Longtemps perçu comme un territoire dynamique et préservé, le Pays Basque n’échappe pourtant pas aux tensions qui fragilisent l’économie contemporaine. Vagues de chaleur à répétition, sécheresses qui pèsent sur l’agriculture, infrastructures menacées, littoral sous pression… les alertes ne relèvent plus de la prospective mais du réel. Une étude récente menée par le CEREMA pour la Communauté d’Agglomération Pays Basque a mis en lumière la vulnérabilité croissante du territoire, tant sur le plan climatique que sur celui des capacités d’adaptation.
Le diagnostic souligne notamment une forte exposition aux vagues de chaleur, des risques élevés sur l’eau potable, l’élevage et les productions végétales, ainsi qu’une façade littorale particulièrement menacée par la submersion marine et l’érosion du trait de côte. Pour les entreprises locales, ces constats ne sont plus abstraits. Ils interrogent directement la pérennité des modèles économiques, des chaînes d’approvisionnement et, au bout du compte, des emplois.
Dans ce contexte, continuer comme avant aurait tout d’un mauvais calcul. Le coût de l’inaction, largement documenté à l’échelle mondiale, se chiffre déjà en centaines de milliards d’euros en Europe et en France. À l’inverse, investir dans la transition apparaît de plus en plus comme un placement rentable, capable de générer des économies, de réduire les risques et d’ouvrir de nouveaux marchés. C’est précisément sur ce terrain que la Convention des Entreprises pour le Climat propose aux dirigeants de changer la donne.
Une première à l’échelle d’un bassin de vie
Créée en 2020, la Convention des Entreprises pour le Climat est une association d’intérêt général qui accompagne les dirigeants dans la refonte de leurs modèles d’affaires à l’horizon de dix ans. Son ambition est d'aider les entreprises à concilier performance économique, respect des limites planétaires et impact social positif. En s’appuyant sur les travaux de scientifiques, d’experts et de praticiens, la CEC ne vend ni recettes miracles ni discours hors-sol. Elle propose un cadre exigeant, fondé sur l’intelligence collective et la coopération entre pairs.
En quelques années, plus de 1 500 entreprises, tous secteurs confondus, se sont engagées dans cette démarche à l’échelle nationale. En Nouvelle-Aquitaine, elles sont déjà 140, dont 25 au Pays Basque. Autant d’organisations qui ont accepté de regarder leurs impacts en face et de tracer une feuille de route crédible pour les réduire, voire les transformer en leviers d’innovation.
Le parcours CEC Bassin de Vie Pays Basque, qui démarre le 10 mars avec une soirée de lancement, marque une étape supplémentaire. Pour la première fois, la démarche est déployée à l’échelle d’un bassin de vie, au plus près du tissu économique local. « Le Pays basque est exposé aux aléas climatiques, les entreprises du territoire savent qu’elles doivent s’emparer de ces enjeux pour mieux anticiper et ne pas subir les conséquences des transformations. Face à la complexité de ces enjeux, elles ont compris qu’il ne fallait pas être seules », observe Aurèle Gaüzère, pilote du programme.
Porté par des alumni de la CEC, ce format inédit répond à une double ambition : rendre le parcours plus accessible aux dirigeants de TPE et PME, et favoriser l’émergence de coopérations concrètes entre acteurs d’un même territoire. Pendant six mois, plus de trente organisations locales, représentant plus de soixante personnes, travailleront ensemble pour repenser leur cap stratégique à dix ans. À ce jour, il reste encore une dizaine de places disponibles pour rejoindre la cohorte, une opportunité pour les entreprises qui souhaitent passer de l’intention à l’action, sans perdre de temps ni d’énergie en déplacements lointains.
Diriger autrement
Le parcours s’adresse à des dirigeants et dirigeantes qui viennent accompagnés d’un binôme, conscients que la transformation ne peut reposer sur une seule tête. Conférences inspirantes, cercles de pairs animés par des coachs et facilitateurs, ateliers de travail, bref tout est conçu pour aider les participants à identifier leurs interdépendances, à questionner leur raison d’être et à construire une trajectoire compatible avec les enjeux climatiques et sociaux.
