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Rémi Labescau, éleveur engagé, crée un label unique en France

Ils sont, avec lui, une dizaine de producteurs d'Aquitaine à s'être rassemblés pour créer, en 2020, un label dédié à un élevage bio et 100% herbe. Éleveur bovin dans les Landes, Rémi nous raconte...
Rémi Labescau et ses parents dans son champs avec ses vaches.Ferme de Libat
Unique en France, ce label est porté par les convictions fortes d'éleveurs bovins, ovins et caprins. Un positionnement qui se ressent sur la qualité des produits ensuite commercialisés.

En 2019, Rémi Labescau s'installe sur l'exploitation familiale en s'associant à ses parents, alors spécialisés dans l'élevage de poulets bios vendus en circuit court. Son souhait, c'est de faire revenir les bovins sur ce site vaste de 60 hectares installés à cheval sur les Barthes de l'Adour. « Mon grand-père avait déjà des bovins sur l'exploitation de son temps, mais c'est quelque chose que je n'avais jamais connu. Pourtant il y a tout ici : un bâtiment pour les accueillir, et de grandes prairies grâce aux Barthes. Alors en 2020 j'ai souhaité acquérir des bovins ».

C'est en pâturage que les bêtes de Rémi Labescau s'épanouissent, uniquement nourries à l’herbe. « En discutant avec d'autres éleveurs dont les techniques sont similaires, nous avons eu l'idée de créer un label pour valoriser nos engagements ». Car à cette époque, rien n'existe pour identifier un élevage 100% herbe. « Après de nombreuses réunions, nous avons été une dizaine à nous lancer dans l'aventure ».

Cette aventure, c'est donc un label déposé et construit en 12 critères qui viennent s'ajouter à une certification bio. « Il faut, entre autres, une alimentation 100% herbe pour les animaux, que ces derniers soient élevés dans de bonnes conditions, etc. On souhaite que ce label résulte de convictions personnelles de l'éleveur. Qu'il soit aussi bien engagé dans le bien-être de ses bêtes que dans la qualité de son produit, et dans l'impact écologique et énergétique de son élevage ».

Un label exigeant et engageant, portant sur des pratiques néanmoins accessibles à tous et bourré d'avantages. « Être labellisé Pâtures et Pupilles crédibilise le travail de l'éleveur. C'est un label vertueux, car pour assurer un élevage de qualité en étant le plus naturel possible, il ne suffit pas de poser ses animaux dans un champ et de revenir des mois après », plaisante Rémi Labescau.

La dizaine d'éleveurs à l'origine du projet ont monté, en même temps que le label, une association pour gérer ce dernier ; l'ADVEH. Mais la structure permet aussi l'accueil et l'accompagnement de producteurs souhaitant se convertir à un élevage Pâtures et Papilles. « Certains n'ont pas les moyens ou les connaissances pour sauter le pas, alors nous sommes là pour les aider ». Pour ceux qui seraient déjà en élevage 100% herbe, l'association est actuellement en phase de prospection d'éleveurs pour étendre son réseau à l'ensemble du pays.

Enfin, dernier avantage, celui que toi, lecteur, attends : la qualité du produit final. « Nous avons fait des études et des recherches, et nous nous sommes aperçus que la viande issue de nos élevages avait une qualité nutritionnelle optimale avec un fort taux d'oméga 3 et un meilleur équilibre en acide gras ».

Rémi Labescau, convaincu de ses engagements, comme les autres éleveurs qui composent ce label, n'est cependant pas en train de faire du prosélytisme pour imposer sa façon de faire. « Nous pouvons nous tromper. C'est pour cela que l'on travaille avec beaucoup de monde et que l'on fait beaucoup de recherches. Notre objectif c'est de tendre vers l'excellence, et cela passera forcément par des remises en question ».

Actuellement, le label Pâtures et Papilles ne valorise que les produits commercialisés en vente directe (viande et lait). L'association souhaite faire évoluer cela, en trouvant un moyen d'également valoriser les circuits plus longs (distribution, grande distribution). « On ne sait pas encore de quelle façon, si nous allons créer une marque, s'il faudra que l'on passe par certains distributeurs uniquement ou avec un seul gros distributeur, etc. Nous verrons ! ».

Et nous, nous pourrons les voir au Sommet de l'Élevage, qui se tiendra au mois d'Octobre à Clermont-Ferrand, mais d'ores-et-déjà sur nos marchés, et qui sait, peut-être bientôt chez nos bouchers ou dans nos supermarchés...

Voir le site internet de "pâtures et papilles"

farmtrotter

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