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CEUX QUI FONT NOTRE PAYSEstelle Gatine : quand l'humain donne du sens au risque

D’origine landaise et corse, la Béarnaise d’adoption a su s’imposer dans le monde feutré des assurances en plaçant l’humain au cœur de chaque contrat. Portrait d'une entrepreneure passionnée qui fait du challenge son moteur quotidien.
Estelle Gatine, la dirigeante de D-Risk Solutions. Crédit photo : Eric Traversié.Eric Traversié
Le parcours d’Estelle Gatine n'est pas celui d'une trajectoire linéaire, mais plutôt celui d'une femme qui saisit les opportunités avec audace.

Initialement formée au droit privé à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, où elle obtient une Maîtrise et un certificat en sciences criminelles, elle prend un virage décisif en intégrant l’École Supérieure d’Assurance de Paris.

« Mon empathie et mon désir de protéger les gens ont dicté mes choix de carrière. J’ai atterri un peu par hasard dans les assurances. Mais entre le droit et les assurances, mon fil conducteur reste la volonté d’offrir une défense des personnes et une écoute attentive », souligne Estelle Gatine.

Après ses études, la jeune femme est directement plongée dans le grand bain, chez un courtier international, en faisant partie de l’équipe chargée de la gestion du sinistre AZF, suite à l'explosion de l'usine de Toulouse, le 21 septembre 2001. C’est la plus importante catastrophe industrielle de l'histoire de France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pour la jeune femme, ce baptême du feu fut une révélation. De retour en Béarn, après avoir acquis de l'expérience au sein de compagnies d'assurance et en courtage, Estelle décide de franchir le pas de l'entrepreneuriat en 2015.

Pour cette fille d'entrepreneurs, créer D-Risk Solutions était presque une évidence, une manière de répondre à cette envie de liberté et de challenge transmise par ses parents.

« J’aime l’idée de partir d’une page blanche et le challenge. Il y a onze ans, m'affirmer comme femme cheffe d’entreprise était un véritable défi. À mes débuts, chaque rendez-vous était aussi un défi : j’étais une femme dans un univers encore très masculin. Etre dirigeant, pour moi, n'est pas une nature : c'est une responsabilité, un rôle à tenir, au service d'un projet et des autres. Ce qui m'anime avant tout, c'est l'utilité concrète de mon action. On a eu beau me demander si j’étais sûre de vouloir me lancer dans l’entrepreneuriat, je n’ai jamais douté de la voie que je voulais suivre. Même si je ne sais toujours pas comment l’expliquer, je savais que c’était fait pour moi ! ».

Si Estelle en est là aujourd’hui, onze ans plus tard, elle le doit aussi à des rencontres marquantes, à l’instar de Jasmine Serre, une Bayonnaise également exportée sur Paris, qui deviendra ensuite sa responsable : « J’ai vu passer une offre d’emploi en interne pour un poste de souscription et gestion de programmes internationaux à l’import. J’avais plutôt un profil de gestionnaire de sinistres, mais l’idée de changer de secteur me plaisait. Jasmine m’a donné ma chance et ça a été un des tournants professionnels majeurs pour moi ».

Plus récemment, l’entrepreneure de 48 ans a créé un lien profond avec Nathalie Sagné, du cabinet AKT, qui est devenue son mentor. « En partant d’une feuille blanche, je me suis sentie un peu abandonnée face à mon statut de dirigeante d’entreprise. Elle a posé un regard extérieur, lucide et constructif, décisif dans l'évolution de mon entreprise. Nathalie a compris mes atouts comme mes fragilités et les a transformés en leviers de développement pour l'entreprise ».

Eric Traversié

L’humain pour faire converger deux mondes

Basé à Sauvagnon, D-Risk Solutions est spécialisé dans l’accompagnement et le conseil en gestion de risque pour les entreprises, liés à l’humain, aux machines, aux bâtiments…

Cette structure agile de trois salariés accompagne entre 200 et 250 clients, de la TPE à l’ETI, dans des secteurs variés comme l’industrie, les services et le BTP, dans la France entière et principalement dans le sud-ouest.

