Pour notre confrère, l’Élysée semble s’impatienter : « Il s’agace de François Bayrou, raconte un visiteur. Il ne le supporte plus, témoigne un autre, qui raconte une scène où pendant que son premier ministre parlait, le président pianotait ostensiblement sur son portable ».
Dans ce baromètre qui fait référence, réalisé le 31 mars et le 1er avril, la cote de confiance du premier ministre perd trois points en un mois pour s’établir à son plus bas niveau : seulement 17%, tandis que 74% (+2) ne lui font pas confiance, dont 47% (+4) pas du tout
« Il avait démarré au plus bas pour un nouveau premier ministre. François Bayrou n’est pas loin d’atteindre le record de Jean-Marc Ayrault (16%) » insiste le magazine. Le Béarnais se trouve déjà plus bas que les plus bas niveaux de Manuel Valls (18%) et d’Elisabeth Borne (21%).
« S’il avait perdu le soutien de la droite depuis quelque temps, c’est désormais les sympathisants de sa majorité (Renaissance, Modem et Horizons) qui le lâchent : ils ne sont plus que 47 % (– 4) à lui faire confiance » souligne le Figaro.
« Grâce à son habileté politique, le premier ministre peut rester à son poste sans craindre de motion de censure. Mais c’est au prix d’un immobilisme qui commence à poser problème pour les Français. ‘J’ai l’impression d’être l’orchestre sur le Titanic’, s’énerve un député. ‘On devrait préparer un budget de guerre dans une logique de coalition. Mais il ne le fait pas car son unique objectif est de survivre le plus longtemps possible’. »
Cette très lourde défiance, si elle se confirme, pourrait devenir une menace plus importante encore sur l’avenir du locataire de Matignon qu’une éventuelle censure au Parlement. C’est le syndrome Édith Cresson qui refait surface : la première ministre s’était vue remerciée par François Mitterrand le 2 avril 1992, en raison de son impopularité record, mesurée alors à 76% (seulement 2 points au-dessus du maire de Pau, à 74%).
Il reste à François Bayrou de trouver la manière de regagner un peu de confiance auprès des Français afin de préserver une crédibilité indispensable. Mais aussi pour ne pas donner un prétexte supplémentaire à Emmanuel Macron de changer de premier ministre.
Le top 10 des personnalités politiques
Dans ce baromètre, Jordan Bardella conforte sa position en tête des personnalités pour lesquelles les Français souhaitent leur « voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ».
Avec 41% (+1), il devance Marine Le Pen (36%, -1). Il creuse l’écart avec Edouard Philippe (34%, -3), Bruno Retailleau (31%, -3), Gabriel Attal (31%, stable) et Gérald Darmanin (27%, -2). Arrivent ensuite : Marion Marchal (27%, stable), Raphaël Gluksmann (23%, +3), François Ruffin (21%, +4) et Eric Ciotti (21%, +2).
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