Qui sont les visiteurs du 64 ? Derrière cette question, c’est tout un carnet de voyage qui se dessine. Réalisée tous les cinq ans à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, cette étude d’envergure pilotée par Ipsos BVA s’est penchée sur les habitudes des touristes ayant passé au moins une nuit sur le territoire. En Pyrénées-Atlantiques, près de 8 000 séjours ont été analysés, offrant une photographie précise des flux touristiques et des attentes des vacanciers.
Menée sur une année complète, entre novembre 2024 et octobre 2025, l’enquête s’appuie sur un large éventail de données, croisées et vérifiées avec rigueur. Questionnaires en ligne, entretiens sur site, relais des acteurs locaux : tout a été mis en œuvre pour capter au plus près la réalité du terrain. Résultat, une vision détaillée d’un territoire qui continue d’attirer, saison après saison, voyageurs en quête d’évasion.
Une escale toujours prisée
En 2025, les Pyrénées-Atlantiques confirment leur statut de destination phare, avec 4,1 millions de séjours et 24,6 millions de nuitées. Une fréquentation solide, comparable à celle de 2019, qui témoigne d’une véritable fidélité des visiteurs malgré un contexte économique loin d'être favorable. Le Béarn tire son épingle du jeu avec une progression notable, tandis que le Pays basque enregistre un léger repli, sans pour autant perdre de son attractivité.
La majorité des visiteurs reste française, mais les voyageurs étrangers gagnent du terrain, notamment venus d’Espagne, d’Allemagne ou du Royaume-Uni. Un mélange de cultures qui enrichit l’expérience touristique et confirme le rayonnement du territoire au-delà des frontières. Entre séjours en famille, escapades en couple ou parenthèses solitaires, chacun compose ses vacances à sa manière, au fil des saisons.
Avant même de poser leurs valises, les touristes tracent leur itinéraire. Le bouche-à-oreille reste un compagnon de route privilégié, tandis que les plateformes de réservation jouent un rôle croissant dans l’organisation des séjours. Pourtant, une part non négligeable de vacanciers choisit encore de partir à l'aventure sans véritable feuille de route.
Le littoral demeure la carte postale incontournable qui attire les visiteurs, suivi de près par la montagne, la gastronomie et l’art de vivre local. Au moment de réserver, beaucoup préfèrent attendre le dernier moment. Et une fois le départ acté, la voiture s’impose largement comme le moyen de transport privilégié, symbole d’une liberté retrouvée.
Un budget sous surveillance
Une fois arrivés à destination, les vacanciers prennent le temps de s’installer. L’hébergement marchand domine, notamment les hôtels et les locations meublées, mais une part importante de visiteurs privilégie les séjours chez des proches ou dans une résidence secondaire. La durée des vacances varie selon les saisons, oscillant entre courts séjours printaniers et longues parenthèses estivales.
Les activités reflètent une envie d’authenticité. Si le repos reste le maître-mot pour plus de la moitié des touristes, la randonnée, les découvertes patrimoniales et les expériences locales occupent également une place de choix. Entre plages et montagnes, chacun trouve son rythme, alternant farniente et exploration. Cette diversité d’expériences participe pleinement à l’attrait du territoire.
Côté dépenses, le 64 se distingue avec un panier moyen supérieur à la moyenne régionale. Les visiteurs consacrent une part importante de leur budget à l’hébergement et à la restauration, moteurs essentiels des retombées économiques. Toutefois, derrière cette performance se cache une réalité plus nuancée : l’inflation a un impact sur le pouvoir d’achat, et les dépenses réelles progressent moins vite que les prix.
Cette évolution invite les acteurs du tourisme à repenser leur offre, afin de maintenir l’équilibre entre attractivité et accessibilité. Les séjours en hébergement marchand, notamment à l’hôtel, restent les plus générateurs de revenus, confirmant leur rôle clé dans l’économie locale.
Une expérience qui donne envie de revenir
Au moment de quitter leur lieu de villégiature, les visiteurs repartent avec un souvenir globalement très positif. Le taux de satisfaction atteint des sommets, porté par la qualité de l’accueil, la diversité des paysages et la richesse des activités proposées. Un véritable passeport pour la fidélisation, puisque près des trois quarts des touristes envisagent déjà un retour.
Quelques points noirs subsistent néanmoins, notamment en matière de transports ou de stationnement. Des ajustements nécessaires pour améliorer encore l’expérience globale et répondre aux attentes d’une clientèle toujours plus exigeante.
Au-delà des chiffres, cette enquête met en lumière un tourisme en plein changement. La fréquentation tend à mieux se répartir sur l’année, signe d’une désaisonnalisation progressive. Une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives pour le territoire, à condition de continuer à innover et à s’adapter.
Comme le souligne Jacques Pédehontaà, président de l’ADT64 : « Ces données récentes, issues du terrain, sont de précieux outils d’aide à la décision pour tous les acteurs du tourisme, qu’ils soient publics ou privés. Poursuivons la mutation du secteur et veillons à accueillir de la meilleure des manière nos visiteurs. »
Dans ce grand concept du tourisme, le 64 semble avoir trouvé son cap. Reste à poursuivre la route, en gardant en tête l’essentiel : offrir à chaque visiteur une escale inoubliable, entre mer, montagne et art de vivre.
Sébastien Soumagnas






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