Du 20 au 25 mai 2026, Saint-Jean-de-Luz change de tempo et laisse entrer un vent chaud venu du sud de l'Espagne. Le temps d’une parenthèse enchantée, la cité des corsaires se pare de vert et de blanc, et fait résonner ses pavés au rythme des talons, des guitares et des palmas. Ici, la Pentecôte se danse, se chante et se vit avec intensité.
Depuis plus de trois décennies maintenant, le Festival Andalou érige un pont entre deux cultures, entre l’Atlantique et la Méditerranée, entre tradition et création. Porté par la Ville, les associations et les artistes, il incarne une fête populaire où générations et horizons se mêlent dans un même élan, comme une sevillana improvisée sur une place au beau milieu de la ville.
Un lever de rideau latino-américain
Dès le mercredi soir, la salle Tanka donne le ton avec une ouverture aux sonorités métissées. Le guitariste cubain Josué Fonseca vous gratifiera d'un jeu sensible et habité, nourri d’influences latino-américaines, jazz et classiques. Une mise en bouche musicale avant que la scène ne s’embrase sous les pas de la chorégraphe Rocío Molina.
Avec « Calentamiento », elle explore la chaleur du corps et l’éveil des sens. Sur scène, chaque geste devient langage, chaque silence une tension, chaque mouvement une étincelle. Du flamenco brut, viscéral, presque mystique.
En parallèle des spectacles, la Rotonde accueillera l’exposition « Balada Flamenca » du photographe Jean-Louis Duzert. À travers ses clichés en noir et blanc, c’est toute l’âme du flamenco qui s’expose, loin des clichés figés.
Depuis plus de trente-cinq ans, son regard accompagne les artistes, captant cet instant précis où l’émotion s'installe. Ses images ne montrent pas seulement, elles racontent, elles vibrent, elles murmurent ce fameux « duende », cette force invisible qui traverse les corps et suspend le temps.
Les casetas, le village andalou
Mais c’est au pied de la colline de Sainte-Barbe que le festival prendra toute son ampleur. Face aux flots bleus, les casetas s’installeront comme un village andalou éphémère, animé par les restaurateurs et associations luziennes.
Du vendredi soir au dimanche, ce lieu deviendra une véritable plaza vivante, où concerts et spectacles s’enchaîneront dans une ambiance chaleureuse. Les guitares s’accorderont aux rires, les danseurs entraîneront les visiteurs, et chacun pourra s’essayer à quelques pas de flamenco, entre deux tapas et un verre partagé.
Ici, la fête n’est pas un spectacle, elle est une invitation, un moment de partage. Une invitation à entrer dans la danse, à battre des mains, à se laisser porter par le rythme de l'andalousie venue faire étape à Saint Jean de Luz.
Au-delà des casetas, c’est toute la ville qui devient scène. La place Louis XIV accueillera initiations et démonstrations, les halles se transformeront en théâtre gourmand où la cuisine andalouse se dévoilera, et les rues s’animeront de spectacles improvisés.
Le dimanche matin, l’émotion atteindra son apogée à l’église Saint-Jean-Baptiste. La messe andalouse, intense et vibrante, rassemblera fidèles et festivaliers dans un moment de cérémonie solennel et intense.
Puis viendra le défilé, véritable tableau vivant. Chevaux, danseuses et costumes éclatants traverseront la ville dans un tourbillon de couleurs, rappelant les ferias du sud. Un instant hors du temps, où Saint-Jean-de-Luz semblera basculer, l’espace d’un instant, de l’autre côté des Pyrénées.
Une fête populaire
La force du Festival Andalou, au-delà de sa programmation, c’est son esprit. La quasi-totalité des événements est accessible gratuitement, permettant à chacun de pouvoir profiter de la fête.
Ici, pas de barrières, seulement des rencontres. Les générations se croisent, les cultures dialoguent, les amateurs côtoient les professionnels. Et dans ce mélange, naît une une fête authentique, où l’on vient autant pour regarder que pour ressentir.
Sébastien Soumagnas






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