Fidèle à sa réputation, le festival Jazz à Oloron s’apprête à investir de nouveau la cité pour une 32e édition particulièrement ambitieuse.
Le concept reste un modèle d'équilibre culturel : le festival prendra d’abord ses quartiers à l’espace Jéliote pour une première semaine de grands concerts payants, avant de basculer dans la convivialité des concerts gratuits sous le chapiteau du jardin public.
Cette année, la programmation fait la part belle aux artistes féminines majeures de la scène hexagonale, offrant un regard moderne et vibrant sur le jazz contemporain.
Le coup d'envoi sera donné le jeudi 25 juin à 21h par un duo de musiciennes unies par une fusion artistique hors norme : la chanteuse et oudiste Kamilya Jubran et sa complice de toujours, la contrebassiste Sarah Murcia.
Élevée dans la tradition palestinienne et naturalisée française, Kamilya Jubran tisse des ponts constants entre musiques orientales et expérimentations contemporaines.
À ses côtés, Sarah Murcia déploie la science du rythme qu'elle a affinée auprès de monstres sacrés comme Steve Coleman ou Charlélie Couture. Ensemble, elles promettent d'embarquer le public de Jéliote pour un voyage méditatif aux accents du Proche-Orient.
Le lendemain, le vendredi 26 juin, l'ambiance changera de cap avec l'arrivée de l'AMG Quartet, véritable groupe révélation plébiscité par la presse spécialisée, qui viendra imposer son énergie collective.
Les éclats d'une nouvelle génération et l'accord parfait
Le week-end démarrera sous les meilleurs auspices le samedi 27 juin dès 17h avec Adèle Viret. Couronnée « Révélation » aux Victoires du Jazz 2025, la jeune violoncelliste incarne la fraîcheur et l'audace de sa génération.
Pour ce projet en quartet, elle délaisse parfois son archet pour revenir au piano de son enfance, entourée de trois musiciens complices pour créer une atmosphère intimiste de jazz de chambre, suspendue entre rigueur de l'écriture et liberté d'improvisation.
À 21h, le témoin sera passé à un duo de virtuoses incontournables : l’accordéoniste Vincent Peirani et le saxophoniste Émile Parisien.
Habitués à bousculer les genres, les deux compères proposeront un dialogue musical d’une virtuosité folle, où l'émotion affleure à chaque note.
Le dimanche 28 juin sera sans conteste l'un des sommets de cette édition. Les spectateurs auront d'abord la chance de découvrir à 17h le projet enivrant du contrebassiste Renaud Garcia-Fons.
Armé de sa contrebasse à cinq cordes, le musicien repousse les limites de son instrument pour faire résonner des sonorités uniques.
À 21h, la poésie prendra les traits de Gabi Hartmann. Chanteuse, autrice et guitariste aux multiples facettes, elle présentera son deuxième album, La Femme aux yeux de sel. Inspiré par le parcours de Salinda, un personnage de conte cherchant à guérir de ses maux, ce disque est une invitation au voyage qui navigue entre jazz, folk, soul et influences brésiliennes. Sa voix douce et mélancolique promet d'effacer toutes les frontières musicales le temps d'une soirée mémorable.
De la transmission à la fête populaire au Jardin Public
Le festival sait aussi d'où il vient et mise sur la jeunesse locale. Le jeudi 2 juillet, l'espace Jéliote vibrera ainsi au son d'un projet de transmission unique, mêlant le groupe Akoni Astrobeat aux classes jazz du collège des Cordeliers pour un moment de partage intergénérationnel fort en énergie.
Puis, le festival basculera dans sa deuxième phase, festive et ouverte à tous, au cœur du jardin public. Le point d'orgue de ce second week-end sera la 19e édition du célèbre Tremplin Jazz à Oloron.
Quatre formations émergentes s'affronteront amicalement le samedi 4 juillet pour séduire le jury et décrocher le précieux Prix du Public.
Entre le groove créole de Rodolphe Lauretta, le jazz traditionnel de Virage-Ravage et le grand retour sur scène du lauréat le dimanche après-midi, le parc public va se transformer en une immense piste de danse et de vibrations partagées.
Pour ne rien manquer de cette magnifique traversée musicale, les réservations sont ouvertes en ligne. Une permanence sans frais est également assurée au local du festival, situé au 10 rue de Révol, chaque samedi matin de 10h à 12h jusqu’au 20 juin. Il ne reste plus qu'à vous laisser porter par les notes.
Noémie Besnard






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