Avec son budget annuel de 602 millions d’euros et de multiples compétences, la Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB) est forcément incontournable dans tous les grands dossiers qui conditionneront les prochaines années. Incontournable par ses responsabilités directes. Incontournable indirectement par sa présence dans de nombreuses organisations. Un pouvoir tentaculaire pas toujours facile à comprendre pour le commun des mortels.
A la veille de son 10e anniversaire, l’Agglo entre dans une nouvelle ère. Aussi, PresseLib’ Pays Basque a décidé d’apporter au plus grand nombre quelques clés pour mieux comprendre et donc pour pouvoir s’intéresser davantage à l’évolution de cette instance et à ses choix stratégiques. C’est la première étape pour favoriser une démocratie participative locale.
A l’occasion de la première réunion présidée par Alain Iriart, ce vendredi, et de l’élection des vice-présidents ainsi que des membres du Conseil permanent (voir ci-dessous), notre premier décryptage est dédié à la gouvernance de la CAPB.
La naissance de cette Communauté d’agglomération, le 1er janvier 2017, a été le fait de la volonté majoritaire des 10 communautés de communes qui couvraient jusqu’alors le Pays Basque.
Les réticents d'alors à cette fusion des communautés préexistantes craignaient une perte de « souveraineté »... Cela reste un élément fondamental qui mérite débat.
Comment préserver les pouvoirs des élus représentant les 158 communes dans une organisation administrative d’une telle dimension ? Comment favoriser une véritable participation au sein de cette instance ? Comment faire travailler les 10 bassins de vie, fondateurs de la CAPB, afin qu’ils ne soient plus de simples échelons de découpage administratif ? Comment permettre aux élus de garder une capacité de décision et d'engagement dans le principe de la subsidiarité ? C’est-à-dire de décider au plus près du besoin.
Beaucoup de questions et de défis donc. L’installation du nouvel Exécutif donnera un premier éclairage des évolutions à venir.
L’expérience montre qu’il est important d’éviter des dispositifs pouvant entraîner des effets négatifs. Prenons un exemple concret : l’attribution par la CAPB d’une enveloppe de 30.000 € de « subvention à consommer sur 6 ans » à chacune des communes, lors du dernier mandat. . Deux questions peuvent se poser : comment éviter que le maire se sente quelque part ainsi l'obligé de l’Exécutif de l’Agglo ? comment laisser aux élus locaux la liberté d’investir ces sommes dans des projets de proximité ? Alors que l’essence même de la CAPB est de travailler et réfléchir à l’échelon intercommunal, que ce soit dans les bassins de vie ou bien au niveau Pays Basque, cette aide aux communes ne devrait pas détourner les énergies du débat et du projet collectif tellement nécessaires.
Autre point clé de la gouvernance, la transparence et la clarté. Au Pays Basque comme dans toute la France, pour réconcilier le citoyen avec la politique (au sens noble, bien entendu), les différentes instances doivent instaurer une relation de confiance et retrouver de la simplicité vis-à-vis de tous.
Partout, un véritable effort de pédagogie est nécessaire. Une pédagogie sincère et non pas de communication. Dans l’équilibre nécessaire entre la côte et le Pays basque intérieur, entre les grandes zones urbaines et les territoires ruraux, il est utile de connaître la répartition du budget général de la CAPB. Comment apporter cette clarté de manière compréhensible par des non-spécialistes ? Comment, par exemple, mieux faire ressortir par territoire les investissements préparant l’avenir (activités économiques, recherche et développement…), de ceux réalisés au niveau des compétences comme les déchets, l’eau et l’assainissement ? D’autant plus que ces derniers sont couverts, de par la loi, par la facturation du service au consommateur et sont donc des investissements financés.
En 2019 déjà, 127 maires avaient exprimé une volonté d’évolution dans cet esprit. Ils avaient ainsi rédigé une contribution au projet communautaire allant dans le sens de la transparence, de l’équilibre des investissements et de l’implication des élus.
Le défi du nouveau président et de ses équipes sera de redonner du pouvoir de réflexion et d'action à chacun des élus dans son bassin de vie, avec donc sûrement une réflexion sur un projet de territoire commun, qui donnera la direction pour le mandat à venir. Là est l'enjeu d'une collectivité appelant tous ses élus à s'exprimer et à décider, depuis leur bassin de vie jusqu’à la maison commune.
Ainsi les équipes, élus et techniciens, en charge des 21 compétences dont s’est dotée la CAPB pourront s’appuyer sur une feuille de route. Tout comme pour l'artisan qui possède une belle boîte à outils, le préalable est d’avoir les plans de la maison à construire.
La décision d’Alain Iriart de se consacrer exclusivement à son mandat de président de l’Agglomération basque garantit son implication totale dans la mission qui lui a été confiée, mais aussi une disponibilité précieuse pour les élus communautaires.
Le Conseil permanent
Les élus du Conseil communautaire ont élu les membres du Conseil permanent, ce vendredi 24 avril. L'Exécutif va être complété par les délégations données par le président à ces élus.
15 vice-présidents
1ère - Anne-Marie Bruthé, maire d’Amendeuix-Oneix
2e - Eneko Aldana-Douat, maire de Ciboure
3e - Sylvie Durruty, adjointe au maire de Bayonne
4e - Daniel Olçomendy, maire d’Ostabat-Asme
5e - Florence Lasserre, adjointe au maire d’Anglet
6e - Peio Abeberry, adjoint au maire de Biarritz
7e - Fabiene Hirigoyen, maire de Mouguerre
8e - Peio Etxeleku, maire de Cambo-les-Bains
9e - Claude Olive, maire d’Anglet
10e - Antton Curutcharry, maire de Saint-Étienne de Baigorry
11e - Joseba Erremundeguy, adjoint au maire de Bayonne
12e - Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz
13e - Christelle Mange, maire de Chéraute
14e - Hervé Damestoy, maire de Mendionde
15e - Nicolas Narbey, maire de Sames
9 conseillers délégués thématiques (ordre alphabétique)
Emmanuel Alzuri, maire de Bidart
Serge Blanco, maire de Biarritz
Anthony Bleuze, adjoint au maire d’Anglet
Kotte Ecennaro, maire d’Hendaye
Nicole Etchamendy, adjointe au maire de Itxassou
Mathieu Horn, maire de Boucau
Sylvie Leuzagoyen, maire d’Ainhoa
Bénédicte Luberriaga, maire d’Ascain
Lionel Sevilla, conseiller municipal à Bayonne
10 conseillers délégués territoriaux (ordre alphabétique des Pôles)
Les candidatures des conseillers délégués territoriaux ont été proposées par les élus de chacun des 10 Pôles territoriaux et acceptées par la Présidence.
Amikuze - Éric Narbais-Jaureguy, maire de Arbouet-Sussaute,
Côte basque-Adour - Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne
Errobi - Hélène Marty-Chaleon, adjointe au maire d’Ustaritz
Garazi Baigorri - Gilbert Oçafrain, maire de Ancille
Iholdi Oztibarre - Bernard Cachenaut, maire d’Iholdy
Nive Adour - Raymond Darricarrère, maire d’Urcuit
Pays de Bidache - Laurence Massondo-Bessouat, maire de Bergouey-Viellenave
Pays de Hasparren - Isabelle Pargade, maire de Hasparren
Soule Xiberoa - Pierre Quihillalt, maire de Licq-Athérey
Sud Pays Basque - Cédric Curutchet, adjoint au maire de Guéthary






Réagissez à cet article
Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire