Il y a 77 ans, des incendies géants avaient déjà traumatisé le Sud de la Gironde et le Nord des Landes. Aujourd’hui, si la situation semble stabilisée autour de Biscarrosse, Parentis et Sanguinet, les 120 km de lignes de feu entre Lacanau, Arcachon et Bordeaux sont encore hors de contrôle.
Avec l’avancée des flammes vers Cestas, la préfète de Gironde a pris un arrêté de fermeture partielle de l’autoroute A 63. Les autorités appellent les automobilistes à laisser « les routes libres » pour les secours. Quant au trafic ferroviaire, il est toujours interrompu au sud de Bordeaux, en direction de Dax et Hendaye.
Dans les Landes, ce dimanche a été mitigé. La situation a été bien fixée du côté de Biscarrosse, ce qui a permis le retour de 8.000 personnes dans leurs habitations. Inversement, sur certains secteurs le feu a repris, attisé par le vent. Au total, on estime que plus de 200 habitations détruites dans le secteur autour de Biscarrosse, Parentis-en-Born et Sanguinet.
La Gironde toujours plongée dans l’inquiétude
Plus de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes : du jamais vu. Si une belle solidarité s’est mise en place, cet exode massif pose de très gros problèmes, notamment avec les personnes fragiles
« Depuis la mi-journée, neuf nouveaux sapeurs-pompiers ont été blessés, soit 84 sapeurs-pompiers depuis le début de l’événement », a annoncé la préfecture de Gironde dans ce dimanche soir. Heureusement, « aucune victime parmi la population n’est à déplorer ».
Le retour des personnes n’aura pas lieu « tant que le feu ne sera pas fixé », a souligné la préfète, excluant aussi tout travail ce lundi dans les communes concernées. Il est redouté une possible aggravation de la situation mardi en raison de la hausse prévue des températures.
Évacué dans la nuit de samedi à dimanche, Cestas, au bord de l’A 63, est devenu stratégique pour stopper l’avancée du feu vers le sud de l’agglomération bordelaise.
La fermeture de l’A 63 a des conséquences lourdes pour le trafic routier, mais aussi pour les entreprises. Ainsi, les plateformes logistiques géantes autour de Cestas et Marcheprime (plus de 1.500 salariés), comme celles de Cdiscount et de La Poste ont été évacuées.
Par ailleurs, les activités de vacances sont suspendues en Gironde. Un arrêté précise l’interdiction « des activités des accueils collectifs de mineurs avec hébergement (colonies de vacances), des accueils collectifs de mineurs comportant au moins une nuitée (centres de loisirs) ainsi que des séjours de scoutisme comportant au moins une nuitée ».
De même, pour les « séjours de vacances adaptées organisées pour les personnes en situation de handicap ».
Une photo symbole…
Cette photo publiée par l’AFP, pris avec un iPhone a fait le tour du monde. Sous un parasol vintage Pastis 51, une scène de plage ordinaire au Moutchic, avec un couple en mode farniente, contemplant le spectacle des flammes et d’un monumental nuage de fumée noire. Les plus grands médias de la planète et les réseaux sociaux s’en sont donné à cœur joie.
Le « Grand Feu » de 1949
Il avait plongé dans l’obscurité Bordeaux et le Nord des Landes : un véritable traumatisme. Ces incendies avaient été meurtriers, faisant au total 106 morts, dont 82 sauveteurs. Le feu s’était déclenché le 19 août 1949 à Saucats, et s’était rapidement étendu autour de Cestas, Marcheprime, Mios et Le Barp.
L'incendie avait parcouru 50.000 hectares et détruit des dizaines d'habitations, des exploitations agricoles, des scieries... Il avait fallu une semaine pour le maîtriser.
Cette catastrophe avait profondément marqué toute la région. Elle avait servi de déclencheur pour renforcer et moderniser la prévention et de la lutte contre les incendies dans le massif des Landes de Gascogne.
Le 24 août 1949 avait été déclaré jour de deuil national en hommage aux victimes.





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