INDEX

Fragosta fait finement pétiller les framboises

Le 09 Avr. 2021

À Loudervielle en Bigorre, Estelle Civadier réussit à élaborer une champagnisation de ce fruit selon la méthode traditionnelle, dans son Secret de Pyrénées…

C’est vraiment l’amour des montagnes avec un grand A et un choix de qualité de vie au grand air qui ont poussé cette jeune chimiste du Médoc à venir s’installer dans les Pyrénées, il y a quinze ans.


Alors qu’elle se destinait à la recherche d’antiviraux et anticancéreux, l’idée de passer ses journées dans un laboratoire ne la satisfait pas totalement. Elle quitte alors Bordeaux pour s’établir à Loudervielle, en pleine vallée du Louron, à plus de mille mètres d’altitude.

Changement radical de vie donc, mais aussi tout un parcours professionnel à repenser. Elle achète une parcelle agricole, et réfléchit à la suite.

C’est au cours de belles balades qu’elle découvre que les framboises poussent naturellement en ce milieu sauvage. Elle décide d’adopter cette culture pérenne qui correspond à ses idéaux, en adéquation avec le terroir.


Ses premières cueillettes sont transformées en confitures, mais aussi tartinades, confiseries Pétales de framboises… « Mais je voulais me démarquer encore plus, et vraiment valoriser ce fruit, le flatter en lui donnant une valeur ajoutée. Sa délicatesse et son élégance m’ont alors fait penser au champagne », explique Estelle.

Lorsqu’elle constate que la fermentation naturelle est possible, elle fonce. Sa formation de chimiste l’aide bien sûr à comprendre les mécanismes biologiques qui entrent en jeu, et elle se plonge dans les livres pour acquérir des connaissances en œnologie. « De la chimie à l’œnologie, il n’y a qu’un pas… » sourit l’agricultrice.


Plusieurs années lui sont nécessaires pour aboutir à sa première bouteille de Fragosta (qui évoque la racine latine de “fragrance”, et signifie framboise en Occitan), mais elle tient bon et se relève de quelques tentatives malheureuses. Faux départ en 2014, transformé deux ans plus tard en véritable réussite.

Elle entreprend de multiplier les variétés de framboises, y compris des blanches, pour bénéficier de deux récoltes (la première en été, la deuxième en automne), et fait appel à des WWOOFeurs – des bénévoles qui s’initient au savoir-faire et au mode de vie biologique en échange du gîte et du couvert -, au moment de la cueillette.


Tout le travail se fait au rythme des saisons : atelier de transformation sous la neige en hiver, entretien de l’exploitation au printemps, qu’Estelle assure seule : palissage, taille, désherbage…

Il lui faut également expliquer aux consommateurs ce qu’est cette nouvelle boisson qui s’inspire de la méthode traditionnelle champenoise, mais sans un seul produit œnologique, pour afficher 10° à l’arrivée.

« On peut choisir d’ouvrir une bouteille de Fragosta à l’apéritif ou au dessert. Il s’accompagnera bien de charcuterie, de fromage de brebis ou de foie gras en entrée, et terminera un repas en beauté avec un dessert au cacao », souligne Estelle.

Une parfaite alchimie, pour surprendre délicatement tous nos invités !

A découvrir auprès des cavistes et épiceries fines du Sud-Ouest, ou sur son site – cliquez ici

 

Un commentaire au sujet de cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *