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Créateurs et passionnés – M2i Life Sciences futur leader mondial du biocontrôle ?

Le 02 Déc. 2019

La start-up implantée à Chemparc Lacq va produire des phéromones en capsules : une révolution pour la protection des cultures, mais aussi des parcs et jardins…

Après avoir levé la coquette somme de 60 millions d’euros à la rentrée, M2i Life Sciences s’apprête à monter en puissance avec de nouvelles gammes de produits.


C’est l’une des start-ups françaises qui montent et qui font le plus parler d’elles en ce moment. Et il y a de quoi, puisque les quelque 70 produits proposés par M2i Life Sciences, basés sur une vingtaine de familles de brevets et déjà distribués dans 25 pays, se posent en véritable alternative aux pesticides et autres produits phytosanitaires.

Outre un travail sur des principes actifs à vocation pharmaceutique ou de santé animale, l’entreprise est en effet connue pour ses productions de phéromones.


Le principe est simple : elle est capable de reproduire à l’échelle moléculaire les phéromones émises naturellement par divers insectes. Pour protéger cultures, parcs et jardins, ces phéromones (sous forme de gel) peuvent être placées dans des pièges pour attirer les mâles d’espèces nuisibles, ou bien dispersées sur le terrain pour perturber leur recherche de femelles.

Des méthodes qui peuvent s’appliquer dans plusieurs contextes et à différentes espèces, du charançon des palmiers à l’eudémis des vignes en passant par le ver rose du coton. Parmi ses best-sellers, M2i écoulerait chaque année 900.000 sachets de produit contre la pyrale, espèce ravageuse de papillon.


Ce genre de solution procédant d’une démarche biomimétique, elle n’aurait aucun impact négatif sur l’environnement, chaque espèce diffusant d’autre part ses propres phéromones, sans effet sur les autres animaux et végétaux.

L’idée peut a priori se décliner de mille manières. Par exemple, la société a élaboré avec l’Inra des billes de paintball permettant d’atteindre les hauteurs d’un arbre, ce qui permet de traiter efficacement en forêt.


Un futur géant du biocontrôle ?

On comprend mieux pourquoi l’idée de cette société créée en 2012 emballe les investisseurs. Avec ses 170 salariés répartis entre son siège de Saint-Cloud et ses 3 implantations de l’Indre, des Bouches-du-Rhône et de Chemparc à Lacq, M2i a déjà grandi très vite. À la rentrée, elle est encore parvenue à lever 60 millions d’euros supplémentaires (soit un total de 100 depuis sa création) auprès d’une poignée de nouveaux actionnaires. Ces nouveaux moyens doivent lui permettre de développer sa riche gamme et de franchir un nouveau cap d’ici 2022.

À l’occasion de la toute récente Assemblée générale de Chemparc, où est logée l’entité M2i Développement que dirige Olivier Guerret (co-fondateur de l’entreprise), on a appris que la société avait de nouveaux projets sur Lacq. Là, elle dispose déjà d’une unité de recherche employant une trentaine de personnes.


Sur place, elle va pouvoir s’appuyer sur son procédé breveté d’encapsulation des phéromones (qui, enfermées dans une cire naturelle, se diffusent sur une plus grande durée) pour lancer une nouvelle activité de production, absolument unique en son genre.

Cette production sera d’abord hébergée dans les locaux actuels (à partir de mars prochain), puis s’établira en 2022, avec d’autres, dans les 2.700 m2 de nouveaux bâtiments qui seront livrés sur le parc à la CCLO (communauté de communes Lacq-Orthez, investissement financé à 80% par la Région). Objectif de M2i : produire 500 tonnes de capsules par an. Une ambition qui devrait passer par le recrutement de 10 personnes d’ici 3 ans.


Et ce n’est pas tout, puisque l’entreprise compte participer à la création d’un laboratoire sur le campus de l’UPPA (Université de Pau) : cette structure étudiera les moyens de mesurer la présence de phéromones dans l’air.

Élue start-up de l’année 2019 par nos confrères de l’Usine Nouvelle, la pépite se voit en futur leader mondial du biocontrôle, marché qui progresserait de 30% par an, poussé par les attentes des exploitants et du grand public. Pour l’heure, les coûts seraient plus élevés que ceux de produits traditionnels, mais tout de même très modérés (autour de 160 euros par an et par hectare dans le cas de la vigne).


Bref, ce nouvel investissement est une très bonne nouvelle pour la région, mais aussi pour Chemparc, qui fait une nouvelle fois la preuve de ses efforts en matière de reconversion.

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 

 

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