Il fallait oser les réunir. D’un côté, le toro, le ruedo et les traditions taurines du Sud-Ouest et de l’autre, les cuivres, les percussions et les rythmes afro-caribéens. Depuis sa création en 1995 par François Charpentier et Pascal Dagès, Toros y Salsa cultive ce grand écart devenu sa marque de fabrique. Et après trois décennies, la formule n’a rien perdu de sa superbe.
Pendant trois jours, les arènes de Dax et le parc Théodore-Denis vivront ainsi sur deux tempos, sans jamais vraiment se tourner le dos. Les rendez-vous taurins prendront place dans les arènes, tandis que les concerts et animations du festival seront proposés gratuitement dans le parc. Corrida portugaise, corridas de prestige et Grande Finale des cocardes composeront le volet taurin d’un week-end où la fête se chargera, elle, de donner le rythme.
La salsa sort les grands cuivres
Sur la scène du parc, six formations internationales feront monter la température. Vendredi soir, Papa Orbe & Salsa Boogaloo Syndicate, entre Cuba et Espagne, ouvrira le bal à 20 heures. À 22 h 30, Luisito Rosario & La Marcha Orchestra rendra hommage à Larry Harlow.
Samedi, Valter Paiola & Joe Cuba Legacy prendra le relais à 20 heures, avant Nando Vanin et sa Fiesta Caleña Orchestra, à 22 h 30. Dimanche, Cuba Do Re Band entrera en piste à 19 h 30, suivi d’El Combo Mundial à 21 h 30, pour un hommage à Tito Rodriguez et Machito.
Une affiche qui fait voyager de Cuba à la Colombie, de Porto Rico au Venezuela, et qui revendique une salsa dura nourrie de multiples influences. Ici, les danseurs ne sont d’ailleurs pas seulement invités à applaudir, ils sont priés d'investir la piste.
Tout au long du week-end, démonstrations et initiations permettront aux néophytes de se jeter à l’eau. Salsa cubaine, salsa suelta, son cubain, cha-cha-cha ou danse du festival : Caroline Robin et Gwenaël Lavigne, qui ont représenté la France dans les championnats d’Europe et du monde, guideront les premiers pas.
Le dimanche, Madeline Rodriguez proposera notamment une initiation à la salsa suelta et au son cubain, tandis que Cathy Murcia fera découvrir la danse en ligne mixte. De quoi réviser ses pas avant de retourner au spectacle.
Remonter aux racines
Toros y Salsa ne se cantonne pas à la danse. Les ateliers musicaux proposent de comprendre ce qui se cache derrière les rythmes. Samedi, Papa Orbe racontera l’histoire du son cubain, en expliquant ses racines. Plus tard, Luisito Rosario évoquera son expérience auprès de Larry Harlow et de la Fania, tandis que Nando Vanin s’intéressera au style vocal de Cali.
Dimanche, place au guaguancó avec Valter Paiola, avant un atelier consacré à l’évolution des percussions afro-cubaines animé par Giovanni Molinari. Congas, bongós et timbales seront au cœur d’une séance qui se terminera par un jam réunissant plusieurs musiciens du festival.
Le rendez-vous entend rester une fête populaire et familiale. Vos chères petites têtes blondes n'ont pas été oubliées. Samedi et dimanche, de 12 heures à 17 heures, les enfants pourront découvrir l’univers de la course landaise et des traditions taurines à travers des animations ludiques. Encierro, vache électrique, toreo de salon et structures gonflables leur permettront de goûter à l’ambiance sans avoir à affronter le moindre véritable toro.
La gastronomie aura également son heure de gloire. Samedi, de 11 h 30 à 15 heures, les casetas s’affronteront dans un concours de pintxos mettant en avant leur créativité et les produits locaux. Le chef Alain Dutournier présidera cette compétition gourmande, dont le public pourra également apprécier les créations.
Une dernière vuelta avant l’automne
Le village de casetas prolongera la fête du vendredi soir au dimanche soir, tandis qu’un grand écran installé près de la scène permettra de suivre les concerts en direct et de revoir certains moments forts. Dédicaces, merchandising et rencontres avec les artistes compléteront le dispositif.
Avec ses concerts gratuits, ses ateliers, ses initiations, ses animations pour enfants et ses rendez-vous taurins, Toros y Salsa reste fidèle à une recette qui ne ressemble à aucune autre. La tauromachie y rencontre la salsa où chacune garde ses codes, son histoire et ses gestes, mais toutes deux partagent le goût du spectacle et de la fête.
Sébastien Soumagnas



Toros y Salsa DR
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