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DÉCRYPTAGEVers une déflagration financière ?

Plusieurs « experts » s’inquiètent de signaux qui font penser à la crise financière systémique de 2008 qui a fait trembler toute la planète. D’autres ne sont pas aussi pessimistes.
DÉCRYPTAGE – Vers une déflagration financière ?
Les crises, quelles qu’elles soient, ne se reproduisent jamais de la même manière. Elles se déclenchent sur une étincelle, un effet de surprise et prennent de l’ampleur avec un cocktail d’ingrédients tout à fait unique.

Est-on dans une bulle qui pourrait exploser ? C’est la N°3 de la Banque de France, à l’occasion de la présentation du dernier rapport de l’institution, qui vient de semer le doute concernant la dette privée. Selon Agnès Bénassy-Quéré, elle serait « en pleine expansion et relativement opaque ». Elle l’estime à 1.500 milliards de dollars, un montant assez comparable aux subprimes en 2006, ajoutant « comme ce n’est pas un marché organisé, on peut avoir le même phénomène de défiance qu’on a connu en 2008. » Cette inquiétude est partagée par d’autres spécialistes et stratégistes.
 
Inversement, d’autres considèrent que l’on ne peut pas ainsi rapprocher dettes privées et subprimes, précisant que ces derniers étaient beaucoup plus risqués car adossés à des prêts immobiliers à des ménages comportant un risque de crédit élevé. Ce qui est très différent de dettes privées réparties sur de nombreux secteurs économiques. Des voix relativise le poids de ces 1500 milliards qui ne représentent que le tiers de la capitalisation de Nvidian la star de l’IA (intelligence artificielle).

Une bulle financière dangereuse viendrait-elle alors de la tech et de l’IA ? Il faut dire que la rapidité de son développement et son immense potentiel donnent le vertige. Le patron de Google, Subdar Pichai, met en garde contre ce risque de gonflement puis d’éclatement, avec des investisseurs qui perdent la tête en se ruant sur tout ce qui touche à l’IA. Il semble évident qu’il y aura de la casse avec des entités qui vont disparaître, y compris des grosses entreprises.
 
Cela pointe une troisième bulle financière qui interroge beaucoup : l’arrivée massive de particuliers à la Bourse. Sa bonne santé attire de plus en plus et jamais autant de personnes n’ont ainsi placé leur épargne dans des produits financiers. Plusieurs phénomènes font craindre un risque majeur. D’abord, des comportements dupliqués : une majorité investit dans les mêmes entreprises, faisant grimper fortement leur cotation, puis se retire ensemble d’un même élan. Ensuite, un fort effet levier pousse certains à placer des sommes supérieures à leurs moyens réels. Résultat, en cas de baisse de la Bourse, ils vendent au plus vite : une attitude amplificatrice dangereuse.

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