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Les aventures de Laya au Tibet

Feuilleton de l’été – Enfin le Tibet, jour 1

Le 11 Juil. 2018

Chaque jour, Laya et PresseLib’ vous invitent à voyager au cœur de ce pays au pouvoir magnétique, avec des escales en Chine, au Népal et à Dubaï… Aujourd’hui, arrivée à Beijing : pas de tout repos….

Pékin, enfin. Ou plutôt Beijing, aurait-elle du dire. Harassée par le voyage, elle se tourna vers l’un des membres du groupe. Quel jour était-on ? Vendredi, 16 heures. Eh bien ! C’était du jet-lag ou elle ne s’y connaissait pas.


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Pékin

Partie mercredi matin de chez elle, elle n’avait que de vagues souvenirs embrumés du voyage, aéroport de Mexico, aéroport de Vancouver, des fauteuils inconfortables, des heures d’attentes, les jambes trop pliées, le manque d’activité, du monde, du bruit, des formalités, des visas, et les portiques de sécurité. Ses repères dans le temps et l’espace en avaient pris un sacré coup. Ce devait être ce que le bouddhisme appelait une « réalité distordue ».

Si c’était cela l’aventure de sa vie, elle voulait être remboursée de suite ! Elle se connecta sur WeChat, palliatif forcé à la censure chinoise contre Facebook et WhatsApp. Bou diou que ça démarrait mal…


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Savoir cuisiner le canard !

Une migraine lancinante barrait son front. Elle n’aspirait qu’à une bonne douche, et à dormir. Mais dans le bus qui les conduisait à l’hôtel Marriot elle apprit que ce soir, le groupe ferait connaissance dans un restaurant où se dégustait le fameux canard laqué de Pékin, spécialité impériale à la recette secrète. Elle eut envie de crier qu’elle était végétarienne et que c’est précisément à cause d’un canard qu’elle l’était devenue, mais se retint. À Rome, vis comme les romains.

Donc, bouffe du canard si c’est au menu et ne fais pas d’histoires, ma jolie, se morigéna-t-elle intérieurement. L’autre contrariété fut de découvrir sa chambre, malgré le luxe de l’hébergement.


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Pékin

Partagée avec une compagne encore inconnue, qui avait déjà, tel un gros matou pas castré, amplement marqué son territoire. Valises éventrées, petite culotte et chaussettes fraîchement lavées qui séchaient au-dessus de la baignoire.

Cela contrastait un peu avec l’élégante distinction du lieu. Hey, tu as voulu faire un pèlerinage bouddhiste à l’autre bout du monde, cocotte, alors tu te calmes, dit la petite voix qui commençait à devenir un peu trop insistante et moralisatrice du goût de son hôte jetlaguée ou jet-larguée.


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Pékin

Quelques heures, une douche et un cachet d’aspirine plus tard, elle retrouva sa bonne humeur. Beijing, malgré ses immeubles et ses quasi 26 millions d’habitants (dixit le guide chinois), ne lui déplaisait pas. Des espaces verts, de l’eau, et quelques constructions à l’allure impériale, avec les toits en pagode, se mêlaient harmonieusement aux immeubles modernes. La ville semblait en contraste permanent, futur-passé, ébullition-calme asiatique, aurait-elle osé ajouter « rigueur communiste versus capitalisme » ?

Le tout sous un climat très chaud le jour, frais la nuit qui n’était pas sans lui rappeler les étés de son enfance dans le Sud-Ouest de la France.


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Repas gargantuesque

L’autre bonne nouvelle, c’était le canard ! Honte à son végétarisme, elle devait bien reconnaître qu’il était délicieux ! Servi avec une sauce sucrée, à base de prune, et une crêpe très fine façon « taco » mexicain, avec sa chair tendre, et la peau caramélisée, c’était absolument remarquable. Ce n’était pas tout. La multitude de plats qui se succédaient sur la table ronde étaient d’une finesse absolue. Aubergines, viandes en sauce aigre-douce, poulet aux cacahuètes, tofu en sauce au caramel, des tomates frites rapidement avec des œufs brouillés, du poisson aux cinq épices, une soupe aigre et piquante…

Longtemps cependant, les convives demeurèrent interloqués à considérer le verre d’eau chaude devant leur assiette, sans qu’aucune serveuse ne daigne y faire tremper un sachet de thé. Était-ce un rince-doigts ? Il fallut l’intervention de la guide, Ming Li, pour apprendre que l’eau chaude se buvait à chaque début de repas, pour faciliter la digestion, selon les préceptes de la médecine chinoise. On aurait pu rajouter qu’étant donné leur réseau d’eau potable, il valait mieux faire bouillir l’eau avant de songer à la boire, c’était plus sûr…


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Pékin

La soirée s’éternisa, chacun faisant connaissance. La grande majorité du groupe venait du Mexique, elle représentait la France (tu parles d’un honneur !) tandis que la Colombie, le Salvador, le Guatemala et l’Equateur avaient également envoyé un unique et remarquable ambassadeur.

Finalement, la compagne de chambre à la culotte suspendue s’avéra très sympathique et de tempérament apaisé. Surtout, elle s’excusa pour s’être ainsi étalée dans la chambre, ce qui valut pardon immédiat. Et amitié scellée.


Episode 1 :Les aventures de Laya au Tibet
Pékin

Demain, le pèlerinage commencerait pour de vrai. Il fallait se lever tôt, alors qu’on venait d’arriver, qu’il était plus de 11 heures du soir, et que le voyage depuis Vancouver avait meurtri le corps. La sensation d’épuisement venait ajouter à l’irréalité de la situation. Était-elle enfin là, ou encore dans un de ces rêves préalables au voyage ? Pékin défilait par la fenêtre de l’autobus, et le ronron du moteur comme celui de la ville qui s’endormait la berçaient doucement. Elle ignorait si elle y était ou si elle rêvassait, mais cette sensation d’être à l’autre bout du monde, complètement abandonnée à son voyage était agréable.

La voix de Ming Li qui présentait la ville et ses caractéristiques aggravaient sa somnolence. Ivre de fatigue, elle constata cependant que, malgré ses aprioris, cette ville et ce pays étaient d’abord fort agréable. À confirmer ou infirmer demain, pour l’instant, elle n’aimait que la perspective d’une bonne nuit de sommeil. Comment disait-on « bonne nuit » en chinois ? Ah oui, Wãn’ãn. Le mot même lui évoqua un bon gros bâillement.


 


Anecdotes et petits plus…

Le canard laqué : il est préparé à la cour impériale de la dynastie Ming, régnant sur la Chine entre 1368 et 1644. Il était alors rôti dans un four bois fermé. Devenu le plat favori de l’empereur Qianlong et de l’impératrice Cixi, il fut également très en vogue sous la dynastie Qing.

Pékin ou Beijing : le nom de Beijing signifie littéralement « capitale du Nord ». Les étés y sont très chauds et humides, et les hivers froids et secs. Un peu comme à New York mais encore plus marqué ! La plupart des habitants de Pékin appartiennent à l’ethnie Han, mais on peut également croiser des Mandchous, des Hui et des Mongols. Sans oublier un nombre conséquent de Coréens. La ville est le siège de l’activité politique du pays. Tous les sièges du gouvernement chinois sont ici, tout comme les ambassades de tous les pays étrangers. L’activité la plus importante de la ville est… la finance.


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