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L’Hospitalité Basco-Béarnaise fait vivre la joie chez les personnes les plus fragiles

Du 18 au 21 septembre dernier, cette organisation remarquable a accompagné 400 personnes âgées, malades ou en situation de handicap à Lourdes. Rencontre avec le père Philippe Haristoy.
NC – Diocèse 64 DR
Quatre jours de célébrations, de rencontres et de joie partagée, rendus possibles par près de 900 hospitaliers, 200 lycéens et une trentaine d’enfants. Ce rendez-vous annuel est bien plus qu’un pèlerinage : une expérience humaine qui se prolonge tout au long de l’année.
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Il y a les gestes que l’on vient accomplir à Lourdes, et ceux que l’on reçoit en s'y rendant. Du 18 au 21 septembre dernier, l’Hospitalité Basco-Béarnaise a accompagné quelque 400 personnes âgées, malades ou en situation de handicap pour son pèlerinage diocésain annuel. À leurs côtés, près de 900 hospitaliers, 200 lycéens et une trentaine d’enfants et d’adolescents ont participé à cette aventure collective. « On met toute la touche de la jeunesse à ce pèlerinage », souligne le père Philippe Haristoy, prêtre accompagnateur de l’association.

Pendant quatre jours, les participants assistent aux grands rendez-vous qui font la particularité de Lourdes. Le passage à la grotte, d’abord, où les pèlerins viennent toucher le rocher, symbole de l’apparition de la Vierge à Bernadette, mais aussi de l’appui que représente le Christ. Vient ensuite le geste de l’eau, puis celui de la lumière, avec le dépôt d’un cierge dans les chapelles dédiées. « C’est ces grands trois gestes que l’on fait vivre à nos amis accompagnés », explique le prêtre.

Au-delà de ces étapes, il y a les célébrations et les rassemblements qui prennent une dimension particulière pour des personnes parfois isolées à leur domicile ou vivant en établissement spécialisé. Elles n’ont plus toujours l’occasion de retrouver foule, de participer à une cérémonie ou encore de partager un moment collectif comme elles le faisaient naguère. À Lourdes, elles peuvent se retrouver dans les basiliques, reprendre des chants traditionnels qu’elles connaissent et en découvrir d’autres, portés notamment par l’énergie des lycéens.

« Pour elles, c’est un réel plaisir de se retrouver dans les basiliques, remplies avec une ferveur, avec des chants traditionnels qu’on reprend », raconte Philippe Haristoy. Cette édition avait aussi une tonalité particulière puisque l’association, fondée en 1946, célébrait ses 80 ans. « On a mis en œuvre toutes les couleurs qui nous caractérisent dans notre diocèse ou département, c’était donc quelque chose de très festif. »

Des bénévoles qui donnent de leur temps, mais pas seulement

L’engagement des hospitaliers n'est toutefois pas réservé aux cérémonies. Il faut accompagner les déplacements, pousser les fauteuils, aider les personnes à rejoindre la grotte, les piscines ou les lieux de célébration, et veiller à ce que chacun puisse participer aux activités. Mais le service ne se résume pas à une assistance matérielle. Il repose en effet aussi sur la présence, l’attention et la relation qui se noue au fil des journées.

La préparation du pèlerinage commence d’ailleurs avant l’arrivée à Lourdes. Les lycéens, qui sont pour beaucoup en classe de terminale, arrivent un jour plus tôt pour découvrir les lieux et comprendre où ils conduiront les personnes accompagnées. Certains connaissent déjà le sanctuaire, d’autres le découvrent. Tous apprennent à se repérer pour pouvoir ensuite guider les pèlerins.

Le prêtre Haristoy, sur la gauche
NC – Diocèse 64 DR

Philippe Haristoy insiste aussi sur la responsabilité qui accompagne cet engagement. Les personnes sont confiées à l’Hospitalité par leurs familles, mais aussi par des Ehpad ou des établissements accueillant des enfants et des jeunes en situation de handicap. « C’est parce qu’il y a cette confiance entre ces personnes hospitalières et les familles qu’elles nous confient ces personnes-là. »

Et cette confiance ne doit pas s’arrêter au retour des bus. L’Hospitalité Basco-Béarnaise s’appuie sur treize secteurs géographiques répartis dans le diocèse, dont les bénévoles connaissent les familles et les personnes accompagnées. Tout au long de l’année, les hospitaliers sont ainsi encouragés à reprendre contact, à rendre visite, notamment lors d’un anniversaire ou d’une fête religieuse. Sont alors également organisées des journées pour entretenir les liens entre bénévoles et personnes malades ou âgées.

