À Pau, le printemps ne serait pas tout à fait le même sans la déflagration sonore et visuelle de Rock This Town.
Ce festival, porté par le cinéma Le Méliès, s'est imposé depuis 2007 comme une enclave où la pellicule et l’ampli fusionnent pour raconter l’histoire humaine à travers ses mélodies.
Rock This Town, c’est une déclaration d’amour à la liberté créative, une parenthèse enchantée où, le temps d’un accord ou d’un plan-séquence, le monde semble tourner un peu plus juste, au rythme d’une bande-son parfaitement maîtrisée.
Pour cette édition 2026, l’événement s'empare de la ville, de la Centrifugeuse aux Halles, en passant par la Ferronnerie, la Médiathèque André Labarrère et le Passage Carnot, pour transformer chaque séance en une expérience sensorielle totale.
Au carrefour des mondes
Le cœur battant du festival réside dans sa capacité à dénicher des œuvres qui transcendent les genres.
Cette année, l’affiche est une véritable invitation au voyage avec les rythmes chiliens de Calle Mambo qui promettent de transformer la salle en piste de danse, tandis que le blues trash et le dark rockabilly du Suisse Reverend Beat-Man, accompagné de Milan Slick, apporteront une touche de sauvagerie électrique.
Le public pourra également se laisser envoûter par la fougue bordelaise de Violent Sadie Mode ou l'élégance jazz de Nicole Johänntgen Trio « Robin ».
Fidèle à son identité, Rock This Town fait une place à tous les arts : ici, les improvisations du violoncelliste turc Anil Eraslan ont autant de poids qu’une initiation à la salsa ou le dialogue entre un quatuor à cordes de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn et l'image.
Au-delà de la musique live, c’est le cinéma qui dicte la pulsation. L’un des moments forts de cette quinzaine sera sans nul doute la projection événement à la Centrifugeuse le 28 avril. Les spectateurs y découvriront The Napa State Tapes : The Cramps and The Mutants, un document rare capturant l’énergie brute de ces groupes mythiques lors d’un concert de 1978.
Ce lien étroit entre archives historiques et actualité musicale se poursuivra avec le documentaire We Were There To Be There, ainsi que des portraits intimes comme It’s Never Over, Jeff Buckley ou I Was a Teenage Sex Pistol.
De la légende du Köln Concert de Keith Jarrett aux racines du dub français avec Improvisators Dub, le festival confirme son statut de dénicheur de talents et de gardien de la mémoire musicale.
Un village culturel en ébullition
Rock This Town, c’est aussi une ambiance de partage qui dépasse les salles obscures. Le traditionnel salon du disque à la Halle de Billère reste l’épicentre des passionnés de vinyles, tandis que les DJ sets de Paul Memphis, Hellvis ou le collectif féminin Mefiat assureront la transition entre le jour et la nuit.
L’exposition de l’artiste Yann Taillefer, créateur de l’identité visuelle de cette édition, apporte une touche graphique supplémentaire à cette célébration éclectique, complétée par une rencontre avec l'auteur Marc Dufaud autour du mouvement punk ou une conférence d'Olivier Cachin sur Michael Jackson.
C'est cette alchimie entre les lieux, les artistes et un public curieux qui fait de cet événement un moment profondément humain, où l’on vient autant pour voir un film que pour ressentir une émotion collective.
Noémie Besnard



Le Méliès

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