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1500 COUPS DE POUCEÉcopernic, le laboratoire palois de la résilience urbaine

Au nord de la cité paloise, un éco-lotissement pionnier réinvente l'habitat urbain. Entre chantiers participatifs et gouvernance partagée, les habitants d'Écopernic prouvent que la transition écologique est avant tout une aventure humaine.
Plusieurs maisons du quartier Ecopernic à Pau.N.B
Né de la volonté de Françoise et Vincent Seger, propriétaires d'un terrain d'un peu plus de 1,3 hectare au nord de Pau (avenue Copernic), Écopernic est un éco-lotissement participatif et expérimental.

Pensé dès 2019 et entré dans sa phase active de construction, ce site propose 17 parcelles viabilisées (de 150 à 750 m²) entourant de vastes espaces partagés.

Situé à quelques encablures du tumulte de la ville, une dizaine de résidents ont fait le choix de bâtir autrement, guidées par un couple de fondateurs audacieux, Françoise et Vincent Seger, qui ont décidé de transformer leur propre patrimoine foncier en un laboratoire de la résilience urbaine.

Le site intègre un jardin et un verger collectifs de près de 1 000 m², une gestion 100 % naturelle des eaux pluviales par des noues de filtration et d’un parking collectif végétalisé.

Le long de la voie en gravier sans bitume, les chantiers s'activent au rythme des saisons. Les règles du jeu, fixées par une charte écologique rigoureuse, sont strictes mais libératrices : le béton est réduit au strict minimum, les piscines individuelles sont proscrites et les clôtures traditionnelles cèdent la place à des haies vives ou des arbres fruitiers.

Chaque chantier est soumis à des architectes, des paysagistes et des écologues, afin de minimiser l’empreinte de l’homme sur son environnement immédiat. Conçues selon les principes du bioclimatisme, les maisons capturent la moindre calorie solaire grâce à de larges ouvertures au sud et des murs de briques en terre crue qui stockent la chaleur pour la restituer la nuit.

Le traitement de l'eau y est aussi exemplaire : aucune goutte de pluie ne rejoint le réseau communal. Un système de noues paysagères et de jardins de pluie permet à l’eau de s’infiltrer verticalement et naturellement dans le sol, évitant ainsi le ruissellement et l'érosion.

Une partie du jardin partagé
N.B

Le pari réussi du collectif

L'aventure d'Écopernic repose sur l'indivision des espaces communs, ce qui implique que chaque résident est copropriétaire de la place centrale, des chemins, du parking végétalisé et de la cabane tisanerie.

Ce modèle exige de réapprendre à décider ensemble, loin de l'individualisme des lotissements classiques. L'entraide y est quotidienne, qu'il s'agisse de recouper des bottes de paille pour le chantier du voisin ou de partager les récoltes du potager et du verger collectifs.

Michel, 77 ans, a été séduit par ce mode de vie. Il s’est installé à Ecopernic il y a trois ans. « Des espaces communs sur lesquels on peut échanger, s’entraider, travailler. Il y a beaucoup d’entraide et de partage. On fait d’ailleurs régulièrement des auberges espagnoles. Mais il n’y a aucune contrainte ».

Afin de faire vibrer cette petite communauté, un groupe animation a été créé pour rythmer la vie de ce quartier pas comme les autres.

En ouvrant régulièrement leurs portes aux écoles de l'agglomération et aux curieux lors de visites organisées à la demande, les habitants ne cherchent pas à donner des leçons, mais à essaimer.

« Le modèle a évolué, ce n’est pas un schéma sans aucun nuage, mais je trouve qu’il a fait ses preuves et que ça fonctionne plutôt bien », assure Françoise Séger.

Cette aventure collective attire des profils variés, des citadins en quête de sens aux militants de longue date pour qui ce projet représente l'aboutissement d'une vie. En ouvrant régulièrement leurs portes aux écoles de l'agglomération et aux curieux, les habitants ne cherchent pas à donner des leçons, mais à essaimer.

Écopernic démontre avec douceur que la transition écologique n'est pas une somme de privations, mais une opportunité de retrouver le sens du collectif, du temps long et de la terre.

COUPS DE POUCE

Dans sa volonté continue de lutter contre l’individualisme et de favoriser la mixité sociale, l'écoquartier lance un appel pour accueillir de nouveaux habitants.

Actuellement, deux terrains viabilisés sont toujours disponibles à la vente pour concrétiser un projet de construction écologique. De plus, une maison déjà construite sera bientôt mise sur le marché pour les familles souhaitant s'installer sans attendre.

Une micro-crèche privée ouvrira ses portes en septembre 2027, à l’entrée de l’écoquartier. Le bâtiment sera en parfaite cohérence avec la charte du site, puisque la structure sera entièrement construite en bois et en fibre de bois. Cet établissement aura une capacité d'accueil de 12 enfants.

C’est l'enseigne "La Cabane des Merveilles", déjà forte de deux structures similaires à Idron et au nord de Pau, qui pilotera le projet. « Notre projet pédagogique est tourné vers le dehors, donc nous partageons beaucoup de valeurs avec cette initiative, telle que le respect de la nature, la bienveillance, le partage et l’entraide », souligne avec enthousiasme Aurélie Delmotte, la directrice. Les pré-inscriptions pour la rentrée 2027 sont d’ores et déjà ouvertes pour les parents intéressés.

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