Vingt ans, c’est plutôt une belle durée pour un festival consacré à un format qui, par essence, ne s’attarde pas. Du 18 au 22 novembre, le FIFAVA célèbre pourtant l'histoire du Festival international du court-métrage d’Anglet qui investira une nouvelle fois le Théâtre Quintaou, avec une cinquantaine de films et une programmation qui fera la part belle à la diversité des écritures cinématographiques.
À la genèse de cette aventure, en 2006, deux associations angloyes, le MICA et Oxygène, qui avaient imaginé un rendez-vous baptisé « La vie des ô et courts ». Depuis, le festival a grandi, élargi sa sélection et acquis une reconnaissance qui dépasse désormais les frontières basques. Cependant, son fonctionnement repose toujours sur un engagement associatif et bénévole.
« Notre festival serait-il donc devenu une institution ? Restons, comme nous l’avons toujours été, modestes et mesurés ! », sourit Lionel Charpy, président du FIFAVA. Derrière cette modestie revendiquée, il rappelle le moteur de cette longévité : « Une passion sincère et commune qui anime la petite équipe d’ultra-bénévoles que nous formons et qui, d’année en année, perdure avec le même enthousiasme et la même flamme. »
La Ville d’Anglet accompagne cette aventure depuis ses débuts. Son maire, Claude Olive, se réjouit de voir le festival atteindre cet âge symbolique. « C’est le choix combiné de l’exigence et de l’accès au plus grand nombre qui constitue la marque de fabrique de ce festival devenu incontournable », souligne-t-il. Un équilibre qui semble porter ses fruits puisque l’édition précédente a accueilli près de 3 100 spectateurs en trois jours, selon l’association.
Cinquante films pour faire le tour du monde
Pour cette vingtième édition, le comité de sélection a visionné pas loin de 300 courts-métrages pour en retenir finalement 50. Le programme réunit ainsi 30 fictions, huit films d’animation, six documentaires et six productions destinées au jeune public. Les films sélectionnés viennent notamment de Belgique, du Canada, d’Espagne, de France, du Kazakhstan, d’Ukraine, du Liban, du Maroc, de Pologne et de Suisse.
Cette diversité reflète parfaitement l’une des caractéristiques du FIFAVA, à savoir faire dialoguer des univers, des regards et des sensibilités qui ne se rencontreraient pas nécessairement dans les circuits habituels de diffusion. Le court-métrage permet souvent aux réalisateurs de tenter des formes narratives différentes, d’aborder un sujet en quelques minutes ou de faire émerger un regard. Il offre aussi une première visibilité à des créateurs qui cherchent à faire connaître leur travail.
La sélection est le résultat d'un travail collectif particulièrement réfléchi. Au sein de l'association, le comité s'est réuni deux fois par semaine pendant trois mois pour visionner les films reçus et faire ses choix. Un exercice exigeant pour une compétition qui l'est tout autant .
« Trois mois de visionnage assidu dont il a résulté une sélection exigeante, nourrie de choix âprement débattus ! », précise Lionel Charpy. Pour départager les œuvres, le jury réunira cette année la comédienne Mireille Perrier et les réalisateurs Éric Rebut et Izù Troin. Huit distinctions sont annoncées, dont le Grand Prix, les prix du public et du jeune public, ainsi que des récompenses par catégorie.
Un florilège pour rembobiner vingt ans d'histoire
Le coup d'envoi de cette édition anniversaire sera donc donné mercredi 18 novembre avec une soirée spéciale consacrée aux films primés ou particulièrement appréciés lors des éditions passées. Cette rétrospective permettra de retrouver quelques-unes des œuvres qui ont contribué à faire le succès du festival.
Pour Lionel Charpy, ce florilège témoigne du chemin parcouru. « Notre festival a grandi, consolidant sa réputation et acquérant au fil des ans une reconnaissance publique, médiatique et professionnelle », estime-t-il. Les films réunis pour l'occasion contribuent à une sorte de célébration des réalisateurs, des équipes et des spectateurs qui ont accompagné le FIFAVA depuis ses premiers pas.
Mais le festival ne se cantonne pas uniquement à son histoire. En effet, jeudi 19 novembre, une soirée spéciale organisée dans le cadre des rendez-vous Santé et bien-être de la Ville d'Anglet abordera le narcotrafic au Pays basque, avec comme fil conducteur la question de la prévention. Le professeur Amine Benyamina, président de la Fédération française d'addictologie, la docteure Sophie-Athéna Chapron, psychiatre addictologue, Marielle Garridos, procureure de la République de Bayonne, et Sébastien Mugica, directeur régional des douanes, participeront à des échanges avec le public.
Le dimanche, ce sont les plus jeunes qui auront également leur séance dédiée, avec six courts-métrages destinés au jeune public. Une bonne initiative pour transmettre le goût du cinéma et de faire découvrir, dès l'enfance, la richesse du format court.
Le cinéma à la portée de tous
Si le FIFAVA a gagné en visibilité au fil de ses éditions, il tient toutefois à préserver une caractéristique essentielle : la gratuité. Toutes les séances sont accessibles sans billet payant, dans la limite des places disponibles. Un choix auquel Claude Olive est particulièrement attaché. Le maire d'Anglet remercie les organisateurs pour cette programmation « entièrement gratuite », qui permet au plus grand nombre de découvrir des œuvres parfois peu visibles dans les circuits commerciaux.
« Plus que jamais, nous avons besoin du cinéma et du regard avisé des artistes pour mieux voir notre monde, et surtout mieux le comprendre », insiste-t-il. Une déclaration qui trouve un écho dans la diversité des films présentés et dans la soirée consacrée à une question de société.
Le soutien de la Ville, mais aussi celui du Département des Pyrénées-Atlantiques, contribue à la pérennité de la manifestation. Lionel Charpy tient d'ailleurs à saluer le partenariat renouvelé avec Anglet, ainsi que l'engagement des élus qui ont accompagné le festival depuis sa création.
Vingt ans après ses débuts, le FIFAVA a donc trouvé son public et son rythme. Il a grandi en imposant son identité, c'est à dire une sélection ouverte, une équipe de bénévoles investie et des séances gratuites pour tous. Au cinéma, les courts-métrages sont parfois les premiers plans d'une grande carrière, à Anglet, ils sont surtout les images successives d'une aventure collective qui, après vingt éditions, n'a pas fini de tourner.
Sébastien Soumagnas



Fifava DR

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