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« Un département extrêmement riche et diversifié »

Officiellement entré en fonction ce lundi 24 août, Simon Fetet, nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques, a fait sa rentrée un peu en avance par rapport aux élèves du Département.
Simon Fetet, 44 ans, est le nouveau préfet des Pyrénées-Atlantiques.N.B
« J’ai le goût des gens, des affaires humaines, des territoires et de ceux qui les font vivre ». C'est ainsi que Simon Fetet, 44 ans, a introduit sa toute première rencontre avec la presse locale.

Arrivé à Pau le 20 août au soir, Simon Fetet a déjà eu droit à un avant-goût de la météo béarnaise. « J’ai été accueillis par la pluie et un orage, que je n’avais pas vu depuis le 30 mai », s’amuse-t-il. La pluie s’est d’ailleurs aussi invitée lors de sa prise officielle de fonction, le 24 août.

Au-delà du clin d'œil climatique, le nouveau représentant de l'État s’est rapidement immergé dans la réalité d'un département aussi vaste que contrasté. Fort de son expérience récente à la tête de la préfecture des Deux-Sèvres, il aborde ici sa deuxième nomination de préfet avec une feuille de route claire face aux multiples enjeux locaux.

« Mon objectif est d’être à la hauteur de mes prédécesseurs. Dans ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler avec beaucoup d’anciens préfets des Pyrénées-Atlantiques, notamment Julien Charles, Eric Spritz, Eric Morvan et Pierre-André Durand. A la suite de ma nomination, j’ai échangé avec certains d’entre eux. Je me suis d’ailleurs longuement entretenu avec Jean-Marie Girier, qui s’est mué en un très bon défenseur des Pyrénées-Atlantiques. Pour la petite histoire, il a même tourné une vidéo de 23 minutes digne des meilleurs agents immobiliers pour me faire découvrir sous toutes les facettes de la résidence préfectorale », confie le haut-fonctionnaire natif des Hautes-Vosges.

Entre crise agricole, tension sur le logement et reconversion industrielle, son parcours de haut niveau s'annonce déjà comme une feuille de route dessinée sur-mesure pour la région.

Enfant d'enseignants, passé par la Cour des comptes sur les questions sociales, puis par le ministère de l’Intérieur auprès de Gérard Collomb puis de Christophe Castaner. Simon Fetet dispose d’une culture de l'État d'une rare diversité.

Ce bagage technique et politique trouve dans le 64 un terrain d'application idéal. « En termes d’affaires publiques, les Pyrénées-Atlantiques sont un département extrêmement riche et diversifié. C’est la plénitude de ce qu’un haut fonctionnaire de l’État peut espérer faire dans sa vie professionnelle. On est en charge d’une multitude de sujets et on le fait, en plus, dans un des départements les plus beaux de France », confie le représentant de l'État.

Si le nouveau préfet n’a pas encore eu le temps d’entrer dans le cœur des dossiers brûlants, il confie avoir déjà pris connaissance que quelques-uns.

Mardi dernier, Simon Fetet a rendu visite aux forces de l'ordre à la frontière franco-espagnole.
Préfecture des Pyrénées-Atlantiques

« Je suis amateur de dossiers épineux »

Sur le front de la frontière franco-espagnole, Simon Fetet avance en terrain connu. Ancien directeur de l’immigration au ministère de l’Intérieur pendant trois ans, l'énarque s'est rendu dès le lendemain de sa prise de fonction sur le terrain, à la rencontre des forces de l'ordre, à la frontière franco-espagnole. « J’ai été frappé par leur professionnalisme et la mise en œuvre des instruments que j’ai moi-même conçu il y a quelques années », souligne-t-il.

Les compétences environnementales et économiques du nouveau préfet promettent également d'être rapidement sollicitées. Habitué aux arbitrages complexes autour de la gestion de l'eau et du monde paysan lorsqu'il était préfet des Deux-Sèvres, Simon Fetet prend toute la mesure de ces questions.

Il a d’ailleurs rendez-vous avec le président de la Chambre d’agriculture au cours de la semaine prochaine et se compte rapidement rencontrer les autres organisations représentatives des professions agricoles. Le cabinet du préfet planche également déjà sur l’organisation d’un comité de pilotage dédié à l’agriculture dans le mois à venir.

« L’agriculture est constitutive de l’identité d’un territoire. Peut-être ici, plus qu’ailleurs. C’est un secteur qui traverse une crise multifactorielle et qui affecte toutes les filières. C’est l’une de mes priorités », martèle-t-il, étendant cette même vigilance à la sauvegarde des services essentiels comme la Polyclinique de Navarre : « C’est un sujet d’actualité qui a surpris par sa gravité et son degré de conséquences pour le territoire. Mon objectif reste le même que mon prédécesseur : défendre l’offre de soin pour les habitants et mobiliser tous les outils à notre disposition pour sauvegarder le plus d’emploi possible. »

La task force réunit tous les acteurs pour lutter contre les difficultés de logement dans les P-A
Préfecture Pyrénées-Atlantiques

Sur la question cruciale du logement, véritable urgence sociale au Pays Basque comme en Béarn, le successeur de Jean-Marie Girier entend s'inscrire dans la continuité des travaux engagés et reprendre le chantier de la « task force » logement.

« Il n’y a pas de territoire prospère si ce territoire ne sait pas loger ses habitants. Ceux qui font vivre le territoire doivent pouvoir aussi y vivre. Mes maîtres-mots seront : pédagogie, transparence, visibilité et disponibilité », assure le haut fonctionnaire.

Côté industrie, la reconversion du bassin de Lacq trouve elle aussi un écho particulier dans sa trajectoire professionnelle. Son passé de secrétaire général de la préfecture du Nord, où il a géré la mutation du grand port de Dunkerque, lui apporte le recul nécessaire.

« J'ai quelques expériences en termes de gros dossiers industriels. Je trouve celui du bassin industriel de Lacq assez remarquable, d’anticipation et d’ambition. Il m’a fortement impressionné sur le papier et j’ai hâte de le découvrir. »

L'ampleur des tâches à accomplir ne semble pas l’effrayer outre mesure, bien au contraire. Ce fin connaisseur des rouages gouvernementaux, passé par le cabinet du ministère de l'Intérieur et la Cour des comptes, affiche une sérénité assumée.

« Je suis amateur de dossiers épineux », glisse dans un sourire celui qui a piloté les urgences sanitaires du Covid-19 en étant au cœur de la machine gouvernementale.

Alors que le temps des consultations et de la prise de contact avec les différents acteurs locaux se poursuit, Simon Fetet aborde ses nouvelles fonctions avec une ambition claire : mettre son expertise au service direct d'un territoire exigeant. Le chantier est vaste, mais les armes sont affûtées.

Noémie Besnard

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