À Dax, certains week-ends ont une autre saveur. Du 3 au 5 juillet, le Parc des arènes troque le chant des cigales contre celui des guitares saturées et le grondement des moteurs. Pour sa 16e édition, le Dax Motors n’ Blues Festival revient faire vibrer les Landes avec une recette qui ne cale pas, à savoir celle du blues, du chrome et d'une bonne dose d’authenticité.
« Du 3 au 5 juillet, le Parc des Arènes reprend les couleurs du blues et des chromes », annonce Stéphane Duboscq, le président du festival, comme on donne le coup d’accélérateur avant le départ. Et ici, le moteur est bien rodé.
Une mécanique bien huilée
L’histoire du DMBF démarre en 2009, sur une intuition presque évidente, à savoir réunir deux passions qui partagent le même goût de liberté, la musique et la moto. Très vite, le festival trouve sa voie, sans jamais quitter sa ligne. « Réunir dans le parc des copains, des motos et du blues », résume aujourd’hui Stéphane Duboscq, fidèle à cet esprit d’origine.
Sur scène, les riffs s’enchaînent, entre blues, rock, soul et funk. Dans les allées, les machines brillent, alignées comme des œuvres d’art. Harley-Davidson, Ducati, Triumph ou BMW se racontent en silence, pendant que les amplis parlent pour elles. Une conversation à deux temps, entre musique et mécanique.
Derrière ce festival qui attire chaque année un public fidèle, il y a une centaine de bénévoles. Une équipe qui ne lâche rien, même quand la route se fait sinueuse. « Nous sommes très fiers de pouvoir compter sur l'ensemble des bénévoles et de nos partenaires, toujours aussi motivés après 16 éditions », souligne le président.
Car le DMBF est avant tout une aventure humaine. Une histoire de passionnés qui tiennent le guidon depuis plus de quinze ans, sans jamais dévier. « Malgré les hauts, les bas et les erreurs, l'association et ses bénévoles sont toujours là, toujours sur la même ligne », insiste-t-il. Une constance qui donne au festival ce supplément d’âme, cette chaleur qui ne s’achète pas.
Trois jours pour monter dans les tours
Pour cette 16e édition, la partition promet de monter crescendo. Onze concerts sont programmés sur trois jours, avec une ouverture assumée à toutes les nuances du blues. Du groove à la soul, du rock au funk, chaque soirée joue sa propre gamme.
« Cette année encore, nous avons cherché à proposer une programmation variée autour du blues et de ses influences », explique Stéphane Duboscq. Et le tempo est donné : « Une soirée réservée aux voix féminines pour démarrer, une journée très frenchie le samedi, pour terminer sur un air de fête le dimanche. »
Parmi les artistes attendus, Greg Zlap viendra faire chanter son harmonica avec une intensité rare, tandis que Shaolin Temple Defenders promet une déferlante funk et soul digne des grandes routes américaines. Des concerts pensés comme des voyages, entre racines et modernité.
Mais ici, la musique ne reste pas cantonnée à la scène. Elle s’échappe, roule, respire. Le festival propose aussi deux balades moto à travers les Landes, comme des échappées belles entre pins maritimes et routes sinueuses.
Encadrés par l’équipe de sécurité, des centaines de motards prennent la route, traversant forêts, rivières et paysages ouverts. Une parenthèse hors du temps, où le ronronnement des moteurs, peut-être le vrombissement plutôt, devient une musique en soi. « En juillet, les motards migrent à Dax », glisse-t-on avec le sourire. Et pour cause, ici, chaque virage a un goût de liberté.
Un festival populaire qui garde le cap
Au Parc des arènes, le village Motors n’ Blues s’impose comme le cœur battant du festival. On y flâne entre motos anciennes, voitures américaines et stands dédiés à la culture biker. Chaque machine raconte une histoire, chaque détail évoque une époque.
Sous les arbres, à l’ombre, l’ambiance se veut familiale. On vient en passionné, en visiteur, en famille. On reste pour l’atmosphère. « De plus en plus de visiteurs viennent et reviennent au festival pour cette ambiance si particulière », confirme le président.
Accessible et ouvert à tous, le DMBF revendique un modèle simple. Des tarifs maîtrisés, une organisation portée par des bénévoles et une volonté intacte de rester fidèle à ses valeurs.
Depuis sa création, plus de 248 000 visiteurs ont répondu à l’appel, participant à plus de 115 concerts. Un succès qui ne fait pas perdre le sens des priorités. « Ce rendez-vous est devenu au fil des ans un événement incontournable du calendrier festif de la ville de Dax et de sa région », rappelle Stéphane Duboscq.
Toujours sur le fil, toujours en mouvement
Seize éditions, et toujours cette même envie d’avancer. Comme un biker qui garde les yeux fixés sur la route, le DMBF continue de tracer l'asphalte. « Si nous avons choisi d'ajouter ce petit personnage en filigrane, ce n'est pas un hasard. Toujours sur le fil, toujours accrochés à notre rêve d'organiser ce festival », confie le président. Un rêve qui ne s’essouffle pas, porté par une équipe qui carbure à la passion.
À Dax, le blues, au-delà d'être une musique, c’est une atmosphère, une vibration, un état d’esprit. Et quand il rencontre le monde des bikers, il prend une dimension particulière, presque viscérale. « Cette nouvelle édition promet encore de beaux moments de musique, de convivialité et de passion partagée », conclut le président. Le genre de promesse qu’on a envie de croire, moteur allumé et oreilles grandes ouvertes.
Car ici, le blues se vit, plein gaz, sur trois jours où les Landes deviennent, le temps d’un week-end, la plus belle des routes musicales.
Sébastien Soumagnas




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