Mais au-delà des chiffres, c'est la spécificité de chaque dossier qui nourrit l'enthousiasme d'Estelle, car pour elle, le courtage est avant tout un exercice de haute précision intellectuelle.

« Dans les assurances, on ne gère pas de la même façon des entreprises et des particuliers, qui n’ont pas les mêmes besoins. Personnellement, j’aime la richesse et la complexité de la gestion de risque qui part de la situation du patron et du contexte de l’entreprise, pour aboutir à une cartographie des risques. En fonction des entreprises et de leur secteur d’activités, les demandes sont très différentes. C’est une partie de mon métier que j’adore aussi. D’un client à l’autre, les risques ne sont pas les mêmes, tout comme les attentes du dirigeant. Nous créons nos propres cadres, toujours dans le respect des intérêts des entreprises que nous suivons ! », présente-t-elle.

Pour Estelle, cette cartographie des risques n'est pas qu'un exercice de style sur papier glacé. La valeur de son métier se révèle surtout quand l’imprévu survient, dans l’urgence du réel, lorsque son rôle de « bouclier » prend tout son sens.

Lorsqu'un sinistre survient, elle devient l'interlocutrice privilégiée, celle qui aide à sortir de l'impasse lors de situations économiques et humaines complexes.

Elle se voit comme le pont indispensable entre l'assureur et l'assuré, capable de faire converger des intérêts parfois opposés grâce à un travail de prévention rigoureux sur les activités, les relations contractuelles, l'humain, les bâtiments ou les machines. Un challenge en soi !

« Lors d'un sinistre, le chef d'entreprise nous appelle souvent avec un sentiment d'impuissance. Il y a beaucoup d'affects, mais aussi une lourde dimension économique. Rien n'est gagné d'avance, mais en réfléchissant ensemble, nous trouvons des issues. C’est la résolution de ces cas difficiles, comme pour les entreprises en quête d'assurance, qui me donne le sentiment d'être utile et qui rend mon métier si gratifiant. »

Pour cette courtière en assurance, chaque entreprise est unique : « Le patron considère souvent son entreprise comme son enfant. Au fond, je travaille avec mes clients comme je le ferais pour des proches : avec honnêteté, implication et un sens aigu des responsabilités. Le business peut exister, bien sûr, mais il n'a de sens que s'il est aligné avec des valeurs humaines fortes et une relation de confiance. Mon engagement est à la fois humain et professionnel : défendre les intérêts de mes clients avec loyauté, exigence et combativité. Je suis quelqu'un de challengeur, avec un esprit compétitif assumé, mais toujours orienté vers la recherche de solutions justes et durables.».

Eric Traversié

Un territoire source d'énergie

Entre deux dossiers complexes, Estelle Gatine puise son énergie auprès de sa famille, de ses amis et sur les terrains de padel. « Entreprendre ne se fait jamais seul. C'est une aventure familiale, rendue possible par l'aval, le soutien et l'engagement de mes proches. Les équilibres évoluent, mais c'est un choix commun, réfléchi et vécu ensemble. Sans mon mari et mes enfants, rien n'aurait été possible, c'est une réalité ».

Son dynamisme trouve aussi sa source dans son attachement au Béarn, son territoire de cœur : « C'est ici que j’ai trouvé mon équilibre. Je m’y suis construite, j'y ai élevé mes enfants... Aujourd’hui, je me sens d'ailleurs plus Béarnaise que Landaise ».

La dirigeante revendique avec fierté son ancrage local : « Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas basés à Paris que notre entreprise n’est pas performante. Ici aussi, nous avons l’expérience et l’expertise, avec peut-être l’humain en plus ! Le Béarn a des ressources dans une multitude de secteurs, il est bon de le faire savoir ».

Noémie Besnard,

CEUX QUI FONT NOTRE PAYS

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