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DU CÔTE DE CHEZ PROUSTAnne Etchegoyen, une voix, une femme, un pays

En intimité et en vérité, Anne a accepté de se prêter au jeu du Questionnaire de Proust. Sûr que vous allez ainsi la découvrir sous un angle que vous n’auriez jamais soupçonné.
Anne Etchegoyen marchant sur une plage
Anne Etchegoyen. Faut-il encore présenter la chanteuse basque ? Mais peut-être, en exil sur une île déserte du bout du monde, ou sur une navette spatiale, avez-vous quelques lacunes à son propos ? C’est avec la gentillesse et la simplicité qui la caractérisent qu’elle a accepté de répondre à nos questions les plus indiscrètes.

« Les choses n’ont que la valeur que je leur donne » est sa sage devise. Anne ne lâche jamais rien, ce qui va bien avec sa qualité avouée de ténacité. Elle aime le bleu et le noir, même si sa fleur préférée est la rose, va comprendre, Charles ! L’hirondelle fait toujours son printemps, et Anne lui voue une tendresse particulière. On y verra un lien de cause à effet avec le documentaire Ainarak auquel elle a récemment participé (hirondelles, en basque ; voir dans l’encadré).

Amour et humour riment ensemble, elle le revendique comme sa qualité préférée chez un homme. Tandis que les femmes devront avoir le sens de la parole donnée. Il faut avouer qu’elle a placé la barre haut, côté standards féminins, avec des héroïnes comme Malala Yousafzai, l’activiste pakistanaise symbole de la lutte pour l’éducation des jeunes filles. Ou l’avocate et féministe Gisèle Halimi, sans oublier la grande Simone Veil.

Si vous voulez l’énerver, justement, ne respectez pas un engagement, ou déresponsabilisez-vous ! « C’est pas moi, c’est l’autre », très peu pour elle ! D’ailleurs, de ses amis, elle attend la fidélité. Mais elle leur pardonnera facilement un excès de générosité, aspect qui ne constitue pas vraiment un défaut à ses yeux. De son côté, elle concède un aspect insatiable, et une tendance à manquer de confiance.

Si tant est qu’il y ait des creux dans son agenda chargé, c’est alors direction le canapé pour voir des films ou des séries, position « vautrée ». Sa préférence ira à Hubert Bonnisseur de La Bath alias OSS 117, ou aux exploits vocaux de Yeimi, dans La Reina del Flow, on se demande pourquoi on n’est pas surpris !

Son plus grand rêve de bonheur est simple : son fils, une plage, la montagne pas loin, et de bons produits à déguster. Euh, ben, ce serait-t-y pas la parfaite définition du Pays basque, alors ? J’ai gagné ou quoi ? Et son plus grand malheur, n’y pensons même pas, serait de ne plus voir son fils.

Quant à elle, serait-elle trouillarde ou sage quand elle concède vouloir mourir en dormant ? Mais en attendant, au cours de cette vie, ce qu’elle voudrait être, c’est simple, basique et d’une flagrante évidence : elle-même. Quel grand défi !

La chanteuse n’est jamais loin, qui rêve du don de l’oreille absolue. La surprise vient de ses compositeurs favoris : Noa, Simon and Garfunkel, Cat Stevens. Et si le départ s’impose, ce sera vers l’Hegoalde, à Saint-Sébastien (ça va, c’est pas trop loin) ou carrément au pays des Gauchos, en Argentine. ¡Zarpado!

Les prémices d’une belle histoire

« Je suis née au Pays basque intérieur, à Saint-Palais. J’ai commencé à chanter à 8 ans dans la chorale d’enfants du village. Puis, à 17 ans, je suis entrée au Conservatoire de Bayonne où j’ai suivi des cours de chant classique pendant deux ans, juste pour acquérir les bases. Ensuite, ce fut le Conservatoire de Bordeaux, la participation à une comédie musicale en Soule, de Pier-Pol Berçaitz, mes premiers concerts, la découverte de l’Argentine, ma rencontre avec le Chœur Basque Oldarra, puis Aizkoa… »

Le succès

« En 2006, j’ai créé ma boîte de production, Otentik Productions. De là, sont parues mes premières productions, concerts et albums. Dont Les Voix Basques avec le choeur Aizkoa en 2013, qui fut disque d’or. »

Des concerts à la pelle, au Pays basque et ailleurs, dans les plus belles salles, de l’Olympia à l’Esplanade du Guggenheim, en passant par le Kursaal ou le Casino de Paris… Liste non exhaustive.

Si la pandémie a stoppé la promotion de son album Emazte (Universal/Decca), elle a pu au moins travailler et finaliser le documentaire Ainarak (Hirondelles, en basque) qui raconte l’histoire de ces jeunes filles et femmes des vallées navarraises et aragonaises qui traversaient les Pyrénées à pied pour rejoindre Mauléon afin de travailler dans les usines d’espadrilles.

« Je travaille en équipe, je compose une partie de mes chansons et revisite aussi certains titres populaires basques. »

Au programme cet été :

« L’été 2022 s’annonce bien avec la 5ème édition du Festival des Châteaux Basques et du Sud-Ouest que nous produisons depuis le début. Et cet été, de nouveaux châteaux : Abbadia, Brindos, Mesples, Laballe… Ainsi que des invités de grand talent comme, entre autres le guitariste Jean-Marie Ecay ou le pianiste Gérard Daguerre.

Dans l’immédiat, je serai en concert (intimiste, voix/guitare), dans la belle église rénovée de Poyartin, dans les Landes, le 21 mai prochain. »

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Vous avez aimé La Casa de Papel ? Découvrez Raquel (Itziar Ituño) et Anne, dans un duo poignant au nom des femmes, No es No/Ez da Ez.

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