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Les glaciers des Pyrénées en voie de disparition ?

La dernière étude, publiée cet été, met en lumière la forte diminution de leur superficie et de leur épaisseur sur la dernière décennie. Et la tendance ne s’est pas inversée en 2021…
Pyrénées, Glaciers,
Menée par une douzaine de chercheurs, l’étude montre que les glaciers des Pyrénées ont perdu près d’un quart de leur superficie entre 2011 et 2020. « Leur survie est menacée par le changement climatique », annoncent les spécialistes.

Coordonnée par Jesús Revuelto (Centre national de recherches météorologiques) et Ixeia Vidaller (Université de Saragosse), l’enquête publiée le 29 août dernier sur l’évolution des glaciers des Pyrénées fait beaucoup de bruit depuis la rentrée. Il faut dire que ses résultats sont particulièrement inquiétants.

Entre 2011 et 2020, la superficie totale desdits glaciers aurait ainsi diminué de 23,2%, passant de 293,9 à 229,2 hectares. Dans le même temps, leur épaisseur a aussi régressé (de 6,3 mètres en moyenne, mais jusqu’à 20 mètres pour certains glaciers), tandis que 3 glaciers sur 24 ont cessé de bouger, signe de leur disparition (le glacier étant par définition une structure naturelle mouvante).

« Bien que les conditions climatiques ne varient pas beaucoup selon les glaciers, leur évolution a été hétérogène au cours de la période d'étude. Les plus petits glaciers (<10 ha) montrent une plus grande variabilité dans leur diminution de surface et leur perte d'épaisseur alors que les 4 plus grands glaciers (>10 ha) ont une réponse plus homogène. Cela peut être attribué à l'influence généralement plus grande de la topographie locale sur la réponse des petits glaciers pyrénéens », exposent les chercheurs en introduction de leur enquête.

2021, année noire ?

En termes de taux annuel, cette régression des glaciers depuis 2011 se poursuit au rythme inquiétant observé depuis les années 1980. Pour les co-auteurs de l’étude, tous ces glaciers méridionaux « disparaîtront probablement dans les prochaines décennies ».

Bien entendu, ce n’est pas la première étude produite sur le sujet. Mais celle-ci inquiète d’autant plus qu’aucun ralentissement de la tendance n’a été observé ces dernières années malgré la prise de conscience du problème. Un problème qui viendrait moins de l’accumulation hivernale de neige sur les glaciers que de la période estivale de fonte. La neige disparaît plus vite et les glaciers sont ainsi attaqués plus tôt. En d’autres termes, ce sont bien les fortes chaleurs printanières et estivales qui sont en cause.

On notera de même qu’il y a corrélation entre altitude et régression des glaciers. Ainsi, les glaciers évoluent peu sous les 2.400 mètres, mais enregistrent des retraits d’environ 10% entre 2.400 et 2.700 mètres, et d’environ 30% au-delà des 2.800 mètres.

Malheureusement, l’année 2021 ne changera pas la donne. C’est même plutôt le contraire. Les campagnes de mesures réalisées jusqu’à ces derniers jours ne rassurent pas vraiment. Le glacier d’Ossoue, dans le massif du Vignemale, aurait perdu 2,47 mètres d’épaisseur cette année, contre 1,73 mètre en moyenne.

Le plus grand glacier des Pyrénées (après celui de l’Aneto côté espagnol) aurait ainsi perdu… 35 mètres d’épaisseur en 20 ans. Et le glacier d’Ossoue n’est pas le seul à avoir particulièrement souffert cette année. Le glacier des Oulettes de Gaube aurait aussi enregistré un « recul spectaculaire », exposait tout récemment le glaciologue Pierre René dans La Dépêche. La tendance annuelle est donc générale, et pas vraiment de nature à inverser le cours des choses…

Our découvrir l’étude sur les glaciers des Pyrénées, cliquez ici

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