Fichiers Excel accumulés au fil des ans, consignes éparpillées sur des conversations WhatsApp, logiciels isolés qui ne communiquent pas entre eux… Dans beaucoup de TPE et PME, la gestion quotidienne ressemble à un casse-tête organisationnel.
Si ce bricolage informatique permet de dépanner un temps, il finit inévitablement par alourdir la charge de travail des équipes et entraîner la perte d'informations précieuses.
C’est précisément pour mettre fin à ce bazar du quotidien qu’est née la start-up Brickcode. Fondée en janvier 2026 par Guillaume Baysset et Morgan Peyre, rejoints ensuite par Louis Hounilh et appuyés par une équipe de développeurs indépendants, l'entreprise entend redonner de l'air aux structures locales.
La genèse de cette aventure remonte à un an et demi et repose sur une expérience partagée par les fondateurs, issus de la même école d'ingénieurs à Poitiers. « Dans notre parcours, nous avons été amenés à travailler dans de grands groupes, tels que Safran ou Renault, mais aussi dans de petites PME », se remémore Guillaume Baysset.
C'est en observant ce grand écart opérationnel que le déclic s'est produit. « On s’est fait la réflexion que dans ces dernières, on manque d’outils en interne pour faciliter les tâches quotidiennes, ce qui fait perdre beaucoup de temps aux salariés », raconte-t-il.
Pour y remédier, pas question de vendre un logiciel catalogue lourd, impersonnel et auquel l'entreprise devrait s'adapter. Le trio opte pour la démarche inverse : devenir un bureau d'études externalisé.
Brickcode s'immerge sur le terrain, observe comment les équipes travaillent au quotidien et conçoit des outils réellement adaptés.
Des « briques » interconnectées et une IA comme assistant
La méthode Brickcode s'appuie sur des modules simples et évolutifs, les fameuses « briques ». Qu'il s'agisse de gestion de planning, de devis ou de suivi du temps, chaque brique répond à un besoin précis et vient remplacer les vieux tableurs.
« Notre objectif, c’est de créer une brique pour répondre à chaque besoin et ensuite de les interconnecter entre elles pour former ce qu’on appelle le "cerveau digital" de l’entreprise », détaille Guillaume Baysset.
Centralisée, la mémoire de la structure redevient accessible. Pour franchir un cap supplémentaire, un assistant virtuel doté d'intelligence artificielle vient analyser l'ensemble de ces données pour générer des rapports et guider les équipes.
Les résultats concrets ne se font pas attendre. Dans le secteur du BTP, par exemple, un client perdait un temps précieux à calculer manuellement ses besoins en isolants ou en placo. « On leur a créé un outil leur permettant de les calculer automatiquement, en rentrant seulement les dimensions de la pièce concernée », illustre le cofondateur.
Proximité, flexibilité et ambitions de croissance
S'installer à la technopôle Hélioparc en novembre 2025 s'est imposé comme une évidence. « On recherchait un environnement avec une coloration un peu Tech et start-up. Ce choix s’est imposé de lui-même et nous bénéficions d’un accompagnement pour définir nos choix stratégiques, notamment pour accélérer notre croissance », explique l'ingénieur.
Mais malgré ces perspectives d'accélération, la jeune entreprise préserve son approche humaine et pragmatique. Pour lever le frein financier des entreprises, l'abonnement démarre à 170 euros par mois sans engagement.
Quant aux appréhensions techniques, le nouvel assistant IA en cours de développement prendra bientôt par la main les utilisateurs pour leurs premiers pas.
« On veut rester dans un premier temps à l’échelon local, car notre plus-value réside dans notre compréhension des attentes de nos clients et leurs freins au sujet de l’intelligence artificielle, souligne Guillaume Baysset. C’est donc important de rencontrer nos clients dans leur environnement. Puis on pourra grandir dans un second temps ».
Comptant déjà six clients, la start-up paloise vise la barre de la centaine d'entreprises accompagnées d'ici fin 2027. La preuve qu'en remettant l'écoute et le sur-mesure au centre, la transformation numérique des PME devient enfin une réalité accessible.
Noémie Besnard
COUPS DE POUCE
Pour un chef d'entreprise de TPE ou PME, consacrer plusieurs heures par semaine à de la saisie manuelle, à des calculs répétés ou à la recherche de documents perdus n'est plus une fatalité.
Si la transition numérique effraie souvent par sa complexité et son coût, l'approche de Brickcode prouve qu'une alternative existe : démarrer progressivement, par de petites avancées concrètes et adaptées aux réalités du terrain.
Sans bouleverser les méthodes de travail de l'entreprise ni engager de budgets colossaux, intégrer un « cerveau digital » permet d'éliminer les tâches chronophages pour recentrer les équipes sur leur cœur de métier et le développement de leur activité.



N.B
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