Entre les deux capitales basques, le chemin de Baztan est depuis des siècles une voie de passage. Chemin de pèlerinage vers Compostelle, il traverse cols et vallées entre Pays basque nord et sud, dans des paysages où la montagne impose bien évidemment son rythme.
Ce décor a également connu ses grandes heures cyclistes. Entre 1988 et 2013, une course s’y est disputée à 26 reprises, avant de disparaître. En 2026, l’histoire reprend donc la route avec la Baztan Race, portée par l’Aviron Bayonnais sous l’impulsion de son président Laurent Irazusta.
Le club, déjà engagé dans l’organisation d’épreuves comme la Luchon-Bayonne ou la Course du Bout de l’An, voit déjà plus grand : installer progressivement cette nouvelle épreuve comme une cyclosportive internationale de référence. Les sections cyclisme et cyclotourisme du club, pilotées respectivement par Jean-Michel Condé et Jean-Bernard Etchegoyen, apportent leur expertise à cette renaissance.
Deux parcours pour ne pas rester sur le bas-côté
Pour cette première édition, les cyclistes auront le choix entre deux itinéraires. La Baztan Real constituera le grand défi de la journée avec environ 185 km et plus de 3 000 mètres de dénivelé positif. Elle emmènera les participants sur les cols d’Ispeguy, Artesiaga, Sorogain et Erro, quatre difficultés qui devraient laisser quelques séquelles dans les mollets.
La Baztan Ona, plus courte, proposera environ 130 km pour près de 1 900 mètres de dénivelé, avec Sorogain et Erro au menu. Mais courte ne veut pas cependant dire facile et l’organisation prévient elle-même que les premiers kilomètres suffiront à mettre les organismes à contribution avant l’attaque des difficultés principales.
Deux formats, donc, mais une même philosophie : permettre à des amateurs aguerris comme à des coureurs plus expérimentés de prendre part à l’aventure.
C’est justement l’une des originalités de la Baztan Race. Ici, pas question de transformer chaque kilomètre en contre-la-montre. Les participants pourront prendre le départ librement sur un créneau d’une heure. Le classement général reposera uniquement sur les temps réalisés dans les principaux cols : quatre ascensions chronométrées pour la Baztan Real, deux pour la Baztan Ona.
Les descentes seront, elles, neutralisées afin de privilégier la sécurité. De quoi permettre aux participants de lever un peu le nez du guidon et de profiter du paysage, seuls, entre amis ou en groupe. Un classement KOM (King of the Mountain) sur l’ensemble des ascensions sera également établi pour ceux qui franchiront l’arrivée.
La formule veut ainsi mettre tout le monde d’accord : on peut chercher la performance sans pour autant transformer toute la journée en chasse au chrono.
Dans les roues du Basajaun
Sur la route, les cyclistes traverseront un Pays basque intérieur loin des images de carte postale du littoral. Le col d’Artesiaga offrira son long défi, Sorogain sa difficulté plus courte et explosive, avant qu’Erro ne constitue l’un des derniers rendez-vous avec la montagne. Puis viendra la descente vers Pampelune.
Une traversée placée sous le signe du Basajaun, figure légendaire de la mythologie basque, présenté comme le protecteur des bergers et des troupeaux. De quoi donner à cette première édition une couleur mythologique, à savoir que dans ces vallées, le vélo ne fera pas que franchir des cols, il renouera avec une histoire et un imaginaire communs aux deux versants du Pays basque.
La Baztan Race ne s’arrêtera pas au franchissement de la ligne. Le départ sera précédé, le samedi 12 septembre, par l’ouverture d’un village de partenaires avec retrait des dossards, animations et Baztan Move Expo, consacrée aux mobilités douces.
L’organisation revendique également une démarche environnementale avec un objectif zéro déchet, des ravitaillements et repas privilégiant les productions locales, ainsi qu’une attention portée à la préservation des bassins versants et à la qualité de l’eau des deux côtés de la frontière.
Le dimanche, après les départs échelonnés de Bayonne, la route conduira donc les participants jusqu’à Pampelune pour une arrivée annoncée comme festive. Une manière de transformer la frontière en trait d’union et la course en voyage.
COUP DE POUCE
Voilà une course qui mérite de retrouver sa place sur la ligne de départ ! Avec la Baztan Race, l’Aviron Bayonnais ne se contente pas de créer une nouvelle cyclosportive, il remet en selle une histoire cycliste profondément ancrée entre Bayonne et Pampelune.
Après 26 éditions disputées entre 1988 et 2013, cette traversée mythique reprend la route, offrant une belle occasion de perpétuer une tradition sportive et de transmettre aux nouvelles générations le goût de ces grandes épopées à vélo.
Alors, à tous les cyclistes chevronnés ou amateurs de beaux défis, il nous aurait été difficile de ne pas donner ce coup de pouce à la Baztan race et encourager ce retour aux sources.
Sébastien Soumagnas






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