et Vincent Segal dans « Nuit parisienne à la Havane ».

L'ambiance cuivrée atteindra son paroxysme les 11 et 12 décembre lorsque le 56e Chicago Blues Festival et le guitariste Zac Harmon transporteront la salle jusqu'aux rives du Mississippi, tandis que la violoncelliste star Camille Berthollet apportera une touche d'énergie virtuose le 20 novembre.

le Ballet de l'Opéra Grand Avignon dans Prométhée de Martin Harriague
DR/ Christophe Bernard.

La poésie des corps en mouvement 

De la virtuosité instrumentale au vertige des corps, il n'y a qu'un pas que franchit audacieusement la scène conventionnée Espaces Pluriels. Le coup d'envoi chorégraphique sera donné les 15 et 16 septembre par le Ballet de l'Opéra Grand Avignon dans Prométhée de Martin Harriague, où la danse embrase le plateau sur une relecture de Beethoven.

Cette tension physique trouvera un écho tout aussi poétique dans les airs les 13 et 14 octobre avec Le Pas du Monde du Collectif XY et ses portés acrobatiques vertigineux, puis les 18 et 19 novembre grâce à la fildefériste Marion Collé dans Traverser les murs opaques.

Dans une continuité captivante, le mouvement reprendra ses droits le 24 novembre avec la fougue collective d'Olivia Grandville (En même temps), s'élancera en nouvelle année le 5 janvier 2027 avec la jeune génération réunie par Balkis Moutashar, pour finalement s'ancrer le 26 janvier dans la tradition maghrébine réinventée avec Amazigh de Filipe Lourenço. 

Le théâtre comme miroir des enjeux contemporains

Lorsque le mouvement laisse place aux mots, le théâtre dramatique prend le relais pour interroger nos trajectoires humaines avec une acuité remarquable. La comédie caustique ouvrira le bal les 3 et 4 novembre dans Dans le ventre des Cerveaux, où Emmanuelle Bercot transforme un plateau radio en terrain de dérision face au déclin de la civilisation.

Dans un contraste saisissant d'époques mais un même souci du verbe, François Morel prêtera ensuite sa verve à L'École des Femmes de Molière les 8 et 9 décembre, auscultant les rouages du pouvoir et de la jalousie.

Cette réflexion sur la condition humaine prendra une tournure sociale poignante les 16 et 17 décembre avec le huis clos ouvrier 7 minutes de Maëlle Poésy, avant de céder la place, les 12 et 13 janvier 2027, à la vénéneuse élégance de Madame de Sade de Yukio Mishima, où Stanislas Nordey dirige Mélanie Thierry au cœur d'un salon aristocratique secoué par le scandale.

Au fil de cet agenda foisonnant où les disciplines s'enchaînent avec une fluidité bienvenue, le Foirail démontre qu'il est bien plus qu'une simple salle de spectacle : une maison vibrante et ouverte sur le monde.

Entre figures incontournables et voix émergentes, cette saison 2026/2027 s'annonce comme une traversée artistique lumineuse, promettant de réchauffer l'automne et l'hiver palois à la faveur de grandes émotions partagées.

Noémie Besnard

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