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Festilasai a 20 ans : La culture urbaine en roue libre à Biarritz

Du 31 juillet au 1er août, Biarritz passe en mode freestyle avec un festival qui mixe sons, couleurs et figures pour un week-end à contre-courant des formats classiques
C'est parti pour deux jours de concerts, de street-art et de skateFestilasai DR
Entre musique, street-art et skate, le festival impose son style libre où concerts, graffiti et contests s’enchaînent dans une ambiance conviviale et engagée

À Biarritz, certes on surfe sur les vagues mais pas que ! Depuis vingt ans, on ride aussi sur le bitume avec Festilasai, un festival qui a su tracer sa propre ligne entre musique, street-art et culture skate. Ici, pas de format figé ni de tempo imposé : l’événement avance en freestyle, porté par une énergie collective qui mêle sons, couleurs et figures.

« Vous nous attendiez ? On y est !!! » Le ton est donné. Pour cette édition anniversaire, les organisateurs promettent un week-end « de dingue », fidèle à l’identité originelle du festival. Les 31 juillet et 1er août, de 18 heures à 2 heures du matin, le site s’animera comme un skatepark en pleine session, où chaque discipline trouve sa place.

Un mix culturel

Les grafeurs vont s'en donner à coeur joie durant tout le week-end
Festilasai DR

Festilasai, c’est avant tout une alchimie. Celle qui fait se rencontrer les instruments des concerts, le souffle des bombes de peinture et le claquement des planches sur le béton. Une composition à plusieurs voix qui casse les codes des festivals traditionnels pour proposer une alternative plus ouverte, plus accessible.

Le projet est né de cette volonté : offrir un espace où les cultures urbaines dialoguent librement, sans hiérarchie. La musique y tient une place centrale, avec une programmation qui mêle artistes locaux, nationaux et internationaux. Chaque soir, cinq groupes se succèdent, dans le but de vous faire découvrir autant que partager.

Mais les réjouissances ne s’arrêtent pas là. Sur les murs, le street-art s’improvise en direct. Les œuvres prennent forme sous les yeux du public, évoluent au fil des heures, disparaissent parfois pour mieux renaître ailleurs. Une galerie à ciel ouvert, éphémère et vivante, où chacun peut devenir spectateur ou acteur.

À Biarritz, difficile de parler de culture sans évoquer le skate. Si la ville est souvent associée au surf, elle possède tout autant une scène skate dynamique, nourrie par des associations locales engagées. Festilasai en a fait l’un de ses piliers.

Pendant le festival, les contests s’enchaînent avec des riders toujours prêts à défier les lois de l'apensanteur. Flat, rampe ou parcours atypiques, chaque édition invente ses propres règles du jeu. L’essentiel n’est pas seulement la performance, mais l’ambiance, cette manière de partager un moment suspendu entre riders, visiteurs et passionnés. Les figures s’enchaînent, les applaudissements rythment les tricks, et la frontière entre scène et public s’efface peu à peu. Ici, le skate devient un langage, une autre façon de faire vibrer le festival.

Un esprit “lasai”

Les riders enchaînent les tricks
Festilasai DR

Le nom même du festival résume son état d’esprit. « Lasai », qui signifie « tranquille » en basque, vient tempérer l’énergie débordante des concerts et des contests. Une dualité assumée, entre intensité et lâcher-prise.

Cet équilibre se retrouve dans le Village Lasai, espace devenu incontournable au fil des années. On y vient pour souffler entre deux concerts, pour jouer, échanger, rire. Des animations y sont proposées, du célèbre concours de Xifumi aux jeux plus stratégiques, en passant par un photomaton qui capture les souvenirs.

Peu à peu, cet espace s’est ouvert à un public plus large, notamment familial. Le samedi après-midi, le festival change de tempo, ralentit le rythme pour accueillir petits et grands dans une ambiance plus douce.

Festilasai revendique une accessibilité rare dans le paysage des festivals estivaux. Avec un tarif d’entrée maîtrisé et une programmation dense, il s’adresse à tous les publics, sans distinction. Locaux, saisonniers, amateurs de musique ou de skate, chacun peut y trouver chaussure à son pied. Cette volonté d’ouverture passe aussi par une communication bilingue, en français et en basque, qui ancre le festival dans son territoire tout en l’ouvrant au monde. Une manière de faire dialoguer les cultures, là encore, sans les opposer.

Depuis ses débuts, l’événement s’appuie sur un tissu associatif solide. Né de la rencontre entre le Gaztetxe Mizanbu et le Skatepark Alai, il est aujourd’hui porté par une association autonome qui fédère une centaine de bénévoles. Un véritable collectif, où chaque membre contribue à faire tourner la machine.

Vingt ans et toujours en mouvement

Que serait Festilasai sans tous ses bénévoles ?
Festilasai DR

Au-delà de la fête, Festilasai s’inscrit dans une démarche responsable. L’événement multiplie les initiatives pour réduire son impact environnemental, du recyclage des déchets à l’utilisation de toilettes sèches, en passant par la promotion de produits locaux.

Ces engagements ne sont pas de simples effets d’annonce. Ils s’accompagnent d’actions concrètes et de partenariats avec des structures locales, qui permettent de sensibiliser le public aux enjeux écologiques. Des ateliers sont proposés, invitant les festivaliers à réfléchir tout en profitant de l’événement. Dans cette logique, le festival devient aussi un espace d’apprentissage, où la culture se conjugue avec la conscience environnementale.

À l’heure de souffler ses vingt bougies, Festilasai ne regarde pas en arrière avec nostalgie, mais avec l’envie de continuer à avancer. Comme un skateur qui enchaîne les tricks, le festival garde l’équilibre entre maîtrise et prise de risque. Son succès repose sur cette capacité à évoluer sans perdre ses origines. À rester fidèle à ses valeurs tout en accueillant de nouvelles influences. À faire cohabiter les générations, les disciplines et les publics.

Sébastien Soumagnas

Festilasai DR

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