Aurèle Gaüzère insiste sur cette dimension collective : « Notre équipe est pleinement impliquée dans la réussite de ce projet. Nous allons porter une dynamique auprès de dirigeants basques qui font le choix de mettre leurs entreprises en mouvement pour réconcilier enjeux économiques, sociaux et environnementaux, construire la résilience de leurs modèles d’affaires et du territoire, et impulser des coopérations locales. » Une philosophie qui fait écho aux motivations exprimées par les dirigeants déjà engagés dans le parcours.
Dans l’agroalimentaire, certains assument une volonté d’exemplarité et de projection à long terme, cherchant à « anticiper les conséquences du changement climatique et réduire ses impacts au maximum ». D’autres, au début de leur réflexion, voient dans la CEC « un formidable point de départ » pour structurer une démarche RSE encore émergente. Côté industrie, l’enjeu est de « mettre la technologie au service de la vie, de la sobriété et de la résilience des territoires », tandis que dans le transport, la recherche d’une feuille de route claire apparaît essentielle face à un secteur à fort impact et à des mutations technologiques rapides. Même constat dans le tourisme, où l’avenir du territoire est indissociable du lien, du partage et de la collaboration entre acteurs locaux.
Tous partagent néanmoins un même constat, à savoir que la transition écologique n’est plus un sujet périphérique, mais un élément central de la stratégie d’entreprise. La CEC agit ici comme un accélérateur, capable de transformer des intentions dispersées en trajectoires cohérentes et assumées.
Un territoire à protéger pour préserver l’économie
Au-delà des entreprises, c’est bien l’avenir du Pays Basque qui se joue en filigrane. L’économie locale dépend étroitement de la qualité de ses ressources naturelles, de son attractivité et de la vitalité de ses filières historiques. Agriculture, transport et habitants concentrent l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre du territoire, mais aussi une large part de son activité économique. Agir sur ces secteurs, c’est donc investir directement dans la robustesse du bassin de vie.
Le programme de la CEC s’inscrit ainsi pleinement dans les orientations du Plan Climat Air Énergie Territorial adopté par la Communauté d’Agglomération Pays Basque. Il contribue à combler un constat mis en avant par le CEREMA : la transition écologique reste encore insuffisamment intégrée aux politiques d’urbanisme, de santé et de mobilité. À l’échelle du bassin de vie, la CEC entend apporter une réponse concrète à ces enjeux. « Notre programme du parcours CEC à l’échelle du bassin de vie du Pays basque participe à apporter une réponse aux enjeux territoriaux des générations actuelles et futures », résume Aurèle Gaüzère.
COUPS DE POUCE
Ils sont déjà plus de 1 500 dirigeants, partout en France, à avoir mis leur entreprise sur les bons rails en rejoignant la Convention des Entreprises pour le Climat. Aujourd’hui, le Pays Basque s’apprête lui aussi à enclencher la bonne vitesse. Le parcours CEC Bassin de vie Pays Basque démarre le 10 mars et il reste encore une dizaine de places à saisir, sur les 30 prévues au total, pour les entreprises locales prêtes à investir dans un avenir plus robuste, plus désirable et surtout plus durable.
Dotez-vous d’un accompagnement structurant pour repenser votre modèle économique à long terme, renforcer la résilience de votre activité et créer de la valeur autrement, en phase avec les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du territoire.
Rejoindre la CEC, c’est accepter de ne plus jouer en solo, de croiser ses idées avec celles d’autres dirigeants et de transformer les contraintes climatiques en leviers stratégiques. Pour les entreprises qui sentent que le statu quo n’est plus une option, les candidatures sont ouvertes et se font directement en ligne sur le site de la CEC, rubrique Parcours, icône Pays Basque.
Sébastien Soumagnas
Contacter la responsable recrutement Claire Pinatel : Mail
Ou encore rendez-vous pour le petit déjeuner à Villefranque chez Castel le mardi 3 février à 8h30.






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