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Érosion du littoral : Quand la côte se mesure au millimètre !

L’Observatoire de la Côte Nouvelle-Aquitaine étudie chaque année l'avancée inéluctable de la mer sur notre littoral côtier.
L'érosion grignote au fil du temps le littoral atlantique
OCNA DR
Outre la marée, la houle et autres phénomènes météorologiques, l'homme est aussi responsable du grignotage de l'océan sur la terre.
Des personnes de l'Observatoire de la Côte Nouvelle Aquitaine mesurent nos côtes
Ocna DR

Chaque année, après l’hiver, l’Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine ( OCNA) se lance dans une opération de haute précision pour mesurer l’érosion côtière, centimètre par centimètre. Armés de GPS différentiels, les experts cartographient les plages de Capbreton aux Landes pour surveiller de près le recul du trait de côte. Alors, comment fait-on pour s’assurer que chaque grain de sable reste à sa place, ou presque ?

Qu’est-ce que l’érosion côtière ?

L’érosion côtière est un phénomène naturel où les matériaux du littoral sont emportés vers la mer. Qu’il s’agisse de sable, de vase ou de roches, tous les types de littoraux sont concernés. Les facteurs en jeu ? La marée, la houle, les courants, les vents et même les processus continentaux comme la pluie et le gel. Le déficit de sédiments côtiers aggrave le phénomène, menant à un recul du trait de côte et parfois à un abaissement des plages. En gros, c’est la nature qui joue à Jenga avec notre belle côte, et souvent, elle gagne.

Chaque printemps, c'est le même rituel, l’OCNA mesure 185 profils côtiers entre la frontière espagnole et l’estuaire de la Gironde. À Capbreton, l’équipe enregistre des données précises, mètre après mètre, pour documenter l’érosion. Les résultats ? Le trait de côte recule inexorablement, avec des hivers particulièrement sévères comme celui de 2013-2014 laissant des marques durables. Puis l'érosion s'est calmée pour mieux reprendre depuis 2019-2020. Cette année, la campagne s’étend d’avril à juin, et chaque jour, quelques nouveaux profils sont ajoutés au grand puzzle de la côte aquitaine.

Chaque année, c'est le rituel printanier
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Technologie de pointe pour le littoral

En plus des relevés sur le terrain, l’OCNA utilise la télédétection LIDAR depuis un avion pour cartographier la côte sableuse chaque automne. Des photos aériennes sont également prises tous les deux ans pour suivre les changements saisonniers. Ces données aident à prévoir l’impact des tempêtes et à prendre des décisions cruciales, comme fermer des plages ou déplacer des infrastructures vulnérables.

Au quotidien, l’équipe de l’OCNA brave les éléments pour enregistrer des données précises sur le terrain. Marie Branelec et Zoé Bleunven, techniciennes du BRGM, notent chaque détail, du pied de la dune littorale au sommet des falaises rocheuses. Ce travail minutieux permet de documenter les changements subtils et souvent rapides du littoral.

Le GPS différentiel affiche une altitude au centimètre près. À Capbreton, l’altitude de la plage de la Pointe est mesurée à 2,96 mètres. Mètre après mètre, les techniciennes tracent des profils côtiers, lignes droites perpendiculaires au rivage qui partent de l’océan et aboutissent à la forêt. Ce rituel printanier, débuté en 1998, est essentiel pour comprendre et prévoir l’évolution du littoral.

Les mesures récoltées sont d'une précision incroyable
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Aussi la faute de l'Homme

L’érosion côtière n’est pas seulement un phénomène naturel ; les activités humaines peuvent aussi aggraver la situation. Les digues et autres ouvrages de protection peuvent parfois accélérer l’érosion sur les côtes voisines. Le tourisme balnéaire, avec le piétinement des dunes, contribue également à la fragilisation du littoral. Et ce n’est pas tout : l’érosion augmente le risque de submersion marine, menaçant habitations et infrastructures.

Grâce aux données collectées, l’OCNA est capable de calculer un « indice érosif » à cinq jours pour prévoir les dégâts potentiels des tempêtes. Cet outil aide les décideurs à prendre des mesures préventives, comme fermer des plages ou édicter des arrêtés de péril sur les bâtiments en danger.

L’OCNA, littéralement le gardien du littoral

Avec 25 ans de données, l’OCNA joue un rôle clé dans la protection du littoral aquitain. Leur travail permet de comprendre les dynamiques côtières et de prévoir les défis à venir, notamment face à la montée du niveau de la mer. Les équipes de recherche, les décideurs locaux et le grand public bénéficient de ces informations précieuses, accessibles sur le site de l’Observatoire.

Alors, la prochaine fois que vous vous promènerez sur les plages de Capbreton, rappelez-vous que derrière chaque grain de sable, il y a une équipe dédiée à protéger notre littoral. Et si vous croisez des personnes avec des GPS, ne soyez pas surpris : ils ne cherchent pas un trésor caché, mais les secrets bien gardés de notre côte !

Sébastien Soumagnas

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