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1500 COUPS DE POUCEL'association Addictions se développe dans les Landes

Implantée sur le territoire depuis les années 70, c'est seulement depuis 2018 que l'antenne landaise de cette structure nationale s'est nettement agrandie. Elle a emménagé dans de nouveaux locaux en début d'année, et souhaite continuer sur sa lancée...
Une jeune femme rentre dans les locaux de l'association Addiction France à Mont-de-Marsan.Photo : Addictions France.
Partout en France, Addictions France vient en aide aux personnes qui souffrent d'une addiction, qu'elle soit avec substance ou comportementale. L'idée n'est pas d'offrir systématiquement un sevrage aux usagers de la structure, mais de leur apporter de la sécurité...

C'est en 1872 que les premières bases de ce qui est aujourd'hui Addictions France voient le jour sous l'impulsion de Claude Bernard et de Louis Pasteur. Initialement destinée à accompagner les personnes dépendantes à l'alcool, de plus en plus d'addictions sont venues se greffer au champ d'actions de l'association, comme le tabac, le cannabis, les drogues dures, les médicaments, des choses plus courantes comme l'alimentation, et même les addictions sans substances comme les jeux vidéo, les écrans, le sport, etc. « Une addiction ça peut être tout produit ou comportement ! », intervient Marlène Maysonnave, directrice des antennes landaises et béarnaises.

En même temps que son champ d'actions évoluait, l'association se développait, et est arrivée dans les Landes au milieu des années 70, du côté de Mont-de-Marsan. « C'était une toute petite équipe, ce n'est que depuis 2018 que nous nous sommes développés », poursuit la directrice qui travaille, aujourd'hui dans les Landes, avec 10 professionnels salariés de l'association. « En ce moment, nous accompagnons 650 personnes, et c'est sans compter les autres associations qui œuvrent pour la même chose que nous ». Un public très varié, de « 12 à 99 ans, et tous les horizons », précise Marlène Maysonnave.

COUP DE POUCE

Cette forte demande a poussé la structure landaise à déménager, début d'année, pour investir de nouveaux locaux, plus grands. « Malgré tout, nous manquons de moyens. Nous sommes contraints de laisser des gens sur liste d'attente, ce qui est problématique puisque lorsque les gens nous contactent, c'est qu'ils sont prêts, donc il faudrait agir vite. Il nous manque également des bénévoles pour nous accompagner, pour témoigner ». Un appel ouvert à toutes et tous, l'association opérant des entretiens pour bien sensibiliser à ses actions et à ce que les bénévoles pourraient apporter. « On leur explique le mécanisme de l'addiction, on leur montre et on leur explique les outils de réduction des risques et des dommages pour qu'ils puissent nous accompagner et les distribuer ».

Contacter Addiction France à Mont-de-Marsan

Photo : Addictions France.

Car Addictions France n'a rien d'un organisme qui vient lutter contre les produits et activités qui mènent aux addictions. « Ce n'est pas une cure de désintoxication ! On ne force pas les gens, au contraire, on suit les désirs de nos usagers pour arriver à un objectif précis. C'est un parcours individualisé et volontaire », précise la directrice, bien que quelques bénéficiaires de l'association soient obligés de se tourner vers cette dernière, notamment pour des raisons juridiques.

« Lors du premier rendez-vous, un professionnel du CSAPA fait un bilan avec la personne pour savoir quelle est son addiction, et ce qu'elle souhaite faire : est-ce qu'elle veut réduire, arrêter, est-ce qu'elle vient pour une question de sécurité, etc. ». Une rencontre qui se fait avec une infirmière, ou un travailleur social. « Ensuite, nous proposons à la personne un plan d'action en phase avec ses objectifs. Soit nous pouvons assurer le suivi en interne grâce à nos infirmiers, travailleurs sociaux, psychologues, médecins, médiatrices santé, soit nous orientons la personne vers des partenaires extérieurs. Le tout se faisant sans obligation, et si la personne le souhaite, de façon totalement anonyme ».

Cette possibilité de l'anonymat est, selon les mots de la directrice, « un confort car ce n'est pas toujours facile d'assumer une addiction ». L'addictologie est d'ailleurs largement dédiabolisée par l'association et ses deux animatrices prévention, qui n'hésitent pas à casser les préjugés péjoratifs qui collent à cette forme d'aide. « Nous mettons en place de nombreuses actions de sensibilisation et de prévention, auprès de lycéens, de collégiens, de centre médico-sociaux, de professionnels, d'entreprises, etc. L'idée c'est de leur permettre de comprendre ce qu'est une addiction, pourquoi on tombe dedans, etc. »

C'est également une façon d'aller vers les gens, d'être proactif en son domaine, comme elle l'est grâce à des consultations de proximités dans des locaux prêtés par des partenaires à Labouheyre, Mimizan, Saint-Sever, Hagetmau, Roquefort et Villeneuve-de-Marsan, ou grâce à un fourgon aménagé qui permet de déplacer les activités de l'association dans différentes communes des Landes. « Nous allons dans le Nord-Est et l'Ouest du département. L'idée c'est d'aller vers les gens, car certains ne peuvent pas se déplacer jusqu'à Mont-de-Marsan, ou ne veulent pas. Cela nous permet d'accrocher des gens qui en auraient besoin ». Cette initiative est relativement rare, puisqu'en France il n'existe qu'une autre unité mobile pour l'association, en Corrèze.

AUTRES COUPS DE POUCE

De façon plus générale, il existe des antennes d'Addictions France partout sur le Bassin de l'Adour, que ce soit dans les Landes, le Gers, le Pays basque, le Béarn, et les Hautes-Pyrénées. Et où que l'on soit, la demande est importante. « En France, l'association représente 1 600 salariés pour 900 adhérents, et accompagne plus de 85 000 personnes à l'année. C'est énorme ! ». Alors au-delà de vous impliquer personnellement dans l'association, n'hésitez pas à vous renseigner sur les addictions et sur les actions à mener pour aider un proche, ou vous venir en aide à vous-même.

Pour ce faire, nous vous invitons à relayer cet article auprès de vos contacts et via vos réseaux sociaux.

Plus d'informations sur le site de l'association Addictions France

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