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Arjuzanx bientôt Réserve naturelle nationale ?

Dans les Landes, ce projet prévoit de sanctuariser 2.200 des 2.670 hectares de la réserve de chasse et de faune sauvage, réputée pour les grues cendrées qui y séjournent l’hiver...
ARJUZANX
Mi-avril, s’est achevée l’enquête publique associée au projet de classement d’Arjuzanx qui abritait jusqu’en 1992 une mine de lignite et une centrale thermique. Sauf surprise, cette réserve rejoindra d’ici un an les 3 sites landais déjà classés.

Dans les Landes, sur les 3 communes de Villenave, de Rion et de Morcenx-la-Nouvelle (laquelle englobe depuis deux ans l’ancienne commune d’Arjuzanx), s’étend un site lacustre classé depuis 1987 en réserve nationale de chasse et de faune sauvage. Un lieu qui pourrait dans l’avenir offrir l’exemple d’une reconversion réussie de friche industrielle.

À la fin des années 1950, en effet, ce site est né de l’exploitation par EDF d’un gisement de lignite pour alimenter sur place une centrale thermique et répondre aux besoins croissants en électricité. Après le déplacement de 196 millions de m3 de morts-terrains et l’extraction de 32,5 millions de tonnes de lignite, l’exploitation s’est finalement arrêtée en 1992.

« Les travaux de réhabilitation écologique et l’évolution naturelle ont donné à ce site une dimension naturelle remarquable avec des paysages fort en contraste, des habitats diversifiés et des espèces d’une exceptionnelle valeur patrimoniale. Le site est notamment devenu le plus grand site français d’hivernage des grues cendrées », expose le Syndicat mixte de gestion des milieux naturels, qui gère le site, acquis en 2002 par le Département.

Retour à la nature exemplaire…

Lesdites grues font étape sur la zone depuis les années 80, pendant la migration qui les mène traditionnellement d’Europe du Nord et d’Allemagne en Espagne ou en Afrique pour l’hiver. Désormais, elles sont nombreuses à y séjourner plus durablement, jusqu’en février. Les comptages du mois de novembre dernier recensaient plus de 15.000 individus sur place. L’animal apprécie les lacs peu profonds d’Arjuzanx, où il peut évoluer à l’abri des prédateurs terrestres. C’est son principal site d’hivernage dans l’Hexagone.

En même temps qu’un programme d’aménagement du site (avec une maison d’accueil, des sentiers de découverte, des stationnements revus, etc.), avait été déposée en 2015 une demande de classement en RNN (Réserve naturelle nationale) qui pourrait prochainement aboutir. On rappelle que le site intègre déjà le réseau Natura 2000 (depuis 2004), et qu’il est labellisé Qualité Tourisme depuis 2017. Le projet de classement prévoit la sanctuarisation de 2.200 des 2.673 hectares de la réserve, excluant ainsi le lac ouvert au public. Pour le syndicat mixte, ce classement serait « la concrétisation d’un retour à la nature exemplaire ».

Si l’on ne sait pas encore ce qu’il en sera, la procédure avance, puisque l’enquête publique, ouverte dans les mairies des 3 communes concernées, a eu lieu du 15 mars au 15 avril. Si tout se passe bien, le ministre de la Transition écologique (ou le premier ministre) prendra un décret de classement qui viendra s’ajouter à l’arrêté préfectoral protégeant déjà le site. Ce décret pourrait être pris d’ici un an, dans le meilleur des cas. Pour les habitués de la zone, la réglementation des usages sur site ne devrait pas occasionner de changement notable, selon le syndicat mixte.

Si ce classement est effectif, ce sera là une quatrième RNN pour le département des Landes après le Courant d’Huchet, l’Étang noir de Seignosse et le marais d’Orx. Dans les autres départements de l’Adour, on compte aussi les RNN de la Vallée d’Ossau (64) et du Néouvielle (65). Il existe déjà 21 réserves naturelles nationales en Nouvelle-Aquitaine, et 16 en Occitanie.

Ce nouveau classement, s’il est adopté, pourrait enfin limiter l’expansion immobilière sur la zone, où l’on aime bien les grues, mais seulement avec des ailes…

Plus d’informations sur le site internet, cliquez ici

 

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