Abonnez-vous
Publié le

1500 COUPS DE POUCEQuand le féminisme place le social au cœur de la fête

Du 28 au 30 août, le Le Festival HÉBÉ! investit l’Auberge Landaise de Mont-de-Marsan pour trois jours de débats, de créations, de rencontres et de fête.
Le Festival HÉBÉ!,  le rendez-vous féministe landais à Mont de MarsanGabrielle - Studio Majoa
Pour sa sixième édition, le rendez-vous landais place les services publics et la dignité au cœur des réflexions, avec une question en toile de fond : comment continuer à faire société dans un monde où tout semble pouvoir se privatiser ?

Peut-on encore faire une société sans services publics ? Et surtout, quelle place les luttes féministes peuvent-elles prendre dans cette réflexion ? Du 28 au 30 août, le festival HÉBÉ! invite à poser ces questions à l’Auberge Landaise, au cœur du parc Jean Rameau à Mont-de-Marsan. Pour sa sixième édition, le rendez-vous féministe landais choisit un thème particulièrement social : « Services publics et dignité : regards féministes croisés ».

Derrière cette formule se dessine la tension entre capitalisme et service public, entre privatisation et défense de ce qui doit rester accessible à toutes et tous. Mais HÉBÉ! veut aussi interroger les moyens d’action. La grève, outil historique des luttes sociales, est-elle toujours aussi efficace ? Existe-t-il d’autres manières de se mobiliser, de résister et de construire ?

Plutôt que d'apporter des réponses toutes faites, le festival entend ouvrir des espaces de discussion.

Quand le service public devient une question de dignité

Tous les sujets trouvent leur place dans les conversations et ateliers
Gabrielle - Studio Majoa

Éducation, santé, justice, prison, médias, environnement... pendant trois jours, les grands sujets de société seront passés au crible féministe. La Sécurité sociale de l’alimentation, la loi sur la fin de vie, la Palestine ou encore les violences policières trouveront également leur place dans les conversations et ateliers.

Le samedi, une discussion s’intéressera ainsi à l’avenir du service public de l’éducation et à la possibilité de « transmettre dans la dignité ». Le dimanche, une autre interrogera le care et la manière de « prendre soin en féministe ». Entre les deux, HÉBÉ! proposera notamment de réfléchir aux médias et aux représentations, à la justice et au traitement pénal des violences sexistes et sexuelles.

Une programmation dense, mais pensée pour ne pas réserver la réflexion politique aux spécialistes. Le festival se veut intergénérationnel, inclusif et accessible, avec des propositions adaptées aux enfants comme aux adultes.

Divers ateliers sont proposés aux festivaliers
Gabrielle - Studio Majoa

Car HÉBÉ! n'entend surtout pas organiser trois jours de colloque. La réflexion passe ici par les mots, mais aussi par les mains, les corps et la fête. Des ateliers permettront de pratiquer la linogravure féministe antifa, de construire des utopies handies, de travailler autour de l’autodéfense médicale ou encore de réécrire des chansons.

Les enfants ne sont pas oubliés, avec lectures, maquillage, ateliers créatifs et « premiers chants militants ». Une manière d’assumer pleinement la dimension familiale du rendez-vous et de faire de la transmission une affaire collective.

Et puis il y aura la scène. Vendredi soir, le festival ouvrira grand les portes du cabaret queer, entre drag, stand-up, chant et karaoké géant. Samedi, les concerts de Planète Boum Boum puis de Saccage Nocturne prolongeront la soirée. Dimanche, La Mana donnera le dernier concert avant une performance collective intitulée « Faire corps ».

Le programme fait ainsi cohabiter le sérieux des débats et la légèreté nécessaire pour souffler. Parce que, chez HÉBÉ!, militer ne signifie pas nécessairement renoncer à la joie.

Un village pour faire vivre les luttes

La fête fait aussi partie du Festival HÉBÉ!
Gabrielle - Studio Majoa

Tout au long du week-end, l’Auberge Landaise se transformera également en petit village féministe. Associations, collectifs et militants pourront présenter leurs engagements. Un marché de créatrices féministes, un vide-dressing, des tatouages, une bibliothèque, une tombola, un stand de réduction des risques ou encore des espaces de jeux et d’activités libres compléteront le dispositif.

Le festival accueillera également des expositions, dont Présence, de Graines&co, et Chroniques de l’injustice ordinaire, d’Ana Pich. La librairie La Lanterne accompagnera pour sa part les rencontres littéraires et les séances de dédicaces.

Cette multiplicité, c'est la marque de fabrique d’HÉBÉ!. Le festival se définit depuis sa création comme un espace communautaire féministe, imaginé depuis les Landes et nourri par une réalité particulière, à savoir celle d’une ruralité où les questions d’accès aux soins, aux services, à la culture ou aux mobilités prennent une résonance particulière.

L’accès au festival est entièrement gratuit. Les organisatrices proposent toutefois une participation à prix libre, sous forme de don, afin de contribuer à la pérennité de l’événement.

Certains ateliers affichés complets en ligne disposeront également de quelques places sur place, tandis que d’autres propositions resteront accessibles sans réservation. Une organisation qui traduit la volonté affichée de maintenir un événement ouvert au plus grand nombre.

Derrière HÉBÉ!, il y a enfin une association et surtout une équipe de bénévoles, dont l’investissement permet au festival d’exister. Une façon assez concrète de mettre en pratique le sujet de cette sixième édition : faire collectif, prendre soin et construire ensemble.

Du 28 au 30 août, HÉBÉ! proposera donc bien plus qu’un festival féministe. Ce seront trois jours pour discuter de ce qui fait société, questionner ce qui nous est commun et, surtout, faire corps sans perdre le goût de la fête.

COUP DE POUCE

À celles et ceux qui ont envie de réfléchir sans rester assis trois jours sur une chaise, HÉBÉ! mérite le détour. On peut y venir pour écouter, débattre, découvrir une exposition ou rencontrer des associations, mais aussi simplement pour profiter d’un concert, d’un cabaret queer, d’un atelier ou d’un moment convivial.

L’édition 2026 s’annonce particulièrement riche, avec les services publics et la dignité comme fil conducteur, mais sans jamais perdre de vue l’idée que la réflexion gagne à être partagée dans la bonne humeur.

L’accès est entièrement gratuit, avec une participation libre à celles et ceux qui souhaitent soutenir le festival. Et les familles ont toute leur place, avec une programmation destinée aux enfants tout au long du week-end. Alors, que l’on soit déjà convaincu, néophyte ou simplement à la recherche d’un événement différent pour finir l’été, HÉBÉ! qu'attendez-vous pour vous y rendre ?

Sébastien Soumagnas

Commentaires


Réagissez à cet article

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire

À lire aussi