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Un collectif de référence pour réinventer l’apiculture de demain

Soutenu par la Fondation Lune de Miel ®, basée en Béarn, l'Institut de l'abeille lance un projet de recherche collaboratif et prospectif pour imaginer les modèles économiques et techniques capables de préparer la filière française à l'horizon 2050.
Soutenu par la Fondation Lune de Miel ®, basée en Béarn, l'Institut de l'abeille lance un projet de recherche collaboratif et prospectif pour imaginer les modèles économiques et techniques capables de préparer la filière française à l'horizon 2050Magnific
Sentinelle infatigable de nos paysages, l’abeille mellifère traverse ces dernières années une zone de turbulences inédite. Entre l’appauvrissement des ressources florales et l’émergence de nouveaux prédateurs, l’apiculture française doit se réinventer pour ne pas disparaître de certains territoires.

Au cœur de cette bataille pour la biodiversité et la souveraineté alimentaire, l’ITSAP-Institut de l’abeille s’impose comme le centre d’expertise national de référence. Véritable trait d'union entre la recherche fondamentale et les apiculteurs, l’institut a pour objectif premier de structurer la recherche appliquée.

Cet organisme scientifique œuvre quotidiennement pour appuyer la filière, améliorer la santé des colonies et valider des solutions concrètes face aux pressions environnementales, tout en garantissant la performance économique des exploitations.

« L’abeille mellifère est étudiée depuis très longtemps, donc nous disposons d’énormément de données sur son mode de vie. On peut donc facilement mettre à jour des tendances et évolutions. C’est donc un échantillonneur de son environnement extrêmement pratique tant au niveau de la pollution que de la biodiversité… Les atteintes à la santé de l’abeille nous alertent sur l’impact plus global », assure Axel Decourtye, le directeur général de l’ITSAP.

En pilotant des programmes de sélection génétique, de lutte contre les parasites (comme le Varroa) et de suivi de la ressource alimentaire, l’ITSAP entend ainsi assurer la pérennité du métier d'apiculteur tout en garantissant la survie des pollinisateurs, sentinelles indispensables de notre environnement.

C’est d’ailleurs pour atteindre ce but que l’institut mène actuellement un projet de recherche, soutenu par la Fondation Lune de Miel ®. « Elle nous aide depuis des années sur nos projets, c’est un soutien essentiel, car nous avons de nombreux défis à relever dans l’apiculture. Heureusement qu’elle nous appuie régulièrement ».

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Un climat qui bouscule les cycles du vivant 

Le constat dressé par les scientifiques est sans appel : le changement climatique modifie en profondeur l'équilibre fragile entre l'insecte et son environnement. Ce dérèglement crée un décalage temporel critique où la période de butinage ne coïncide plus systématiquement avec les pics de floraison, réduisant drastiquement les ressources alimentaires disponibles.

Axel Decourtye explique que « l’apiculture est bouleversée par le changement climatique, responsable notamment de l’appauvrissement des ressources florales, de leur irrégularité, et des risques d’installation de nouveaux bioagresseurs, qui affectent directement les abeilles ».

À la raréfaction de la nourriture s'ajoute une pression sanitaire accrue. Le parasite Varroa, véritable fléau pour les abeilles, profite des hivers de plus en plus doux pour proliférer.

Habituellement, le repos hivernal de la reine permet une rupture de ponte qui sert de « vide sanitaire naturel ». Cependant, avec la hausse des températures, les reines pondent plus longtemps, empêchant les apiculteurs de contrôler efficacement l'expansion du parasite.

Explorer le champ des possibles pour 2050

Face à ces menaces, l'ITSAP fait le choix de l’anticipation. Grâce au soutien de la Fondation Lune de Miel ®, un projet de recherche ambitieux débuté fin 2025 sous l'impulsion de la doctorante Caroline Mallet et d'une équipe pluridisciplinaire associant le CNRS, l'INRAE et les Associations de Développement Apicoles régionales.

L’objectif n'est pas de prédire l'avenir, mais de construire, avec un collectif d’une cinquantaine d’apiculteurs, des scénarios de résilience pour les trente prochaines années.

Cette démarche prospective explore différents leviers technico-économiques, de la réorganisation des itinéraires de transhumance au développement du numérique et de la diversification des productions pour anticiper les crises.

Axel Decourtye précise l'ambition de cette étude : « Nous avons souhaité construire un projet qui aborde des approches prospectives, pour définir des scénarios possibles des exploitations apicoles françaises sur le temps long, en utilisant différents leviers technico-économiques innovants ».

Le projet se concentre initialement sur le Sud-Est de la France, zone particulièrement touchée par la sécheresse, pour définir, par la suite, des trajectoires d'adaptation transposables à l'ensemble du territoire national.

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Un enjeu de souveraineté et de biodiversité

La survie de l'apiculture dépasse largement la simple production de miel. L'abeille mellifère agit en pollinisant les plantes à fleurs de nos paysages, améliorant les productions de fruits et de légumes, et œuvrant pour le maintien de la biodiversité.

« Aujourd’hui, l’apiculture française est composée d’une grande diversité de profils, intermédiaires entre d’un côté des cheptels de grande taille, qui vendent leurs miels en gros à des conditionneurs, puis de l’autre, de petits cheptels, qui vendent en direct, parfois en bio et qui diversifient les produits qu’ils proposent (gelée royale, pollen, propolis…), mais qu’en sera-t-il demain ? », présente le directeur de l’ITSAP.

Sans une adaptation rapide de la filière, le risque est de voir des miels locaux disparaître. Au-delà de l'aspect environnemental, il est donc également question de souveraineté alimentaire.

En travaillant sur la médiation entre les mondes agricole et apicole, l’ITSAP cherche à instaurer un équilibre durable entre services écosystémiques et viabilité des exploitations. « Plusieurs scénarios sont déjà identifiés, tel que l’augmentation des distances parcourus par les apiculteurs lors des transhumances, la réorganisation des itinéraires, la pratique du nourrissement, un levier important pour maintenir le bien-être des colonies, et la diversification des produits et des types de miels. Grâce à ce projet de recherche, nous pourrons identifier avec les professionnels les limites de ces derniers et en expérimenter d’autres ».

L'engagement de l'institut, porté par une co-construction essentielle entre chercheurs et professionnels, vise à garantir que le métier d'apiculteur reste possible demain.

En dotant la filière d'outils prospectifs et de connaissances scientifiques solides, l'ITSAP s'impose comme le moteur indispensable d'une transition apicole capable de protéger nos sentinelles de l'environnement face aux aléas d'un monde en pleine mutation.

Noémie Besnard

La Fondation Lune de Miel ®, un soutien de poids dans la recherche

Créée en 2014 par Famille Michaud Apiculteurs à Gan, aux portes de Pau, abritée par la Fondation de France, la Fondation Lune de Miel ® est née d'un constat d'urgence face au déclin des pollinisateurs. Depuis une décennie, elle soutient des projets d'intérêt général pour préserver la biodiversité et la santé des abeilles.

Avec plus de 145 projets financés et plus d’un million d'euros investis, cette structure s'est imposée comme un acteur majeur du mécénat sur les recherches pour la préservation de l’abeille et de la biodiversité.

En savoir plus sur la Fondation Lune de Miel®

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