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Jérôme Daret : « Le 7, une effervescence de rugby »

Rencontre avec ce Landais passionné, entraîneur-sélectionneur de l’équipe de France. Depuis le coeur du réacteur de cette discipline spectaculaire, il vise simplement l’Or aux JO de Paris 2024.
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Alors que son ami de l’US Dax, Raphaël Ibanez, est devenu un homme clé du XV, Jérôme Daret s’impose comme un chef d’orchestre inspiré pour le 7 de France.
Jérôme Daret avec l'US Dax

A 48 ans, l’ancien demi de mêlée de Dax a déjà un sacré parcours. Ce qui ne l’empêche pas de garder une humilité aussi sincère que remarquable, donnant encore plus de poids à son analyse comme à son enthousiasme. Avec PresseLib’, il vous embarque au pays du rugby à 7.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit zoom sur le passé ?
Jérôme Daret –
Je suis né à Dax, mais originaire de Mimizan et de Bias, un village voisin. J’ai fait toute ma carrière de joueur à l’USD, de 1994 à 2006, avant de devenir entraîneur à plusieurs reprises. Je suis toujours licencié dans ce club de toute ma vie rugbystique à XV. C’est en 2017 qu’on m’a proposé de prendre en main l’équipe de France 7 masculin. Une aventure de folie, à 1000 à l’heure, passionnante, dans une période clé pour cette discipline spectaculaire.

Quelques images pour donner le ton du rugby à 7 ?
J. D. -
Un accélérateur de particules pour tout le monde. Le 7 « dépoussière » en permanence la planète de l’ovalie. C’est une effervescence de rugby qui amène plaisirs et ferveur, enthousiasme. Tout en portant de belles valeurs, en poussant au dépassement de soi, en exigeant force mentale et excellence. Une très belle école de résilience.

L’origine ?
J. D. –
Le 7 a été inventé en 1883, en Ecosse, par un boucher. Il avait besoin de renflouer les caisses de son club (Melrose) avec un événement autour du rugby. Cette discipline a commencé à se développer dans les années 1920, puis s’est émancipée à Hong Kong dans les années 1970. Le rugby à 7 se nourrit en permanence de cette histoire.

Ce qui fait la différence ?
J. D. –
Le 7 est très excitant pour les joueurs, avec tellement de situations différentes à appréhender. Chacun est très souvent en action. Tout le monde est concerné. C’est clairement une expérience-joueur magnifique par nature, à haute intensité. Pour les entraîneurs, c’est tout aussi extraordinaire. C’est un laboratoire d’analyse et de prises de décisions exponentiel. Quant au public, il découvre un univers incroyable, autour d’un spectacle à la carte, sur plusieurs jours, dans une ambiance sans équivalent où différentes cultures se lient spontanément autour de la fête.

Une discipline déjà planétaire, véritable révolution pour l’ovalie ?
J. D. -
Aujourd’hui, plus de 120 Nations (garçons et filles) participent aux différentes compétitions internationales. Ce qui donne déjà une dimension mondiale à ce sport. Et chaque année, d’autres frappent à la porte. Beaucoup de pays ont un bon niveau : l’Allemagne, l’Espagne, le Japon … peuvent battre les meilleurs. Il n’y a pas de petite équipe et chaque match doit être pris avec beaucoup de considération et d’humilité. L’équipe de France l’a mesuré, le jour où elle est tombée lourdement contre la Papouasie Nouvelle Guinée (36-0). En intégrant les Jeux Olympiques en 2016, le rugby à 7 a fait un pas énorme. Les JO de Paris seront un tremplin extraordinaire pour notre écosystème domestique. La révolution s’accélère.

Un concept prometteur ?
J. D. –
Il faut savoir qu’à Hong Kong, le 7 a été développé par des chefs d’entreprise, avec un modèle inspiré par cet univers et adapté aux entreprises. Les grands tournois internationaux valorisent un sport-spectacle unique au monde. Dans cette mecque du 7, pendant trois jours, 16 équipes nationales garçons et 17 équipes filles s’affrontent non-stop. Chacune porte fièrement l’identité et la culture de son pays. Dans les tribunes, ce sont autant de communautés qui font une énorme fête ensemble. La compétition se déroule à guichets fermés (plus de 60.000 personnes sur 3 jours). Pour accéder à l’une des tribunes mythiques, The Zoo, la file d’attente est de plusieurs heures. C’est un plaisir pour le public, les joueurs, les staffs, tout en étant particulièrement rentable pour les organisateurs. Tout le monde y trouve son compte.

Plus facile à développer que le XV…
J. D. –
Bien sûr. C’est une organisation moins lourde avec des groupes de 13 joueurs par équipe pour chaque tournoi. L’équipe de France, elle, rassemble une trentaine de joueurs sur une saison. Ceci dit, les exigences sont toutes aussi fortes que pour le XV et exigent de mobiliser de multiples compétences pour développer la performance.

Un brassage très riche ?
J. D. -
Absolument. C’est pour cela que je parle d’une effervescence de rugby. On représente les valeurs de son pays, sa culture, son identité, ses forces, son excellence… Et la cohabitation de plusieurs équipes dans le même hôtel est source d’un enrichissement mutuel très fort. C’est une ouverture au monde permanente. De plus, nous organisons régulièrement des entraînements dans des lieux emblématiques pour faire partager notre discipline et ainsi porter dans notre sac à dos notre identité profonde. Par exemple, à la Tour Eiffel ou au Moulin Rouge à Paris, sur la dune du Pyla ou au col du Tourmalet et bien d’autres encore…

Photos : France Rugby et World Rugby Sevens Series

Suite de l’entretien avec Jérôme Daret : les caractéristiques du 7, une approche inédite, les ambitions…

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