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La ligne Pau-Orly toujours dans la plus grande incertitude

Alors que la liaison Tarbes-Orly poursuit sa trajectoire ascendante avec la compagnie Volotea, le Syndicat mixte béarnais relance un appel d’offres bien moins ambitieux, au grand dam des habitants et des entreprises locales.
La ligne Pau-Orly toujours dans la plus grande incertitude
On rappelle qu’après de longues et tendues négociations avec leurs voisins bigourdans, pour obtenir une OSP (obligation de service public) commune, les élus en charge de la plateforme paloise n’ont guère avancé.
Aéroport de Pau

Alors que Tarbes-Lourdes n’a eu aucun mal à confirmer son opérateur Volotea, poursuivant sa progression sur cette liaison, Pau a dû se contenter d’un accord transitoire avec Amelia, seule compagnie à vouloir se mettre sur les rangs. Une solution provisoire qui a seulement permis d’éviter une nouvelle fermeture de la ligne.

Résultat le nouvel appel d’offres a diminué de moitié ses ambitions, ne visant plus que 6 liaisons aller-retour hebdomadaires : une chaque jour de la semaine et une seul pour le week-end (le dimanche). Plus inquiétant encore, le minimum de passagers par an est fixé à moins de 50.000, au lieu de 120.000. On comprend le mécontentement qui continue de monter autour de la chute vertigineuse de l’activité de l’aéroport Pau Pyrénées.

Plus le temps passe, plus la situation de la plateforme béarnaise devient critique. Ce qui contraste singulièrement avec celle de Tarbes-Lourdes et celle de Biarritz. D’autant plus que, globalement, les aéroports français souffrent et sont à la traîne par rapport à l’évolution constatée dans la plupart des pays européens.

L’Union des aéroports français pointe notamment les augmentations de la Taxe de solidarité sur les billets d’avions (TSBA) et du Tarif de sûreté et de sécurité (T2S), instaurées par la loi de finances pour 2025. En alourdissant le coût de touchée, elles incitent les compagnies aériennes, en particulier low-cost, à se détourner des aéroports français, notamment des petits aéroports régionaux.

Une descente vertigineuse…

Il est très loin le temps où Pau pouvait se vanter d’avoir passé le cap des 800.000 voyageurs. C’était il y a 18 ans. L’année dernière, l’aéroport béarnais n’avait enregistré que 236.678 passagers : une misère ! Il avait encore enregistré une chute à deux chiffres par rapport à 2024, se retrouvant en queue de peloton des aéroports de l'Hexagone : 32e sur 37.

Clairement, les élus béarnais à la tête du Syndicat mixte propriétaire de l’aéroport de Pau Béarn n’ont pas su anticiper les évolutions du trafic et trouver des compensations à la chute des trajets d’affaire. Ils ont également fait des mauvais choix, lourds de conséquences, au niveau des compagnies aériennes, en se laissant enfermer dans une spirale très négative avec la filiale d’Air France, Transavia. Et, rien n’est encore véritablement résolu.

A l’inverse, Tarbes a réussi sa métamorphose en trouvant un accord très dynamique avec la compagnie low-cost espagnole, Volotea. Cette dernière a installé une de ses bases françaises en Bigorre et développe efficacement de nombreuses lignes. Elle a affiché sa volonté de poursuivre ses investissements sur Tarbes-Lourdes, assurant déjà 6 lignes en plus de celle avec Paris-Orly : Lisbonne, Rome, Naples, Palerme, Catane et Strasbourg.

Résultat, Tarbes-Lourdes est devenu le 19e aéroport français avec 576.401 passagers en 2025, soit 2,4 fois le trafic enregistré à Pau. En quelques années, la plateforme bigourdane a rattrapé sa voisine béarnaise (qui était loin devant) et l’a distancée largement. La comparaison avec 2019 est spectaculaire : Tarbes-Lourdes a enregistré une progression de +23,6% quand Pau subissait une chute de -60,9%.

De son côté, Biarritz était classé 16e aéroport français en 2025 avec 935.404 passagers, soit près de 4 fois le trafic constaté sur Pau. La plateforme se maintient en exploitant bien l’attractivité touristique de la côte basque. Elle a affiché une hausse de +1,9% par rapport à 2024, mais n’a pas encore retrouvé son niveau de 2019 (-12,3%).

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