Et si tout commençait par une idée griffonnée sur un coin de carnet ? Une de ces pensées qui s’invitent sans prévenir, s’accrochent et refusent de disparaître. « C’est cette idée obsédante, résonnant dans la tête d’un rêveur, qui a été l’étincelle pour lancer cette folle aventure », confie le président de l’association Labenn’en Bulles. De cette étincelle est née une manifestation aujourd’hui bien ancrée dans le paysage culturel local.
Les 23 et 24 mai 2026, la salle de la Mairie Sport de Labenne se transforme une nouvelle fois en véritable planche vivante, où les cases débordent, où les bulles prennent la parole et où les univers graphiques s’entremêlent.
Une plongée dans les marges de la BD
Dès les premières éditions, le succès a été au rendez-vous, comme une histoire qui trouve immédiatement ses lecteurs. « Les gens ont besoin d’un exutoire, de sortir de leur quotidien, d’arrêter de jouer un rôle… », poursuit le président. Ici, le dessin devient langage, le trait devient émotion, et chaque œuvre raconte ce que les mots ont parfois du mal à exprimer.
Pendant tout le week-end, le festival déroulera ses planches avec une programmation riche : rencontres avec des auteurs, séances de dédicaces, expositions, ateliers et même concert dessiné. L’événement fait vivre, respirer, vibrer la bande dessinée.
Dans les allées, amateurs éclairés et curieux de passage croiseront des univers aussi variés que complémentaires. Du crayon minutieux de Rémi Thebault à l’expérience reconnue de Thierry Gioux, en passant par les regards singuliers de Sandra Cardona ou Solène Pitaud, chaque artiste apportera sa couleur à cette fresque collective.
Une même passion du trait
Labenn’en Bulles joue la carte de la diversité, comme un album où chaque page surprend. Auteurs confirmés et jeunes talents s’y côtoient, offrant au public une immersion dans des mondes graphiques multiples.
Au fil des rencontres, les visiteurs découvrent les coulisses de la création, échangent avec les artistes et repartent parfois avec une dédicace, ce petit supplément d’âme qui transforme un livre en objet unique. « Les arts graphiques sont un moyen d’aller chercher tout ça. Que ce soit sous forme de tableau, de graff’ ou de BD, chaque œuvre exprime une histoire », rappelle le président. Une philosophie qui se lit dans chaque stand, chaque trait, chaque échange.
Mais Labenn’en Bulles ne s’arrête pas aux tables de dessin. Le festival déborde des cases, s'anime, partage. Les ateliers permettent aux visiteurs de passer de l’autre côté du miroir, de devenir à leur tour créateurs le temps d’un instant.
Le PARCC (Pôle Artistique Créatif Contemporain), ouvert tout le week-end, prolongera cette immersion avec la présence de Thibault Tourmente, artiste, iconographe et éditeur, invitant à explorer des objets éditoriaux atypiques, entre archives et créations contemporaines.
En parallèle, les plus jeunes ne sont pas oubliés. Des actions pédagogiques seront menées en amont auprès des écoles, du collège et des structures jeunesse, pour que la passion de la bande dessinée ne reste pas confinée aux pages, mais s’invite aussi dans les salles de classe.
Une aventure collective
Derrière chaque édition, il y a une équipe, un collectif, une énergie partagée. « Mais rien ne serait possible seul », insiste le président. « C’est en discutant avec d’autres passionnés… qu’une équipe s’est constituée ».
Cette dimension collective est l’un des fils conducteurs du festival. Elle se retrouve dans les battles de dessin, véritables joutes graphiques où les artistes s'affrontent à coups de crayons, mais aussi dans les moments de convivialité qui rythment le week-end. Le samedi soir, l’histoire se prolongera hors des cases avec un concert à La Fabrik Craft Beer, une respiration musicale dans ce royaume du graphisme.
Accessible gratuitement, le festival revendique une ouverture à tous. Ici, pas besoin d’être spécialiste ou professionnel. Il suffit de pousser la porte, de se laisser transporter et d’accepter de « s’égarer dans des mondes imaginaires ou dans les méandres du subconscient d’un artiste passionné », comme le résume le président.
Au fond, Labenn’en Bulles est une parenthèse, une respiration, une invitation à ralentir pour mieux observer, ressentir et rêver. Un festival de bande dessinée vivante, où chacun peut trouver sa place, tourner une page… ou en écrire une nouvelle.
COUP DE POUCE
Outre le fait d'être un rendez-vous pour les amateurs de bande dessinée, le festival Labenn’en Bulles est une invitation à ralentir, à feuilleter autrement le monde, à rencontrer celles et ceux qui donnent vie aux traits et aux personnages.
Ici, chaque dédicace devient un souvenir, chaque échange une esquisse d’émotion, chaque atelier une porte entrouverte vers votre propre créativité. Certains y viendront par curiosité, d'autres par passion, et tous repartiront souvent avec l’impression d’avoir voyagé dans un autre monde. Gratuit, vivant, accessible et profondément humain, ce festival est de ceux qui rappellent que l’imaginaire est une richesse à cultiver. Alors, il est temps de tourner la page… et d'écrire ou dessiner votre propre chapitre à Labenn’en Bulles.
Sébastien Soumagnas





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