« On veut et on fait tout pour que ces temps de rencontre soient bien sûr des temps de prière, parce que les gens viennent aussi pour ça, mais des temps festifs, joyeux », résume le prêtre. Des marches, des repas partagés, des rencontres autour d’une messe ou d’une galette permettent de faire vivre cette convivialité. « Et immanquablement, cela se termine toujours par une chanson. »

Le pape Léon XIV, un pèlerin parmi les pèlerins

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Quelques jours après le départ de l’Hospitalité, Lourdes accueillait le pape Léon XIV. Sa venue avait pesé sur la préparation du pèlerinage de septembre : les installations et les circuits prévus pour la visite pontificale avaient contraint l’association à revoir une partie de son organisation et à renoncer à certains lieux du sanctuaire. Mais cette proximité dans le calendrier a aussi créé une forme d'impatience et de joie. « On voyait pendant tout le pèlerinage le montage de tout ce qui allait se produire huit jours après, donc on s’est dit : il va marcher sur nos pas. »

L’Hospitalité a ensuite répondu à l’appel des sanctuaires, qui recherchaient des bénévoles pour accueillir les visiteurs. Environ 150 de ses membres sont revenus à Lourdes le week-end suivant pour participer à l’accueil du pape et à l’organisation de la messe du dimanche.

Pour Philippe Haristoy, l’un des moments les plus marquants a été la procession mariale nocturne. « Les autres papes qui étaient venus à Lourdes avaient présidé la procession mariale du soir, mais ils n’avaient pas processionné. Le pape Léon tenait à processionner derrière la Vierge Marie, comme le font tous les pèlerins. » Une différence qui n’a rien d’anecdotique aux yeux du prêtre : « C’était un moment extraordinaire, à la fois de grande ferveur, un silence qui régnait dans la nuit, avec tous ces flambeaux, un pape qui se met au diapason de tous les pèlerins. »

Le lendemain, devant l’accueil Notre-Dame, le pape s’est adressé aux personnes malades et aux hospitaliers autour de l’accompagnement de la fragilité, de la naissance jusqu’à la mort naturelle. Un message qui a particulièrement résonné auprès de ceux qui consacrent une partie de leur vie à cet accompagnement. Le prêtre, également aumônier hospitalier à Bayonne, évoque l’importance de « la main que l’on tient, l’importance d’un sourire échangé, l’importance d’une caresse, d’une tendresse et de la dignité de toute personne humaine jusqu’à sa mort ».

« Lourdes, ça ne se raconte pas, ça se vit »

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Pourquoi revenir chaque année ? Pour Philippe Haristoy, la réponse tient autant à l’histoire de l’association qu’à ce qui se joue dans les relations entre les personnes accompagnées et les bénévoles. Depuis 1946, des femmes et des hommes se mobilisent pour permettre à ceux qui ne pourraient pas partir seuls de rejoindre Lourdes. Et la dynamique ne semble pas s'essouffler au vu des listes d’attente des lycéens, déjà pleines plusieurs mois avant le pèlerinage.

La fatigue existe, reconnaît le prêtre, mais elle est largement contrebalancée par les visages et les sourires. Au moment de repartir, le lundi après-midi, les personnes accompagnées savent qu’elles retrouveront ce rendez-vous l’année suivante. « Il y a tellement de sourires, de visages qui pétillent et qui rayonnent. »

Les hospitaliers viennent pour aider, pour prêter leurs bras et leurs jambes à ceux qui en ont besoin. Mais l’échange est loin d’être à sens unique. « On vient servir la personne qui a besoin de nos mains, qui a besoin de nos bras, de nos jambes, pour se rendre sur ces grands lieux dont je vous ai parlé, autant, voire plus que ce que nous, on peut leur apporter. Il y a des messages de vie et de joie, il suffit de regarder. »

Une expérience difficile à résumer, qui explique sans doute la fidélité de ceux qui reviennent, année après année. « Lourdes, ça ne se raconte pas, Lourdes, ça se vit. »

Sébastien Soumagnas

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