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GENS D'ICIMaxime Labat remonte le temps

Depuis Azereix, l’artisan horloger devenu campaniste intervient sur la restauration de monuments historiques, beffrois, clochers et horloges d’édifices publics.
Avec sa formation d’horloger, Maxime Labat est habitué au travail minutieux sur des mécanismes particulièrement infimes. Mais depuis le début de l’année, il a choisi de se lancer seul au chevet de modèles beaucoup plus impressionnants, en créant sa propre entreprise de campaniste.

« Au début, je n’étais pas spécialement intéressé. Mais un jour, j’ai vu les aiguilles sur la façade de l’entreprise Laumaillé, et j’ai postulé en me disant que quelque part, il devait bien y avoir un lien avec mon métier. En plus, j’adore le patrimoine, et je trouve extrêmement gratifiant de maintenir en état ou faire fonctionner ces vieilles mécaniques. Il faut même les faire revivre parfois… » raconte ce Tarbais d’origine.

Fort de son expérience de plus de quinze ans de technicien puis responsable technique, Maxime ressent alors l’envie de s’installer à son compte, et ouvre L’Atelier du temps, à Azereix. Un nom délicieusement suranné, qui révèle toute sa passion à ausculter patiemment les battements de cœur de ces vieux édifices qui ont traversé les siècles, et peuvent souffrir aujourd’hui d’une défaillance au moment d’activer leurs cloches.

Je travaille comme il y a cent ans, mais avec des outils modernes car les techniques sont restées les mêmes.

« Le métier m’a plu tout de suite ; il me permet de travailler le bois, la charpente, la métallerie, l’horlogerie, les automatismes… C’est vraiment très varié. Ce que j’aime aussi, c’est partir de quelque chose de très lourd, pour arriver à un résultat très fin et précis. Je travaille comme il y a cent ans, mais avec des outils modernes car les techniques sont restées les mêmes. De plus, le cadre est extraordinaire. Les conditions de travail sont très loin de celles d’un atelier d’horloger, il faut composer avec les intempéries. Mais j’ai accès à des lieux où personne ne va, c’est fabuleux ».

Maxime, qui se déplace sur les Hautes-Pyrénées, le Gers, la Haute-Garonne, l’Ariège et les Landes, est notamment intervenu sur le bourdon de la cathédrale d’Auch, dont le battant – de 220 kilos – avait bougé.

« Une cloche ne sonne pas par hasard, il y a des choses précises à faire, des endroits précis à frapper pour l’optimiser… Et puis, tout le monde ne les utilise pas de la même façon, c’est intéressant aussi de s’adapter ».

L’artisan, qui vient de terminer la mise en route à Oueilloux d’une cloche de retour au village après avoir été rénovée à la fonderie Bollée à Strasbourg, repart vers de nouvelles aventures avec ce sentiment de fierté dans le cœur. « Quand tout fonctionne à l’arrivée, c’est vraiment gratifiant ».

Marielle Fourcade

Voir le site internet de "L'atelier du temps"

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