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Décryptage - ETA rend les armes

Ce 8 avril doit être révélée la localisation de ses arsenaux, principalement sur le territoire français. En échange d’un très hypothétique regroupement de ses 337 prisonniers au Pays basque
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Cette journée va constituer une date-clef dans la vie – et la mort – d’ETA. Dans un communiqué au Monde et à la BBC, l’organisation terroriste avait annoncé qu’elle allait révéler, ce 8 avril, les lieux où sont dissimulés ses arsenaux, sans rien exiger en échange. Le certificat officiel de sa disparition effective, avant l’annonce de sa dissolution, toujours pas programmée.

On se doute que du côté d’ETA, ou de ce qu’il en reste, on a fait un calcul : devant notre bonne volonté évidente, l’Espagne se devra à une certaine réciprocité, en regroupant les 337 étarres prisonniers (259 en Espagne, 75 en France et 3 ailleurs) dans des centres de détention situés au Pays basque ou dans ses environs. Trois juges du Tribunal constitutionnel y sont d’ailleurs favorables. Mais Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, y est toujours opposé, partant du principe qu’on ne négocie pas avec les terroristes, hier comme demain.

Il est vrai qu’on ne connaîtra sans doute jamais l’identité des auteurs de 320 assassinats, que la Police et la Garde civile n’ont pu résoudre. Quoique certaines armes qui vont être sorties des cachettes pourraient « parler », présentant des traces de doigt ou d’ADN. Mais on en doute. De plus, vingt ans après avoir été commis, ces crimes sont prescrits par la loi.

Le « groupe de Luhuso » mené par « Txetx » Etcheverry et constitué de Basques de bonne volonté annonce être déjà en possession de la liste des « zulos », les planques (toutes en territoire français) qui selon les experts devraient contenir 128 armes de poing et 2 tonnes de matériel explosif. Il veut aussi et surtout la révéler en présence de « centaines de personnes de la société civile », et sous la supervision de contrôleurs internationaux de la Commission de Vérification. Ce qui ne plaît guère aux gouvernements de Paris et de Madrid, qui redoutent un show médiatique indécent.

Signe que l’histoire que l’on raconte appartient au passé, et n’intéresse plus tellement nos voisins, lors de cette annonce, les deux grands quotidiens espagnols, El Mundo et El País, n'ont pas consacré une ligne à l’événement. ETA a vraiment perdu la guerre.

Comme l'a fait remarquer Jean Chalvidant dans L’Express, il a fallu 859 victimes pour en arriver là…

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