À Mimizan, le printemps se danse. Du 28 au 30 mars, la ville se met au rythme du flamenco, avec les Instants Flamenco qui s’inscrivent dans cette volonté de faire circuler l’art, de le faire voyager hors de ses terres habituelles pour mieux le partager.
Porté par Arte Flamenco, en partenariat avec la Ville, la Communauté de communes, le Théâtre Le Parnasse et l’association Tralala Landes, l’événement marque une nouvelle étape dans le déploiement territorial du festival. Après avoir trouvé un écho favorable du côté de Soustons, cette édition à Mimizan confirme que le flamenco sait imposer son rythme, peu importe le décor.
Le directeur d’Arte Flamenco, Lionel Niedzwiecki, souligne d’ailleurs, dans un propos rapporté, que le festival conjugue à la fois une longue histoire à Mont-de-Marsan et une dynamique plus récente tournée vers le territoire. Une manière de dire que cet art, profondément enraciné, n’en reste pas moins en mouvement.
Entre racines et création
Le flamenco, ici, ne se fige pas dans la tradition. Il se décline, se réinvente, se transmet. Xavier Fortinon, le président de l’établissement public Arte Flamenco, rappelle ainsi que la vocation est de diffuser cette culture dans toute sa diversité, en multipliant les formes, des spectacles aux expositions en passant par les stages.
À Mimizan, cette ambition trouve un terrain d’expression idéal, à savoir la place centrale de la danse dans l’histoire du Théâtre Le Parnasse. Il apparaissait donc naturel que le flamenco y fasse escale. Une escale pensée pour tous, avec des tarifs accessibles, comme le rappelle l’adjointe à la culture, afin que chacun puisse entrer dans la danse, sans faux pas.
Le programme déroule une véritable chorégraphie d’émotions. Parmi les temps forts, la présence de la danseuse sévillane Paula Comitre qui présentera une création inspirée de La Argentina, figure majeure de la danse flamenca, explorant une période parisienne où l’artiste avait réinventé les formes du spectacle.
À ses côtés, la Française Stéphanie Fuster incarne une autre facette de cette scène en mouvement. Formée à Séville et nourrie de collaborations prestigieuses, elle propose deux spectacles qui font dialoguer le flamenco avec des figures symboliques et une réflexion sur l’émancipation.
Le week-end s’ouvre également sur la restitution d’un travail mené avec des collégiens autour de l’égalité entre filles et garçons, preuve que le flamenco peut aussi devenir un outil pédagogique et social. L’association Tralala Landes, très impliquée, poursuit dans cette voie en favorisant les échanges et la proximité avec les publics, notamment les plus jeunes.
Une fête à partager
Mais les Instants Flamenco ne se regardent pas seulement, ils se vivent, se partagent. Les stages de danse, de cajón ou de découverte permettent à chacun de trouver son propre compás, de s’essayer à cet art où le corps devient instrument. Une façon de passer de spectateur à acteur, le temps de quelques pas.
Les soirées prolongent cette immersion dans une ambiance plus festive. Les bodegas s’animent, les conversations et les saveurs andalouses viennent compléter l’expérience. Comme dans toute bonne fiesta, le flamenco déborde de la scène pour envahir l’espace et rapprocher les gens.
Le bal sévillan vient sceller cette atmosphère. Les danseuses en robes de fêtes ouvrent la piste, bientôt rejointes par d’autres groupes, entraînant le public dans une ronde où chacun trouve sa place. Les participants sont invités à se laisser porter, à entrer dans ce mouvement collectif où la convivialité est de mise.
Une édition qui s’impose
Expositions, cinéma, conférences dansées, ce sont autant de rendez-vous qui viennent enrichir cette partition déjà bien rythmée. Une exposition consacrée à un grand guitariste complète notamment ce panorama artistique, ajoutant une touche visuelle à cette immersion sonore et corporelle.
Au fil de ces trois jours, Mimizan deviendra l'épicentre de la danse sévillane où se croisent les influences, les générations et les sensibilités. Les Instants Flamenco s’affirment ainsi comme un rendez-vous appelé à s’inscrire durablement dans le paysage culturel landais.
Sébastien Soumagnas






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